La lettre d'Option Droit & Affaires

Interview

«Nous avons dû travailler sur le refinancement de la dette en négociant un emprunt garanti par l’Etat»

Publié le 6 mai 2020 à 11h25    Mis à jour le 6 mai 2020 à 16h50

Emmanuelle Serrano

Après avoir recueilli le témoignage du secrétaire général de Gecina, Option Droit & Affaires poursuit ses entretiens auprès des directions juridiques. Cette semaine, Laure du Manoir, directrice juridique et assurances groupe de Groupe Lucien Barrière, nous explique comment l’hôtelier et casinotier s’est mis en ordre de bataille, ainsi que sa direction juridique, pour faire face à cette situation exceptionnelle.

Comment votre direction juridique s’est-elle organisée face au confinement ?

Avant le confinement, nous avions déjà amendé notre mode d’organisation et avions mis en place une journée par semaine de télétravail, modifiant ainsi la charte sur le télétravail au siège qui prévoyait une journée par mois.

Quand le confinement a été décrété, nous avons fermé la totalité de nos établissements, y compris à l’étranger. Nous avons donc mis la plus grande partie de nos équipes en chômage partiel, de même que les équipes au siège dont l’équipe juridique, mais pas le comité de direction dont je fais partie. La direction juridique est composée de sept personnes, dont une assistante qui a quitté son poste en février. Elle est rattachée à la direction générale des métiers supports. Deux fois par semaine pendant ce confinement, nous faisons un point par vidéo avec l’équipe juridique pour garder le lien, pour nous assurer que tout va bien et que personne n’a besoin d’aide. Toutes les directions support se sont peu ou prou organisées d’ailleurs de la même manière. Le groupe a aussi mis en place une newsletter interne «prenez soin de vous» pour prévenir les salariés des mesures mises en place pendant la pandémie ainsi que des actions de solidarité menées. Faire passer des messages de soutien est essentiel pendant cette période difficile.

Est-elle parvenue à boucler des opérations en cours malgré tout ?

Au début de la période de confinement, nous avons réussi à réaliser un closing totalement à distance grâce à la signature électronique. Nous avions intégré une solution disponible sur étagère quelques mois auparavant au sein du groupe et nous avions suivi une formation accélérée. Cette opération portait sur une acquisition en France dont le closing avait été programmé avant le confinement.

Quels autres dossiers ont mobilisé votre direction juridique ?

Nous avons dû travailler sur le refinancement de la dette en négociant un emprunt garanti par l’Etat auprès de nos banques partenaires habituelles. Nous avons aussi renégocié les contrats nous liant à nos fournisseurs en matière de livraisons et de prestations de service. En tant que casinotier, nous exploitons 25 casinos en France dont les 10 plus importants. En vertu des contrats de délégation de service public (DSP) passés avec les villes où nous exploitons ces casinos, nous devons payer des redevances aux municipalités. La pandémie ayant entraîné la fermeture provisoire de nos établissements, nous avons négocié des suspensions d’exécution de ces contrats et des paiements afférents.

Comment envisagez-vous la sortie de crise ?

Anticiper une situation où nous n’avons pas encore de date ferme de réouverture de nos hôtels, casinos et restaurants est plus que délicat. Nous allons vers une reprise progressive de l’activité, donc il nous faut établir un plan d’action en conséquence. La priorité essentielle est le maintien de notre trésorerie.

Comment se prépare l’après-confinement d’un point de vue opérationnel ?

Ce qui nous importe le plus, c’est la protection de nos salariés. Certains sont en chômage partiel, d’autres connaissent un mélange de chômage partiel et d’activité. Le confinement nous permet d’affiner notre plan de reprise d’activité et ses détails pratiques (commandes de masques visières, gants, produits de nettoyage, plexiglas de protection des zones d’accueil, mesures de distanciation sociale après réouverture de nos établissements, etc.).

Comment le comité de direction dont vous faites partie a vécu cette expérience de télétravail massive et inédite ?

Beaucoup de ses membres ont découvert le travail à distance et ont pu constater que cela ne se passait pas si mal quand on faisait des conférences téléphonique et vidéo. Au-delà de la praticité des outils, nous nous sommes rendu compte de la nécessité de garder un contact visuel les uns avec les autres, même si, pour certains, notamment les parents devant faire aussi classe à la maison, cela relevait parfois du tour de force ! Une chose est sûre, le télétravail devrait continuer de se développer dans les mois à venir. 


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