Dans un arrêt du 3 mars 2026 [1], la chambre criminelle de la Cour de cassation se prononce sur le sort des notes prises par un client lors d’un entretien avec son avocat et tranche en faveur de leur insaisissabilité. Rejetant l’approche de la chambre de l’instruction, qui subordonnait la protection du secret du conseil à l’existence d’une stratégie de défense formalisée, la Cour lui substitue un critère plus fonctionnel fondé sur le rattachement du document à un risque judiciaire identifié. Il s’agit d’une nouvelle illustration de la protection de la contribution intellectuelle d’un avocat, dans une actualité récente particulièrement riche en matière de confidentialité et de secret professionnel.
La lettre d'Option Droit & Affaires
CONTENTIEUX
Secret professionnel de l’avocat : la chambre criminelle affine les critères de l’insaisissabilité
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Le secret des affaires à l’aune du droit à la preuve : derniers apports jurisprudentiels
La protection du secret des affaires, consacrée par la loi n° 2018-670 du 30 juillet 2018, est en pratique fréquemment confrontée au droit à la preuve. Par un arrêt de principe du 5 juin 2024 [1], la Cour de cassation a affirmé que ce droit à la preuve faisait partie des exceptions de l’article L. 151-8, 3°, du Code de commerce, imposant ainsi un contrôle de proportionnalité systématique pour lever le secret des affaires, dont les juges du fond s’approprient désormais la mise en œuvre.