Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.
Qui la dirige
Jeune étudiant, Xavier Genovesi avait envisagé une carrière de commissaire-priseur, ce qui l’a conduit à entamer des études de droit et d’histoire de l’art. Finalement, cet amoureux d’économie intéressé par la finance a délaissé la seconde matière au profit de la première. Il effectue un DESS contentieux au sein de l’Université Paris X – Nanterre puis enchaîne avec un DEA en droit économique et administration des affaires à l’université Paris-Dauphine avant d’obtenir son certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa) à Paris en 2001. Après avoir enfilé la robe, il fait ses premières armes chez Darrois Villey Maillot Brochier avant de les affûter au sein de Kohn et Associés. « Le passage en cabinet d’avocats m’a beaucoup apporté en termes de technicité et de rigueur avec une diversité importante de dossiers. C’était très riche mais en qualité de conseils, nous n’étions pas véritablement associés à la définition de la stratégie et nous n’étions pas sollicités lors de la face d’intégration, on pouvait rester sur sa fin », confie-t-il. Le juriste opère alors le basculement vers le monde de l’entreprise. Il rejoint Eurotunnel en 2007 et travaille à sa restructuration financière et européenne puis intègre Lagardère Active où il s’occupe de la délicate fusion des hebdomadaires TV Hebdo et TV Magazine (édité par la Socpresse [Le Figaro]). Lorsque l’ancien PDG du Figaro Francis Morel prend la tête du quotidien économique Les Echos à l’automne 2011, il pense à Xavier Genovesi pour piloter la direction juridique, ce qui se fera quelques mois plus tard. Ce dernier élargit ensuite son périmètre en 2016 après le rachat du Parisien et devient également délégué à la protection des données (DPO) en 2020. En mai 2022, ce père de deux jeunes filles qui s’adonne au tennis et au surf lors de son temps libre et intervient en droit de la presse auprès du CELSA (Ecole des hautes études en sciences de l’information et de la communication), intègre le comité exécutif du groupe. « C’est une vraie reconnaissance pour la direction juridique. Cela permet d’être associée à la stratégie de l’entreprise en amont, commente-t-il. La direction juridique doit apporter une valeur ajoutée en sa qualité de facilitateur et offrir la sécurité nécessaire à la pérennité de l’entreprise ».
Comment elle s’organise
La direction juridique des Echos-Le Parisien comprend une demi-douzaine de juristes qui ont un profil généraliste en droit des affaires avec toutefois pour chacun une appétence particulière. Les sujets traités vont notamment de la distribution de la presse en passant par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sans oublier le contentieux de presse ou le pure corporate. Au total, le groupe gère 2000 contrats et un portefeuille de 250 marques. En parallèle, Xavier Genovesi a en charge les questions d’affaires publiques et vient en appui de son PDG Pierre Louette, également président de l’Alliance de la presse d’information générale (AIPG) créé en 2018 et qui se bat pour obtenir des Gafa le paiement de droits voisins. « La mise en œuvre du droit voisin est un enjeu important tant pour le respect de la souveraineté européenne et française que pour les bénéficiaires. A ce stade, je n’ai pas encore envie de dire que c’est une réussite, mais nous avançons positivement », explique le directeur juridique. Xavier Genovesi a également dans son périmètre les questions d’éthique et de compliance autour de la loi Sapin II, des sujets sur lesquels il peut compter sur les ressources et les moyens de la holding LVMH.
Comment elle se positionne
S’il est rattaché hiérarchiquement à la directrice administrative et financière Emmanuelle Berthet, Xavier Genovesi rapporte quotidiennement à Pierre Louette, dont le bureau est désormais à quelques pas du sien. Le directeur juridique de 48 ans est également en lien avec les directrices générales des quatre principales entités du groupe : Bérénice Lajouanie du pôle Les Echos, Sophie Gourmelen du Parisien, Corinne Mrejen du pôle Monétisation et Nouveaux territoires de croissance ainsi que de Claire Lénart du pôle Arts.
Qui la conseille
Le groupe Les Echos-Le Parisien fait appel à une dizaine de cabinets en externe. Sur les sujets de contentieux presse et diffamation, Xavier Genovesi s’appuie sur les associés Julia Minkowski du cabinet Temime ainsi que Christophe Bigot de Bauer Bigot et Associés. Pour les questions de propriété intellectuelle, le directeur juridique est accompagné par le Cabinet Christophe Caron, tandis que pour les enjeux de concurrence, il recourt à Igor Simic, associé chez Bredin Prat et à Patrick Hubert, associé chez Orrick. En fusions-acquisitions, il sollicite les associés Bruno Derieux de Linklaters, Sophie Cornette de Saint Cyr de Bredin Prat ainsi que Didier Fornoni de Hoche Avocats, tandis qu’en droit public, il fait appel à Yann Aguila de Bredin Prat. Enfin, sur les questions sociales et de données personnelles, il recourt aux associés Arnaud Teissier de Capstan Avocats et Nathalie Metallinos d’Idea Avocats.