Sonia Rykiel, maison de prêt-à-porter française fondée en 1968, change de propriétaire.
Après une première acquisition en 2020 par Eric et Michaël Dayan, cofondateurs du site de commerce en ligne Showroomprive.com, la marque tricolore a été revendue au groupe américain spécialisé dans la mode G-III. L’opération, closée le 26 octobre, prévoit la cession de la totalité des titres de propriété intellectuelle en France et à l’international, ainsi que les licences, stocks et archives. Il y a un peu plus d’un an, la famille Dayan avait misé sur une stratégie numérique afin de redresser l’entreprise placée en liquidation judiciaire, après une perte nette déclarée de 30 millions d’euros. Parallèlement, les deux frères avaient mené un plan de restructuration de l’ensemble des services de Sonia Rykiel (ressources humaines, services financiers) et poursuivaient le développement de l’entreprise notamment à travers la conquête de nouveaux points de distribution. Désormais, le nouveau repreneur G-III, déjà détenteur des marques DKNY, Calvin Klein, Tommy Hilfiger ou Karl Lagerfeld Paris, compte sur son poids économique dans le secteur de la mode pour s’étendre à l’international. Le groupe américain souhaite « donner une seconde vie » à la marque en y associant son expertise métier à des process d’industrialisation permettant de la déployer à grande échelle. Fieldfisher a accompagné Eric et Michaël Dayan avec Christopher Mesnooh, associé, et Sébastien Nanteuil, sur le volet corporate. EY Société d’Avocats a également épaulé les vendeurs avec Yaël Cohen-Hadria, associée, sur les aspects de propriété intellectuelle. Allen & Overy a conseillé l’acquéreur, le groupe G-III, avec Anne-Caroline Payelle, counsel, et Antoine Messent, sur les aspects corporate ; et Marianne Delassausse, en propriété intellectuelle.
Le conseil des vendeurs : Christopher Mesnooh, associé, chez Fieldfisher
Qu’est-ce qui a motivé le management de G-III à reprendre la maison Sonia Rykiel ?
Malgré la disparition de sa fondatrice en 2016, la maison Sonia Rykiel possède un patrimoine incorporel très important et demeure dans les esprits comme un « phare » de la mode française. Il suffit de se souvenir de l’immeuble mythique dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, pour s’en rendre compte, ou encore de lire la presse internationale (par exemple The New York Times), qui a longuement commenté la reprise des actifs du groupe par nos clients, Eric et Michaël Dayan, en 2020. Le nouveau repreneur G-III souhaite poursuivre l’extension de la marque à travers le monde, notamment en ouvrant de nouvelles boutiques. Ils ont l’expertise et le poids économique nécessaire. C’est une approche différente de celle d’entrepreneurs… Nous pouvons dire que nos clients ont donné une deuxième vie à l’entreprise créée par Sonia Rykiel, et pavé la voie pour le repreneur américain.
Sur quels aspects êtes-vous intervenus au cours de cette transaction ?
Nous sommes intervenus sur les aspects rédactionnels des actes préparatoires et, par la suite, sur le contrat d’acquisition. Tout au long de l’opération, nous avons conseillé nos clients Eric et Michaël Dayan sur différents aspects de la négociation avec l’acquéreur. Cette transaction s’étant réalisée sur la base du patrimoine incorporel, la marque, les droits d’auteur ainsi que les aspects de propriété intellectuelle ont pris une importance primordiale, et les équipes dédiées face à nous (EY Société d’avocats et Allen & Overy) ont consacré un temps très significatif pour définir les modalités de transfert de ces éléments.
Quelles ont été les particularités de cette opération ?
Cette opération a été, à la fois, passionnante et particulière, notamment en raison de l’aspect symbolique de la transaction. Nous n’étions pas en train de réaliser une simple cession, mais bel et bien de céder un morceau historique du patrimoine de ce pays. Ce dossier était bien plus qu’une transmission à nos yeux car Sonia Rykiel est le reflet d’une époque, celle du Paris post-68, et même si la créatrice a disparu, son histoire continue de vivre et a encore un avenir. Malgré tous les changements dans les secteurs industriels et culturels au niveau mondial ces dernières années, la France reste indéniablement leader sur le secteur du prêt-à-porter, et continue de briller. Nos clients, mais aussi l’acquéreur depuis New York, ont estimé qu’il y avait encore beaucoup à faire afin de faire perdurer l’histoire de la marque. Toute opération de M&A a des spécificités. En l’occurence, cette transmission de patrimoine, a été particulièrement prononcée dans ce deal.