La lettre d'Option Droit & Affaires

Le deal de la semaine

Arc International capte 250 millions d’euros auprès de fonds souverains

Publié le 2 novembre 2016 à 14h43

Coralie Bach

Le verrier Arc International poursuit son redéploiement avec la collecte d’un investissement de 250 millions d’euros.

Structuré sous la forme d’obligations, ce dernier est mené par CDC International Capital (CDC IC) et le fonds russe d’investissements directs (RDIF), auxquels s’associe le fonds souverain du Bahrain, Bahrain Mumtalakat Holding Company. Ce tour de table, qui constitue la première opération du fonds russe dans l’Hexagone, permettra au groupe de mettre en œuvre un important plan d’investissement. En France, la capacité de production du site historique d’Arques (Hauts de France) sera renforcée afin d’améliorer sa compétitivité et d’accroître les activités de recherche et développement. En outre, cet apport de fonds propres financera en Russie le développement des équipements existants ainsi que la construction à Kaliningrad d’une nouvelle verrerie disposant des dernières technologies.

Fondé en 1825 sous le nom de la Verrerie d’Arques et détenu historiquement par la famille Durand, Arc International fabrique de la vaisselle pour le grand public, ainsi que pour les marchés de l’hôtellerie et de la restauration, via ses marques Luminarc, Arcoroc, Arcopal, Cristal d’Arques Paris et Chef & Sommelier. Face à la concurrence internationale, notamment asiatique, l’entreprise a fait face à d’importantes difficultés ces dernières années et s’est vue placée sous mandat ad hoc fin 2014. Quelques mois plus tard, elle est reprise par le fonds américain Peaked Hill Partners (PHP) qui devient le nouvel actionnaire majoritaire. La famille Durand réinvestit également dans la société afin de conserver 20 % du capital. La majorité des dettes bancaires sont rachetées par les nouveaux investisseurs, permettant ainsi de réduire considérablement l’endettement du groupe tandis que Bercy fournit un prêt de 48 millions d’euros. Un plan de sauvegarde de l’emploi est également engagé et des investissements sont menés pour améliorer les outils de production. Aujourd’hui, l’entreprise commence à se redresser avec un chiffre d’affaires de 849 millions d’euros en 2015, contre 796 millions d’euros l’année précédente. Avec des sites de production en France, en Russie, aux Etats-Unis, en Chine et aux Emirats Arabes Unis, Arc International commercialise ses produits dans plus de 160 pays. Le groupe emploie 10 160 collaborateurs, dont plus de la moitié en France. Ashurst  a conseillé Arc International avec à Paris Bertrand Delaunay, associé, Margaux Bognon-Küss et Diane Forestier, sur les aspects corporate, Laurent Mabilat, associé, Amanda Bevan, counsel, David Albertini et Thomas Jeannin, sur les aspects financement et Nadine Gelli, associée en fiscal. Les investisseurs étaient conseillés par Norton Rose Fulbright avec Roberto Cristofolini, associé, Aurélie Pélisson et Louis Soleranski.

Le conseil d’Arc International : Bertrand Delaunay, associé chez Ashurst

Fin 2014, Arc International était placé sous mandat ad hoc. Dans quelle situation se trouve l’entreprise deux ans plus tard ?

L’entreprise a fait l’objet d’une restructuration juridique et financière au printemps 2015. A cette occasion, de nouveaux investisseurs emmenés par la société de droit américain Peaked Hill Partners sont entrés au capital et ont renforcé les fonds propres de l’entreprise. Aujourd’hui, le groupe est rentable et se porte bien. Il poursuit son développement et va pouvoir s’appuyer sur ces ressources additionnelles pour mettre en œuvre le plan d’affaires défini par l’équipe dirigeante.

Quelles sont les caractéristiques juridiques de l’opération ?

L’opération est structurée sous la forme d’une émission d’obligations à bons de souscription d’actions. Cet emprunt comporte plusieurs tranches, ce qui permettra à la société d’appeler progressivement des fonds pour financer son programme de développement, en fonction de ses besoins. L’emprunt est garanti par l’octroi de plusieurs sûretés prises sur des actifs du groupe dans différents pays. L’opération est conduite par CDC International Capital et le fonds russe d’investissements directs RDIF. Le fonds Bahrain Mumtalakat a également rejoint l’opération et d’autres fonds souverains pourront compléter la liste des souscripteurs au fil des tirages. A ce stade, 50 millions d’euros ont été tirés sur une enveloppe globale de financement de 250 millions.

L’émission est menée uniquement auprès de souverains. Quelles sont les particularités de ces investisseurs ?

Les fonds souverains ont certainement une dimension géopolitique plus prégnante que les investisseurs financiers classiques, même s’ils agissent comme des opérateurs de marché. L’engagement de la CDC et de RDIF est ainsi motivé par la qualité du projet et par l’importance de l’activité d’Arc International en France et en Russie, notamment. De façon générale, les fonds souverains sont aussi des investisseurs très précautionneux, particulièrement attentifs à la situation de l’entreprise et à l’utilisation des fonds investis. L’entreprise de son côté bénéficie de partenaires solides capables de s’engager sur la durée.


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