M&A - Classements 2022

Une année hors normes aux perspectives incertaines

Publié le 14 novembre 2022 à 9h00

 Temps de lecture 8 minutes

Si l’année écoulée a été – à l’instar de celle précédente – d’un dynamisme exceptionnel pour le M&A en raison d’un regain très fort après les turbulences de la Covid-19, la guerre en Ukraine, les perturbations dans l’approvisionnement en matières premières, la hausse du prix de l’énergie et l’inflation apportent leur lot d’incertitudes à moyen terme. Le small et le mid market se sont pour l’instant maintenus, mais certains processus sur des deals supérieurs au milliard d’euros ont été décalés, notamment pour des questions de financement.

Classement des cabinets d’avocats en fusions-acquisitions dont la majorité des opérations est supérieure à 200 millions d’euros 

Les cabinets sont classés par ordre alphabétique au sein de chaque catégorie, les responsables de pratique sont indiqués en gras. Seuls les cabinets ayant obtenu la note maximale de 5 étoiles sont indiqués ici. L'intégralité du classement peut être téléchargée en PDF en bas de la page. 

Classement des cabinets d’avocats en fusions-acquisitions dont la majorité des opérations est inférieure à 200 millions d’euros 

Les cabinets sont classés par ordre alphabétique au sein de chaque catégorie, les responsables de pratique sont indiqués en gras. Seuls les cabinets ayant obtenu la note maximale de 5 étoiles sont indiqués ici. L'intégralité du classement peut être téléchargée en PDF en bas de la page. 

Après des mois d’euphorie post-Covid, le contexte géopolitique et l’inflation, réduisant la confiance des investisseurs et des financeurs, sont en train de rebattre les cartes en matière de fusions-acquisitions. Même si une « certaine nervosité » se fait sentir, le marché du M&A profite encore d’une belle effervescence, avec des réorganisations de groupes et des cessions d’actifs. « Des industriels se remettent notamment à faire des emplettes pour consolider. Ils sont à l’affût pour développer les synergies et leurs business sur des opérations stratégiques. Ils reviennent à l’achat pour faire de la croissance », analyse un cabinet. « La France reste attractive. » Les corporate reprennent le devant de la scène, les fonds d’investissement étant moins présents en raison des problématiques de financement et de dettes.

La problématique du financement

Jusqu’à l’automne, la majorité des cabinets du secteur ne notaient pas de ralentissement, en tout cas sur les dossiers montés sans dette. Mais les banques regardent désormais de près les dossiers, notamment ceux de taille significative. Le financement des opérations supérieures à 500 millions d’euros est désormais un sujet central, la crise ukrainienne ayant changé la donne. Les opérations pourraient toutefois se financer de manière différente. « Ce qui nous laisse être optimiste malgré la hausse des taux, c’est qu’il y a encore des liquidités », tempère un praticien du droit. « Sur le mid et le small, l’activité reste importante car les prêteurs privés ont pris le relais des banques traditionnelles. »

Si pour l’instant le marché fait preuve d’un certain attentisme, nombre d’acteurs du marché s’attendent à un boom de l’activité distressed M&A pour prendre le relais ces prochains mois. « Une vague de restructuring est assez inéluctable, on le voit déjà aux Etats-Unis. Une série de prêts garantis par l’Etat (PGE) vont arriver à échéance », analyse un cabinet de premier plan. Dans ce cadre, « il existera de nombreuses opportunités d’acquisition d’entreprises fragilisées stratégiquement ou qui ne seront plus core business ».

Des process qui se rallongent

De manière générale, le marché du M&A doit faire face à des dossiers qui se complexifient et mettent plus de temps à se concrétiser, pas seulement en raison des problématiques de financement. La crise sanitaire a conduit les acteurs économiques à s’interroger sur l’application de mécanismes courants de protection contractuelle, et le conflit en Ukraine a encore accentué le phénomène, qui avait déjà pris de l’ampleur avec la pandémie de Covid-19. Les clauses MAC (ou material adverse change) réapparaissent, par exemple, dans la documentation contractuelle. « Si l’activité reste soutenue, nous constatons un ralentissement des process et du durcissement des négociations sur les termes financiers des opérations », pointe un cabinet.

Les associés en M&A doivent aussi prendre en compte la problématique des investissements étrangers en France (IEF), plus que jamais scrutés de près par Bercy. Ce n’est pas une tendance nouvelle mais celle-ci se confirme. White & Case a même développé une pratique autonome et globale coordonnée depuis Paris par Orion Berg, promu associé fin 2021. La récente réforme en la matière a élargi le champ d’application de la réglementation. « Depuis le 1er avril 2020, les secteurs soumis à un contrôle des investissements étrangers ont été étendus. L’objectif de la réforme affiché par le gouvernement est de démontrer que la France garde la maîtrise des secteurs stratégiques. La rédaction des textes est très large. Dès lors, ce sujet est devenu central dans le cadre du calendrier d’exécution des transactions », assure un expert du secteur. Ce contrôle accru par le ministère de l’Economie allonge le délai de réalisation des opérations et fait peser un risque supplémentaire sur la réalisation des deals, ce que déplorent nombre de cabinets, toute taille confondue. Pour pallier certaines critiques, notamment celles qui pointent le manque de clarté du texte, des lignes directrices viennent d’être précisées par l’Exécutif.

