Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.
Qui la dirige
La carrière de Sophie Leclerc a commencé après un master 2 en droit des affaires obtenu en 1991 à Montpellier dans le sud de la France, dont elle est originaire. « J’ai suivi en même temps un cursus en droit pénal et criminologie. La magistrature m’a tentée un temps, mais c’est le monde de l’entreprise qui m’attirait », explique-t-elle. Avant de rejoindre cet univers auquel va sa préférence, elle fait un arrêt par Bruxelles, y officiant en tant que consultante à la Commission européenne. Recrutée par Maison Lenôtre comme juriste en droit des affaires, Sophie Leclerc revient en France en 1995. Elle intègre ensuite le groupe Accor où elle reste dix ans. Elle y entre comme juriste d’affaires et en sortira responsable juridique en 2007. Une étape importante et structurante dans sa carrière. « Cela m’a permis d’appréhender des professions diversifiées comme la thalassothérapie, le thermalisme et les casinos. Ce sont des métiers très réglementés », note-t-elle. M&A, suivi d’appels d’offres et de délégations de service public (DSP), partenariats, baux, pactes d’actionnaires et opérations de haut de bilan, les sujets couverts par Sophie Leclerc sont variés pendant cette période. Mais, avec de jeunes enfants, elle préfère renoncer à un départ à l’étranger pour rester dans l’Hexagone. Elle passe d’un groupe du CAC 40 à une société sous LBO : le groupe B&B Hôtels en très forte croissance. Elle y crée la direction juridique. Sa carrière évolue vers un positionnement plus stratégique. La juriste siège ainsi au comex. « A l’époque, nous sommes passés d’une centaine d’hôtels dans deux pays à 400 établissements dans 12 pays. Au fur et à mesure que ces implantations prenaient de l’importance en termes de chiffre d’affaires, des directions juridiques ont été mises en place localement », mentionne Sophie Leclerc. Quand cette dernière quitte B & B Hôtels, la direction juridique comporte 17 personnes, paralegals compris, avec quatre personnes, dont elle, en centrale pour plus d’agilité. En 2021, Sophie Leclerc choisit d’intégrer Seris Security. « Une ETI permet d’avoir une vision globale et une meilleure maîtrise des opérations sur le terrain, contrairement à un grand groupe avec des activités extrêmement diverses dans de multiples zones géographiques. Je suis une juriste de combat. J’aime bien les situations où tout est à construire », explique-t-elle. Son dynamisme, Sophie Leclerc le déploie aussi au sein de la commission gouvernance et éthique du Cercle Montesquieu dont elle est coresponsable avec Catherine Stavrakis (ex-Capgemini) et Stéphane Alaphilippe (Suez). Un cercle professionnel dont elle a fait connaissance lorsqu’elle a suivi un executive master en management et stratégie d’entreprise à Sciences Po en 2018.
Comment elle s’organise
Le groupe Seris Security est une ETI familiale spécialisée dans la sécurité des biens et des personnes. Il est présent dans huit pays avec 37 000 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 796 millions d’euros. La France et la Pologne sont les deux principaux marchés de la société mais elle opère aussi en Côte d’Ivoire et en République centrafricaine. Sa clientèle ? De grandes entreprises, des aéroports, des bases militaires, des banques et des centrales nucléaires, entre autres. A la direction juridique groupe, Sophie Leclerc est seule. Elle travaille néanmoins en binôme, sur certains sujets groupe, avec une responsable juridique corporate rattachée au family office. « Notre mode d’organisation est très décentralisé. Quand je suis arrivée, un de mes objectifs a d’ailleurs été de structurer des directions juridiques locales », décrit-elle.
Comment elle se positionne
La fonction de chief legal and compliance officer qu’occupe Sophie Leclerc est une création de poste. A son arrivée, la manager, qui reporte à Benoît Pédoussaut, le directeur général et président du comité exécutif, estime que les juristes au sein des filiales doivent être positionnés au sein des comités de direction (codir) des pays. Aujourd’hui, elle a un directeur juridique France qui fait partie du codir France. Idem au Benelux. En Pologne, ce n’est pas encore le cas mais l’équipe se structure. « Le but est de collaborer car nous partageons des sujets communs, comme la compliance, par exemple, même si les réglementations à l’échelon national sont différentes. J’ai vraiment envie que les opérationnels sur place considèrent que nous faisons partie de leurs équipes. C’est cela qui nous permet de ne pas être considérés comme des sortes de juges internes et d’être sollicités très en amont des projets et dossiers », affirme Sophie Leclerc, qui siège par ailleurs au comex.
Qui la conseille
Pour le Benelux, le groupe Seris Security fait intervenir Dirk Van Liedekerke, associé chez CMS Bruxelles en droit de la concurrence ; Augustin Nicolle, associé, chez BCTG en arbitrage et contentieux corporate ; Julien David et Bruno Quentin, associés, chez Gide Loyrette Nouel en contentieux et partenariats corporate ; Emmanuel Daoud, associé du cabinet Vigo en compliance et droit pénal des affaires et Amanda Bevan-de Bernède chez Gibson Dunn et Pierre-Benoît Pabot du Châtelard au sein du cabinet Clifford Chance en financement. Christophe Martin, directeur juridique France de la filiale hexagonale basée à Saint-Nazaire, est notamment conseillé par Benoît Brossard et Annabelle Bézier, associés d’Oratio Nantes en corporate et fiscalité et par Benoît Dubessay, associé chez Chassany Watrelot Associés Paris en droit social.