Freshfields Bruckhaus Deringer met en œuvre une nouvelle stratégie internationale.
Sans renier ses origines britanniques, le membre du Magic Circle joue à plein la carte de la firme internationale. Et sa récente stratégie d’expansion aux Etats-Unis en est la preuve. Implanté outre-Atlantique depuis une quinzaine d’années, à New York puis à Washington, le cabinet a d’abord entrepris de développer des activités de niche : en private M&A, en droit de la concurrence, en regulatory, en arbitrage international et en contentieux. Les deux bureaux fonctionnaient correctement, sans atteindre des sommets, et n’étaient pas très compétitifs face aux grandes machines américaines. Force est de reconnaître que les cabinets britanniques – comme d’ailleurs les français – ont toujours eu des difficultés pour percer le marché américain, très refermé sur lui-même. Certains ont même pensé se rapprocher de firmes américaines. Des rumeurs avaient d’ailleurs circulé sur une possible fusion de Freshfields et de Davis Polk & Wardwell. C’est finalement une autre stratégie qu’a choisie le cabinet britannique. Elie Kleiman, managing partner du bureau parisien de la firme, témoigne : «Nous avons l’ambition de développer notre capacité d’intervention aux Etats-Unis pour offrir à nos clients un service très haut de gamme pour l’ensemble de leurs opérations internationales complexes, notamment en M&A multi-juridictionnel.» Et pour y parvenir, Freshfields a sorti les grands moyens ! Le cabinet vient de recruter six nouveaux associés pour son bureau de New York. De véritables stars du marché local, qui pour certaines d’entre elles sont surnommées par Chambers des «légendes». En M&A tout d’abord, l’équipe sera codirigée par Mitchell Presser et Peter Lyons. Le premier, ancien associé de Wachtell Lipton Rosen & Katz et du fonds Paine & Partners, intervient pour le compte de sociétés internationales et d’institutions financières en fusions-acquisitions et LBO. Le second, ancien associé de Shearman Sterling, représente des groupes américains et internationaux pour leurs dossiers d’acquisitions et de vente d’actifs privés ou publics et pour la conclusion de joint-ventures. L’activité finance sera portée par James Douglas, ancien responsable de la pratique bancaire et financière de Skadden. Enfin, le département capital markets sera composé d’une équipe de trois associés, anciens de Fried Frank. Il sera codirigé par Valerie Ford Jacob et Paul Tropp, et comptera également Michael Levitt. «Avec ces recrutements, l’offre qualitative de Freshfields Bruckhaus Deringer aux Etats-Unis sera comparable aux grandes structures locales», se réjouit Elie Kleiman. Une qualité qui a son prix. Il se murmure que pour attirer ces personnalités, le cabinet a dû assouplir son lockstep, comme il l’avait déjà fait il y a deux ans en Asie pour retenir une équipe d’associés qui partaient à la concurrence.