Restructuring

Une année de transition

Publié le 5 février 2014 à 14h37    Mis à jour le 8 juillet 2021 à 17h54

L'année 2012 aura été marquée par de nombreux mouvements d’avocats spécialistes du restructuring. La pratique est devenue rentable et porteuse au sein des cabinets d’affaires et de plus en plus de firmes internationales font le choix de recruter un associé réputé pour lancer leur activité.

* Responsables de pratique

Les cabinets ayant une activité reconnue en procédures collectives mais n’ayant pas répondu à l’enquête d’Option Droit & Affaires : 

Fidal, Fried Frank, Jones Day, Saint Louis Avocats, Tessler Avocats, Pinsent Masons Pardo Boulanger & Associés, Ribeyre & Associés, Soulier Avocats

* Responsables de pratique

Les cabinets ayant une activité reconnue en prévention des difficultés et en renégociation de dette mais n’ayant pas répondu à l’enquête d’Option Droit & Affaires : 

Ayache Salama, Fried Frank, Gide Loyrette Nouel, Herbert Smith, Freehills, Jones Day, Pinsent Masons, Shearman & Sterling, Veil Jourde

Restructuring : une année de transition

L'année 2012 aura été marquée par de nombreux mouvements d’avocats spécialistes du restructuring. La pratique est devenue rentable et porteuse au sein des cabinets d’affaires et de plus en plus de firmes internationales font le choix de recruter un associé réputé pour lancer leur activité. Certaines d’entre elles présentaient déjà une pratique en renégociation de dette, mais dès que le dossier prenait un tournant judiciaire, c’était l’équipe contentieuse qui prenait le relais. Bien sûr les résultats étaient régulièrement probants, cependant la matière réclame aujourd’hui une forte expertise que seul un véritable technicien peut traiter. Dans les dossiers de LBO en difficulté par exemple, la connaissance parfaite des leviers judiciaires, comme ceux de la sauvegarde financière accélérée, peuvent permettre de faire aboutir des négociations difficiles. Force est par ailleurs de rappeler que le secteur du restructuring est un monde feutré et que les contacts et connaissances des acteurs les plus influents sont souvent très utiles pour sortir un dossier rapidement.

Les firmes internationales créent une pratique de procédure collective

Plusieurs firmes internationales ont cette année fait le choix de recruter un associé chargé de développer une pratique de procédure collective complémentaire de celle qui préexistait en préventif. Ainsi en est-il du cabinet Hogan Lovells qui a été rejoint en novembre dernier par Cécile Dupoux, ancienne associée du cabinet Linklaters. Un mouvement remarqué par les clients puisque l’un d’entre eux explique : «Nous avons choisi de travailler avec Hogan Lovells car récemment ils se sont attaché les services d’une personne (Cécile Dupoux) avec qui nous travaillons depuis de nombreuses années. Une remarquable professionnelle avec beaucoup d’expérience qui nous a toujours conseillés de manière très satisfaisante.»

La firme White & Case a pour sa part recruté en début d’année 2013 l’excellente Céline Domenget-Morin, en provenance du cabinet Bremond & Associés. Si l’expérience et le savoir-faire de la nouvelle associée sont remarqués, son classement en matière de procédure collective n’est pas révélateur de sa pratique cette année. L’enquête d’Option Droit & Affaires s’est en effet basée sur les dossiers traités entre janvier 2012 et janvier 2013. Or Céline Domenget-Morin a intégré le cabinet le 1er janvier de cette année, les dossiers comptabilisés en quelques jours ne lui permettaient pas de monter d’autres marches dans le classement procédure collective. Mais la solidité de sa pratique est la promesse de rapidement grimper les étages.

Chez DLA Piper, la fusion avec les équipes de Frieh Bouhénic à la fin de l’été a permis à la firme de développer une pratique en procédure collective avec Pierre-Alain Bouhénic, et en renégociation de dette avec Michel Frieh.

Le cabinet Salans, qui avait intégré en janvier 2012 la fameuse équipe de Gabriel Sonier et Caroline Texier, s’est imposé sur plusieurs dossiers de restructuring de haut niveau. L’un des clients du cabinet note en effet : «Salans bénéficie du savoir-faire de Gabriel Sonier qui est une référence en la matière.» Et la fusion prochaine de Salans avec le cabinet canadien Fraser Milner Casgrain (FMC) et l’anglo-américain SNR Denton, permettra sans aucun doute à la pratique de prendre un tournant très international.