Un mercato en pleine forme

Du côté de la profession, les mouvements ont suivi la tendance du marché en étant particulièrement dynamiques sur le deuxième semestre 2021 et le début d’année 2022. Shearman & Sterling a élargi son offre à Paris avec l’arrivée comme associés d’un trio de DLA Piper, Xavier Norlain, Jeremy Scemama et Matthieu Lampel. Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP) a continué d’étoffer les rangs de ses associés avec les recrutements de Frédéric Jungels, transfuge de chez Allen & Overy, et de Roland Montfort, passé par EY Société d’Avocats. Charles Philippe Letellier (ex-MSB Avocats) est lui venu renforcer la pratique M&A de FTPA Avocats. Quant à Pascal Marchandon, qui officiait à la direction juridique du groupe d’Ehpad LNA Santé, il a pris la robe noire et a rejoint Berrylaw. Xavier Leroux, ancien de Dechert, est désormais associé chez Bird & Bird. En partance d’Ayache, Marie Pouget est devenue associée chez Racine. Quant à Lerins, le cabinet a recruté Guillaume Jarry, passé par Duteil Avocats. Julie Rolet (ex-Advant Altana) a intégré Stream pour structurer le département M&A. De son côté, Olivier Legrand a quitté Gide Loyrette Nouel pour Sekri Valentin Zerrouk.

Alors que Jean Paszkudzki et Julien Bensaid ont été cooptés au poste d’associé, White & Case a également recruté Xavier Petet, en partance du cabinet Clifford Chance. Ce dernier a vu le retour de Benjamin de Blégiers, après deux années passées chez Weil Gotshal & Manges, qui a pour sa part promu associé Pierre-Alexandre Kahn. De Pardieu Brocas Maffei s’est adjoint les services d’Etienne Boursican, rejoint au rang d’associé par Grégoire Balland et Matthieu Candia via de la promotion interne. Christelle Salmon-Lataste a rejoint Simon Associés, en provenance de Herbert Smith Freehills. Ce dernier a quant à lui promu Laurence Vincent. Bignon Lebray a accueilli une nouvelle associée en la personne de Taous Mabed, ancienne de Simmons & Simmons, quelques mois après avoir promu Laetitia Benoît. Et Squire Patton Boggs s’est alloué les services en tant qu’associé d’Arnaud Lafarge, qui exerçait auparavant chez Lamy Lexel où Julie Thomas a été cooptée associée.

A noter par ailleurs une série de cooptations d’associés : David Andreani chez BDGS Associés, Pierre Hesnault chez Orsay Avocats, Hugo Sanchez de la Espada chez Baker & McKenzie, Annie Maudouit-Ridde chez Winston & Strawn, Nicolas Le Guillou chez Linklaters, Allison Soilihi chez Morgan Lewis & Bockius, Emmanuel Deroc chez Carbonnier Lamaze Rasle (Carlara), Sophie Allex-Lyoudi chez EY Société d’Avocats, Paul Guillemin chez Gide Loyrette Nouel, David Lucas et Xavier Lemaréchal chez KPMG Avocats, Jérôme Chapron chez Chammas & Marcheteau, Nathalie Boudet-Gizardin chez Ginestié Magellan Paley-Vincent, Pascal Georges chez Jeantet, Charles Callaud chez Ravet & Associés, Simon Lange chez Latham & Watkins, Philippe Barouch chez Lamartine Conseil, Laure Maffre et Arnaud Mabille chez Deloitte Société d’Avocats, Sally-Anne Mac Mahon, Gacia Kazandjian, Vianney Coste de Bagneaux, Malik Kaouane, Jacques Darbois et Loïc Le Merdy chez Fidal, Claire Pascal Oury et Marie Sciberras chez PwC Société d’Avocats.

Dans le même temps, CMS Francis Lefebvre Avocats a vu le départ des associés Jean-Robert Bousquet et Christophe Blondeau, respectivement, pour Eversheds Sutherland et pour Chammas & Marcheteau. Julie Evangelisti a quitté Nomos pour devenir deputy chief legal officer au sein du producteur audiovisuel Banijay. L’équipe M&A de Latournerie Wolfrom Avocats (LWA) a aussi enregistré le départ de l’associé Caroline Basdevant-Soulié pour cofonder Oyat début 2022 avec Laurent de La Brosse (droit public) et Marie-Hélène Tonnellier (Digital/IP). Catherine Nahmias-Ferrandi, Gilles Roux et Tristan Segonds ont eux quitté Villechenon pour créer Mermoz Avocats. Outre le départ d’Alexandra Menard, cofondatrice de The Line Avocats, Delcade a vu le recrutement de Maïté Lavrilleux-Carboni (ex-Earth Avocats) et la promotion de Thomas Rosier en tant qu’associés. Kramer Levin Naftalis & Frankel a vu le départ de Jean-Marc Desaché pour créer sa propre structure. C’est également le cas d’Arnaud Guérin, cofondateur de GALM Avocats.

