Au terme d’une décision circonstanciée, le SNMSF se voit infliger une sanction de 3,4 millions d’euros pour avoir intégré dans les contrats des moniteurs une obligation d’exclusivité vue comme entravant leur capacité à développer une clientèle personnelle ou à rejoindre une école concurrente. Cette décision d’opportunité par la qualification juridique qu’elle retient interpelle au regard de l’écosystème de l’enseignement du ski en France. L’analyse de l’exemption paraît assez terne, le poids financier qu’elle fait peser sur les moniteurs également victimes est paradoxal, et ses effets pratiques risquent d’être ténus. Il est peu probable que l’institution fondée par Gaston Cathiard en 1945 soit véritablement ébranlée ou qu’un changement radical soit observé dans les modes d’exercice des successeurs d’Emile Allais.
A peine sortis du tunnel des vacances de février, les fameux « Pulls Rouges » ont peut-être eu un réveil amer : la décision fait certes sauter le verrou symbolique de l’exclusivité, tout en les appelant en garantie du paiement de l’amende infligée au Syndicat. Si cette décision est emblématique en s’attaquant à un monument du ski, le bilan coût-avantages de ce déverrouillage risque in fine de s’apparenter à une victoire à la Pyrrhus.