 

Les cabinets français très compétitifs en la matière

Les cabinets français savent tenir leur rang. Bremond & Associés a recruté en octobre Delphine Caramalli, en provenance de STC Partners. L’équipe reçoit de nombreux compliments des clients. L’un d’entre eux a expliqué à la rédaction d’Option Droit & Affaires que «la personnalité de Guilhem Bremond et sa disponibilité sont une aide précieuse dans le cadre d’opérations de restructuration complexes. L’équipe d’associés et de collaborateurs qui l’entoure est également impliquée et réactive».

Bredin Prat a pour sa part recruté Olivier Puech, en provenance de Gide Loyrette Nouel, en début d’année. Ce dernier s’est notamment fait remarquer ces derniers mois sur les dossiers Cœur Défense et Virgin. Aux côtés de Nicolas Laurent,il développera la pratique du cabinet en procédure collective et en prévention des difficultés. Le cabinet a également coopté deux associés en matière de financement, Samuel Pariente et Karine Sultan, qui interviendront sur les dossiers de renégociation de dette.

Le cabinet SEH Legal, qui vient de fêter sa deuxième année de pratique, a été marqué par l’arrivée récente de Jérôme Barbier. La structure compte désormais deux associés et sept collaborateurs, tous spécialisés en restructuring.

Renault Thominette Vignaud & Reeve a pour sa part lancé une nouvelle pratique en recrutant Jason Reeve en novembre. L’activité est depuis en forte croissance.

Même remarque pour Latournerie Wolfrom & Associés qui a recruté Julien de Michele, en provenance de feu Dewey LeBœuf.

D’autres structures françaises se sont également fait remarquer sur de beaux dossiers. Ainsi en est-il du cabinet De Pardieu Brocas Maffei, dont le duo Henrot-Dubois continue à faire des étincelles. L’un des beaux clients du cabinet note que «très peu de cabinets disposent d’une équipe de restructuring de l’épaisseur de celle de De Pardieu Brocas Maffei. Il permet de disposer des ressources adéquates et d’un retour d’expérience important. Les associés ont une très forte présence sur tous les dossiers de place, notamment en matière de sociétés cotées, ainsi qu’une parfaite connaissance des milieux des tribunaux de commerce et des administrateurs/mandataires judiciaires».

Le cabinet de Patricia Le Marchand, qui a récemment changé de nom pour devenir PLM Avocats, reçoit également les louanges de ses clients. L’un d’entre eux lui donne la note de «20/20. L’équipe est hors norme et excellente sur tous les points : stratégie, exécution, négociation, compétences techniques, niveaux de contacts».

Chez Brunswick, le duo Serge Pelletier et Philippe Brunswick vient de clôturer une belle année judiciaire. «Le travail est très professionnel, pertinent, de grande qualité, répondant précisément et dans les délais à la mission fixée. Le relationnel est excellent», témoigne l’un des clients.

Le cabinet Poulain & Associés s’est également imposé sur des grands dossiers de procédure collective, permettant à l’équipe de déployer sa parfaite connaissance des techniques judiciaires. L’un des clients remarque que «le cabinet Poulain présente une réputation excellente. Il a une grande équipe qui est spécialisée en beaucoup de domaines et qui est dotée d’une très grande expérience. Nous avons été très satisfaits du travail de Me Poulain et de ses collaborateurs qui ont effectué un travail très professionnel».

 

La promesse d’une bataille accrue entre cabinets

Si les cabinets défendent aujourd’hui leur place en restructuring, ils doivent néanmoins désormais composer avec la présence accrue des firmes internationales qui sont connues pour acquérir rapidement des parts de marché. Preuve en est la montée remarquable du cabinet Orrick Rambaud Martel en la matière depuis quelques années. L’un des clients explique : «Je ne connaissais pas Saam Golshani avant le traitement de ce dossier, mais il m’a donné entière satisfaction. Il est très posé, analytique et comprend très bien les problématiques à traiter. Il sait convaincre les parties au travers d’exposés clairs, sans forcément vouloir imposer son point de vue. Il fait sans doute partie des quelques avocats en restructuring que je n’hésiterai pas à mandater selon la typologie des dossiers.» Face à ce déploiement de pratique, les prochains mois sont la promesse d’une guerre sans merci entre cabinets français et internationaux.

