Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.
Qui la dirige
C’est au milieu de juristes et de médecins qu’a grandi Dominique Rouchon. De quoi faciliter les choix de carrière… « C’était soit l’un, soit l’autre », raconte en souriant celle qui n’hésite pas longtemps à opter pour la filière juridique. Après une maîtrise de droit des affaires à Clermont-Ferrand, l’Auvergnate met le cap sur Aix-en-Provence pour un DJCE en droit des affaires et fiscalité, avant d’intégrer l’IAE de Toulouse où elle décrochera un DESS en management. « Cela m’a permis par la suite de mieux comprendre le business et les différents problèmes qui peuvent se poser dans un dossier M&A », affirme la juriste. Laquelle enchaîne ensuite avec un DESS d’audit juridique et social, en parallèle d’un autre DESS de droit international à Toulouse. Une dernière corde à son arc qui fait également office de déclic pour la jeune femme qui, en 1988, intègre la direction juridique du géant de l’aéronautique Airbus. Après cette première expérience qu’elle décrit comme « très enrichissante », Dominique Rouchon met à nouveau le cap vers l’Auvergne. En 1989, le groupe semencier international Limagrain lui propose de venir gonfler ses rangs en tant que juriste généraliste. Une aventure qui se poursuit encore aujourd’hui, 35 ans plus tard. « Mon engagement chez Limagrain s’est transformé en véritable parcours professionnel », résume celle qui, en 2018, a pris la tête de la direction juridique de la société. « Le groupe a beaucoup changé depuis le moment où je suis arrivée, assure Dominique Rouchon. Limagrain a en effet réalisé nombre d’opérations de croissance externe et a diversifié ses activités, notamment dans la boulangerie industrielle ou encore les ingrédients céréaliers, mais toujours dans cet esprit de filière qui le caractérise. »
Comment elle s’organise
Lorsque Dominique Rouchon intègre l’entreprise, celle-ci ne compte que trois juristes au sein de la holding située à Saint-Beauzire, en Auvergne. Aujourd’hui, la direction juridique de Limagrain regroupe 17 personnes ainsi que des juristes disséminés au sein des différentes business units (BU) à l’étranger : Amérique du Sud et du Nord, Japon, Thaïlande, Inde, Pays-Bas ou encore Israël. L’effectif compte au total une cinquantaine de personnes, réparties dans trois pôles d’activité distincts : droit des sociétés ; conformité et contentieux ; IP/IT. Outre les opérations majeures de M&A ou de restructuration, la directrice juridique intervient pour sa part surtout en amont afin de pousser les différents sujets et les présenter à la direction générale. Depuis 2023, Dominique Rouchon a par ailleurs repris en main les questions de conformité, désormais rattachées à sa direction. « J’ai notamment revu les process et mis en place des outils afin d’aider les BU et les filiales mondiales à s’emparer de ces procédures », indique-t-elle. Actuellement, la réglementation très changeante dans le domaine de la création digitale entraîne également de nombreuses problématiques de propriété intellectuelle et de licences à négocier. Parmi les objectifs de la directrice juridique, celui de faciliter davantage le travail des membres de son équipe via la mise en place de nouveaux outils, notamment d’intelligence artificielle. « L’idée est de rendre les juristes plus efficaces et de pousser les gens à travailler ensemble de manière plus collaborative et fluide, souligne Dominique Rouchon. Il est important de créer une sorte de communauté ; tout le monde doit être conscient que faire cavalier seul peut être dangereux à la fois pour soi et pour le groupe. »
Comment elle se positionne
Rattachée à la directrice générale adjointe du groupe, Quiterie Foulet, la direction juridique de Limagrain est considérée en interne comme un partenaire précieux sur les différents sujets de l’entreprise. « Comme partout, certains collaborateurs sont plus ou moins enclins à nous intégrer en amont, tempère toutefois Dominique Rouchon. Mais dans l’ensemble, nous sommes assez largement sollicités. » Au-delà de son rôle d’expertise, la direction juridique s’attache à créer du lien avec les autres directions et départements du groupe : « L’organisation évolue, les équipes aussi, souligne la juriste. Maintenir une relation de proximité nous permet d’être identifiés au bon moment, sur les bons sujets. » Dominique Rouchon rencontre en outre une fois par mois les directeurs généraux de branches du groupe sur les dossiers majeurs qui les concernent. « Ces échanges leur permettent d’anticiper les problématiques parfois soudaines qui peuvent survenir autour d’enjeux juridiques clés, tout en nous donnant la possibilité de nous préparer à prendre le relais si besoin, explique-t-elle. C’est une démarche mutuellement bénéfique. »
Qui la conseille
En France, la direction juridique de Limagrain est régulièrement accompagnée par Willkie Farr & Gallagher avec Eduardo Fernandez et Grégoire Finance, associés, en M&A ainsi que sur des sujets de financement d’opérations complexes ; par Gibson Dunn avec Jean-Pierre Farges et Eric Bouffard, associés, en contentieux et sur quelques dossiers de M&A ; par De Gaulle Fleurance avec Anne Maréchal, associée, en conformité ; ou encore par Altana sur certains contentieux avec Jean-Nicolas Soret, associé.