La tendance est à l’innovation et à l’hyperspécialisation juridique. En témoigne la création d’une équipe spécialisée dans les drones par le cabinet Hogan Lovells.
La firme a pris cette décision en établissant plusieurs constats. D’abord, celui de toujours suivre les besoins de leurs clients. Le cabinet accompagne en effet depuis plusieurs années des fabricants de drones. Ensuite, la volonté d’étendre leur expertise déjà reconnue aux Etats-Unis aux autres pays, avec en première ligne l’Europe et plus particulièrement la France. «La France est un acteur majeur sur ce marché et a des atouts considérables. En 2012, elle a été le premier pays à créer une classification des drones et à les réglementer de manière spécifique», explique Richard Jadot, associé responsable de la pratique banque finance au sein du bureau parisien d’Hogan Lovells. De son côté, l’Union européenne, en avance sur les questions réglementaires, a établi depuis plusieurs années une coopération transatlantique avec les Etats-Unis, précurseurs en matière de processus de certifications. «Les deux prochaines années en Europe vont être cruciales. Nous sommes dans une phase de construction réglementaire. C’est maintenant qu’il faut être dans la boucle», soutient Winston Maxwell, associé spécialisé en commercial, technologies, médias et télécoms. L’objectif de cette équipe ? Aider les clients à réfléchir à leur positionnement sur le marché en leur proposant une offre à la fois géographique et d’expertises. «Le monde entier est concerné par le marché des drones avec des enjeux énormes. Il faut absolument aider ce marché créateur d’emplois dans un contexte de coopération entre l’Europe et les Etats-Unis très active», ajoute Richard Jadot. Présents aux Etats-Unis et en Europe – notamment à Paris, Bruxelles, au Royaume-Uni et en Allemagne –, les membres de cette équipe couvrent l’intégralité des secteurs juridiques. Il est vrai que ce marché, encore très récent, soulève de nombreuses questions comme la sécurité, la sûreté et la protection des données recueillies, la protection de la vie privée, la responsabilité civile, l’espace aérien, etc. Un véritable challenge pour les avocats. L’exercice s’avère en effet difficile tant il concerne des secteurs différents, que ce soit celui des énergies renouvelables, de la défense, de l’agriculture ou bien encore de l’industrie. «Le marché des drones va très vite, à la fois sur les produits, les services et sur les questions juridiques qui sont complexes», développe Richard Jadot. Selon la Commission européenne, le marché des drones devrait permettre dans les années à venir la création d’environ 150 000 nouveaux emplois en Europe. Hors de question donc pour les avocats de ne pas participer au développement de ce marché tant d’un point de vue juridique qu’économique.