Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
L’orientation d’une vie professionnelle tient parfois à peu de chose. «Plutôt littéraire, je me suis trouvée au bout d’un an d’hypokhâgne à Louis-le-Grand avec un doute sur ce que je voulais faire. Et c’est ma sœur, pourtant pharmacienne, qui m’a donné l’idée de devenir juriste», raconte Sylvie Courbarien Le Gall. Sa curiosité intellectuelle naturelle, les méthodes de travail et la rigueur acquises en prépa et l’attrait de la mise à distance que le droit permet ont été des éléments importants de son parcours universitaire. Après une licence à la faculté de Limoges, elle rejoint Paris-II en maîtrise spécialisée sur la propriété littéraire et artistique (PLA). Son professeur d’alors, André Françon, la prend dans son DEA. «Ce fut une réconciliation de mes choix initiaux et de mon envie professionnelle.» Son parcours commence à la Compagnie Luxembourgeoise de Télédiffusion, maison mère de RTL. Stage, contrats à durée déterminée et enfin un recrutement pérenne. «J’y suis restée jusqu’en 1991. Ce fut passionnant car j’ai été amenée à suivre toutes les questions juridiques du groupe alors que se développaient les chaînes de télévision dans plusieurs pays. J’ai aussi représenté le groupe au sein de l’Union européenne des radiodiffuseurs. On m’a fait confiance et j’ai acquis une expérience précieuse.» En 1991, elle est dans la course pour un poste de directeur juridique à la 5 ou à M6. Ce sera M6. Elle y restera jusqu’en 2005. «La pression était importante mais il y avait beaucoup de loyauté, de grandes ambitions et un excellent suivi de chacun permettant de faire de belles choses.» Après deux années passées chez Lagardère Active à centraliser la direction juridique, des changements internes la conduisent à quitter l’entreprise. En décembre 2008, le directeur général de France Télévisions la recrute pour succéder au directeur juridique alors en place depuis 1987.
Comment elle s’organise
La direction compte 40 personnes, dont 23 juristes organisés en cinq pôles. Au pôle «Edition et contenus», Gwendoline Flamant anime une équipe de 13 personnes centrée sur le droit de la presse, la PLA, le précontentieux et le contentieux, ainsi que les déclarations de droit d’auteur. Au pôle «Droit des affaires et commande publique», Stéphanie Conchin encadre trois personnes et s’occupe des 30 sociétés du groupe, de sa gouvernance et de la commande publique. Christophe Haquet centralise les questions de «Droit public» liées à l’antenne (publicité, partenariats…) et aux évolutions sur le secteur audiovisuel. L’équipe «Contrats» de Florence Schwed est subdivisée en trois unités : «Achat, jeunesse et distribution internationale», «Production française, partenariat, flux, stock» et «Sport, numérique et propriété industrielle». Enfin la gestion de l’«Outre-mer, direction de l’information» est assurée par Alain de Boysson.
«Tous les quinze jours, je réunis le comité juridique avec les cinq responsables. Toute l’information du comex y est partagée ainsi que toutes les synthèses sur chaque pôle. A cela s’ajoute une réunion élargie tous les deux mois.»
Comment elle se positionne
Rattachée au directeur général adjoint en charge de la gestion, la direction juridique est associée assez en amont, voire très en amont aux projets compte tenu de l’environnement juridique de l’activité. «Nous sommes là pour que le droit contribue au développement, sécurise les initiatives et qu’une vraie relation existe avec les opérationnels.» Et le développement du numérique est une belle opportunité en la matière : «Nous intervenons aussi bien sur le champ stratégique qu’en matière opérationnelle car beaucoup de choses sont à construire et réclament une très forte imbrication des compétences, dont les nôtres.» Très attachée à la relation «client/prestataire», Sylvie Courbarien Le Gall n’oublie pas également de soigner la communication vers les non-juristes, via notamment une lettre d’information permettant par exemple de mettre en perspective les contentieux afin que ces derniers éclairent les différents services de la maison pour leur formation permanente.
Qui la conseille
En la matière, les règles de la commande publique s’appliquent. Les contrats durent deux ans, renouvelables deux fois pour un an. «Un panel a ainsi été constitué, avec la direction des achats, après que nous avons réussi à trouver ensemble la bonne démarche.» On citera donc, par exemple : Courtois Lebel en propriété industrielle ; Granrut, Kohn, FTMS, Péchenard, Amblard, Semmel, Coisne, Gide ou Levy en droit de la presse et PLA ; Cloix Mendès-Gil en droit commercial ; DS Avocats en droit des sociétés ; Bird & Bird et Gaftarnik en droit public ; sur le droit de la concurrence, Willkie Farr & Gallagher ou Eversheds.