* Responsables de pratique

Les cabinets ayant une activité reconnue en plans sociaux et contentieux collectifs afférents mais n’ayant pas répondu à l’enquête d’Option Droit & Affaires :

Allen & Overy, CVML, DS Avocats, Dupuy Avocats, Fidal, Freshfields Bruckhaus Deringer, Fromont Briens & Associés, Granrut Avocats, Barthélémy Avocats, La Garanderie & Associés, Lamy, Lexel, Lefèvre Pelletier & Associés, Moisand Boutin & Associés, Sekri Valentin Zerrouk, Skadden Arps, Squadra Associés, Valluet Achache, Vaughan Avocats, Taj Société d’avocats

2012, l’année du droit social

L’activité sociale a été riche en 2012, comme anticipé l’année précédente. Dans le magazine Restructuring de l’an passé, la rédaction annonçait que de nombreux dossiers de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) étaient en cours de préparation pour une mise en œuvre en 2012. Une fois les élections présidentielles passées, ils se sont en effet multipliés au grand dam du nouveau gouvernement socialiste. Et les relations sociales particulièrement tendues entre salariés et employeurs ont entraîné l’émergence de contentieux judiciaires brutaux et laborieux (cf. PSE : état de crise déclaré, pages 16 et 17).

 

L’augmentation de la taille des équipes sociales

En prévision de cette recrudescence d’activité, les cabinets d’avocats ont fait le choix d’augmenter la taille de leur équipe sociale. Nombre de collaborateurs ont été recrutés et plusieurs cooptations d’associés ont été annoncées. Ainsi, Capstan a vu les promotions de Geoffroy de Raincourt et d’Aurélien Louvet, portant le nombre d’associés du cabinet à 21.

Chassany Watrelot & Associés a quant à lui coopté deux associés, Hélène Guillot et Yoan Bessonnat, ainsi que cinq nouveaux collaborateurs pour faire face aux nombreux dossiers complexes traités durant les douze derniers mois.

La remarquable équipe d’August & Debouzy a quant à elle récemment coopté Catherine Le Manchec. Quant au non moins réputé cabinet Flichy Grangé & Associés, il a promu Stéphanie Guesdes Da Costa comme associée spécialisée dans le traitement des questions sociales dans le cadre d’opérations de fusion ou de restructuration.

On remarquera également que le cabinet White & Case a promu son premier associé en droit social,

Alexandre Jaurett, qui présente déjà une activité intéressante et sans doute prometteuse.

La valse des associés ne s’est, bien sûr, pas arrêtée durant les derniers mois. Selon le baromètre Day One (cf. la lettre hebdomadaire d’Option Droit & Affaires n° 153), 12 % des mouvements de 2012 concernaient des spécialistes du droit social, soit 27 associés.

Du côté des cabinets français, Altana a notamment été marqué par l’arrivée de Marianne Franjou en début d’année, en provenance de Moisand Boutin. L’équipe sociale, qui est désormais portée par trois associés, a développé des liens très forts avec le pôle restructuring du cabinet leur permettant d’intervenir régulièrement ensemble sur les dossiers de sociétés en difficulté.

Gide Loyrette Nouel a pour sa part recruté Anne Boileau en février, en provenance de Jones Day. Le cabinet a également coopté Foulques de Rostolan en début d’année.

 

Les firmes internationales ne sont pas restées inactives

L’équipe de Bijan Eghbal chez DLA Piper a vu l’arrivée de Philippe Danesi, en provenance de Bird & Bird, et s’est par la suite renforcée avec Jérôme Halphen, grâce au rapprochement du cabinet Frieh Bouhénic.

Bird & Bird a recruté au début de l’année 2013 une deuxième associée en la personne d’Alexandra Stocki, précédemment of counsel de Bredin Prat. Les clients du cabinet semblent très satisfaits de ce mouvement. L’un d’entre eux remarque «la compétence de l’équipe sociale qui se traduit par le fait que les associés n’hésitent pas à plaider eux-mêmes les dossiers et sont disponibles et réactifs (réponse sous moins de 24 heures à nos questions). Notre niveau de satisfaction est donc optimal».