Consulter et télécharger l'intégralité du classement en PDF

Méthodologie de classement propre au M&A

Option Droit & Affaires a ici entendu classer les cabinets d’avocats intervenant sur des opérations de fusions-acquisitions corporate (à l'exclusion du private equity, du capital-risque et du capital développement qui feront l'objet de classements dans la prochaine édition, à paraître début 2022).

Le classement des cabinets a été divisé en deux tableaux correspondant aux principaux segments de valeurs d’entreprise : inférieur à 200 millions d’euros ou supérieur à 200 millions d’euros.

Les cabinets sont classés dans un seul tableau. Cela n’implique pas que certaines équipes n’aient pas de pratique sur l’autre segment de valeur. Le classement porte sur le segment de M&A sur lequel les cabinets ont effectué la majorité de leurs opérations ou se sont particulièrement illustrés sur la période considérée.

Une méthodologie transparente pour l’établissement des classements

Notre méthodologie est le garant de la qualité de nos classements. Nous respectons un ensemble de procédures pour établir des classements reproduisant fidèlement l’état du marché des cabinets d’avocats d’affaires.

C’est avec cette seule méthodologie que l’équipe éditoriale d’Option Droit & Affaires construit la légitimité et l’impartialité de ses classements. Aucune interférence avec d’autres services du groupe Option Finance ne saurait être envisagée.

La méthodologie d’Option Droit & Affaires se décompose de la manière suivante :

1. envoi de questionnaires auprès des cabinets d’avocats,

2. entretien avec les équipes spécialisées d’avocats,

3. enquête auprès des directions juridiques et des clients,

4. vérification des classements par le Cercle Montesquieu.

Envoi des questionnaires aux cabinets d’avocats

Dans un premier temps, l’envoi des questionnaires aux cabinets d’avocats spécialisés en la matière, nous permet de réunir les informations à jour les plus précises possibles.

Entretien avec les équipes spécialisées d’avocats

Notre équipe éditoriale contacte chaque équipe spécialisée d’avocats afin d’approfondir les questionnaires pour une information complète et nécessaire à l’établissement de classements objectifs. Chaque entretien est organisé pour les seuls besoins du classement et demeure confidentiel.

Vérification des informations auprès des clients

Nous accordons une attention toute particulière aux informations collectées auprès des clients des cabinets d’avocats. Nous entrons donc en contact avec eux pour obtenir leur avis, confidentiel, sur le travail du cabinet avec lequel ils ont collaboré. Nous veillons également à recueillir un maximum d’informations objectives sur leur vision du marché des avocats.

Vérification des classements par le Cercle Montesquieu

Le Cercle Montesquieu apporte son soutien à l’élaboration des classements d’Option Droit & Affaires afin de reproduire le plus fidèlement l’état du marché. Après l’enquête effectuée par la rédaction, plusieurs directeurs juridiques du Cercle Montesquieu se réunissent pour vérifier la bonne méthodologie de l’enquête et confronter leurs points de vue sur

les classements réalisés. Avec ce partenariat, Option Droit & Affaires met au service des directions juridiques un outil leur permettant de bénéficier d’une source d’informations résolument fiable et indépendante concernant les cabinets d’avocats.

Pour cette édition, nous remercions tout particulièrement Damien Catoir, directeur juridique adjoint d’Atos et Bénédicte Wautelet, directrice juridique du groupe Le Figaro et vice-présidente du Cercle Montesquieu, pour leur précieuse collaboration.

Classements

Nos classements couvrent la période du 1er juin 2021 au 1er juin 2022.  Les cabinets d’avocats d’affaires sont classés de

5 étoiles à 1 étoile, 5 étoiles représentant les meilleurs cabinets dans leur domaine de spécialité. Au sein d’une même catégorie, les cabinets sont classés par ordre alphabétique.

Les critères pris en compte pour l’établissement des classements sont :

• Innovation juridique apportée au dossier et assistance au client

• Compétences techniques :

­– Qualité de la prestation délivrée

– Diligence

– Implication de l’équipe auprès du client

• Nombre de dossiers traités et croissance de l’activité

• Taille des dossiers traités

• Type de clientèle (fonds d’investissement, banques d’affaires, entreprises…)

• Taille et autonomie de l’équipe

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