Eversheds a également retrouvé une équipe en droit social, avec les arrivées remarquées de Philippe Desprès et Deborah Attali, en octobre dernier, en provenance de Winston & Strawn. L’intégration de l’équipe au sein de la firme a rapidement porté ses fruits puisque le bureau parisien a mis en place une offre de service dédiée à la fermeture de sites et regroupant les équipes corporate, restructuring et sociale.

 

Les cabinets généralistes très compétitifs

Face à la recrudescence du nombre de dossiers et des offres des cabinets en droit social, les clients doivent faire le choix entre travailler avec un cabinet de niche indépendant et un cabinet généraliste, parfois international, disposant d’une belle pratique sociale. Les boutiques spécialisées sont de plus en plus nombreuses et accèdent souvent aux meilleures marches des classements en la matière. Ainsi en est-il de Chassany Watrelot & Associés, Flichy Grangé, Capstan, mais également Galion ou encore Raphaël Avocats que l’un des clients qualifie de «cabinet expérimenté, dont les associés ont un bon contact et sont pragmatiques. Leur analyse des sujets est très proche des préoccupations de l’entreprise».

Les clients affirment souvent choisir ce type de structure pour la relation intuitu personae qu’ils ont développée avec l’associé et pour la certitude d’avoir accès à lui rapidement sans avoir à passer par un collaborateur. Le responsable des ressources humaines d’une entreprise internationale détaille par exemple les critères de sélection du cabinet MGG Legal : «A la suite d’un appel d’offres auprès de trois cabinets, MGG Legal a été choisi sur des critères de compréhension des problématiques liées à notre activité, sa prise en compte du contexte international des groupes, mais aussi pour sa grande réactivité. Lors de notre première collaboration, le cabinet a répondu à toutes nos attentes, et les a même dépassées en termes de professionnalisme sur les sujets techniques (ce qui est quelque part un premier prérequis), mais aussi en se différenciant des autres acteurs sur des critères d’implication professionnelle.»

Le cabinet Dupiré & Associés qui a toujours mis en avant une relation de grande proximité avec ses clients et une connaissance poussée de leur histoire, leur activité et leur mode de fonctionnement, a fait le choix cette année de regrouper ses activités avec celles de STC Partners, affilié au réseau KPMG. Une ouverture sur l’international et sur l’ensemble des matières du droit des affaires qui correspond selon Rémi Dupiré «à l’évolution du droit social depuis plusieurs années» (cf. lettre hebdomadaire n° 123). Ce rapprochement semble ravir les clients. L’un d’entre eux témoigne : «Nous avons travaillé avec Dupiré & Associés, qui était le cabinet proposé par KPMG France comme spécialiste dans les licenciements collectifs et les PSE. Nous avons été très contents : les avocats sont professionnels, disponibles presque 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En un mot 100 % de satisfaction.»

Et en effet, les cabinets généralistes, qu’ils soient internationaux ou pas, ont su cette année encore s’imposer sur de remarquables affaires. La confidentialité s’impose bien sûr sur cette enquête, néanmoins certains dossiers ont été largement médiatisés comme Vivéo et Ethicon traités par Hogan Lovells. On citera également le PSE de PSA Peugeot Citroën confié à l’équipe de Proskauer Rose.

Quant à l’équipe du cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre, comme à son habitude, elle reçoit les louanges de ses nombreux clients. «La compétence de l’équipe est reconnue. S’il est besoin dans un dossier complexe, de faire appel accessoirement à des spécialistes d’autres domaines du droit, le cabinet est largement pourvu en interne, ce qui facilite la coordination.»

Le pôle social de Bredin Prat s’est également imposé sur de grands dossiers. Les clients se disent tous très satisfaits. L’un d’entre eux précise : «Le travail qui a été réalisé par l’équipe de Pascale Lagesse a été remarquable et la qualité des conseils a été de premier ordre. Les collaborateurs qui ont accompagné Pascale Lagesse dans ce dossier étaient impliqués et d’un niveau technique élevé. Comme le disait Napoléon, “on reconnaît un bon général à son état-major”. Cet adage a été confirmé en l’espèce.»

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