La lettre d'Option Droit & Affaires

Le deal de la semaine

BlaBlaCar finalise une levée de fonds de 100 millions de dollars

Publié le 9 juillet 2014 à 15h44    Mis à jour le 26 août 2014 à 18h18

Florent Le Quintrec

La société BlaBlaCar, spécialisée dans les services de covoiturage, vient de lever pas moins de 100 millions de dollars (73 millions d’euros) auprès d’Index Ventures et de ses actionnaires historiques Accel Partners, ISAI et LeadEdge Capital.

Ce nouveau tour de table permettra à la société d’accélérer son développement à l’international, notamment en Turquie, en Inde et au Brésil. BlaBlaCar offre un service en ligne de mise en relation entre conducteurs et passagers pour des trajets longue distance. Elle emploie aujourd’hui 150 salariés dont une centaine en France et compte 8 millions de membres dans 12 pays. Index Ventures était conseillé par le cabinet Orsay, avec Patrick Douin, associé. Les investisseurs historiques avaient pour conseil une équipe franco-américaine de Dechert avec, à Paris, Matthieu Grollemund, associé, Xavier Leroux et Guillaume Briant. La société était assistée par Gide Loyrette Nouel, avec Pierre Karpik, associé et Louis Oudot de Dainville, ainsi que par Moisand Boutin & Associés, avec Jean-Philippe Jacob, associé, et Eric du Peloux.

Le conseil de BlaBlaCar : Pierre Karpik, associé du cabinet Gide Loyrette Nouel

Comment BlaBlaCar s’est-elle rapproché d’Index Ventures ?

Après avoir vu l’entrée d’ISAI en 2010, puis d’Accel Partners fin 2011, plusieurs raisons l’ont conduite à se rapprocher d’Index Ventures. BlaBlaCar a toujours entretenu de bons contacts avec les fonds d’investissement internationaux, bien avant cette levée de fonds. Elle était en contact régulier avec l’écosystème depuis de nombreux mois. Cette opération a notamment été permise par la bonne complémentarité entre les intervenants et notamment entre les fonds. Index Ventures est reconnu pour son solide track record, ayant notamment investi, à ma connaissance, dans plusieurs sociétés opérant des places de marché, dans des secteurs différents, mais avec un business model de même nature. Enfin, Index Ventures est un fonds international capable de financer et d’accompagner les entreprises dans leur développement international. Au final, l’entrée du fonds s’est faite dans des conditions économiques satisfaisantes et a permis aux dirigeants de réaliser l’opération rapidement, sans risque d’exécution, les négociations n’ayant duré que quelques semaines, soit un délai raisonnable compte tenu du montant levé.

Comment se sont déroulées les négociations ?

Lorsque des sociétés habituées à ce type d’opération lèvent une somme très importante, il n’y a pas nécessairement plus de difficultés que dans le cas de levées de fonds de quelques millions. Le plus délicat est de trouver le bon équilibre entre les intérêts des divers investisseurs. Mais dans ce dossier, les acteurs étaient des fonds très professionnels, ce qui a permis de toujours pouvoir apporter une réponse pragmatique aux différentes problématiques de chacun, tout en donnant la priorité à l’intérêt de la société. Par ailleurs, ces fonds connaissaient bien le contexte français. Ils ne font pas partie de ces fonds étrangers qui investissent sans prendre de conseil local en pensant que ce type d’opération se déroule comme chez eux.

La question de la liquidité a-t-elle présenté des difficultés ?

Du fait de la confiance des investisseurs dans BlablaCar, la liquidité n’a pas été un sujet compliqué, car ils sont convaincus qu’ils trouveront le moment venu une solution adaptée aux contraintes de chacun. Plusieurs pistes pour permettre la liquidité des fonds sont envisagées, comme une introduction en Bourse, par exemple, mais ce sujet n’est pas encore d’actualité tant la création de valeur demeure l’objectif principal pour l’instant. L’absence de débat sur cette question est en effet assez rare dans les dossiers comprenant plusieurs strates d’investisseurs.

Avec Sarenza et BlaBlaCar qui ont levé des montants très importants, doit-on s’attendre à d’autres opérations d’envergure pour les start-up françaises ?

Il y a en effet eu ces deux très importantes levées de fonds et nous préparons actuellement deux ou trois opérations visant des levées de plusieurs dizaines de millions d’euros. C’est le signe que le marché français est très attractif avec de belles sociétés, la France étant par ailleurs très réputée pour la qualité de ses développeurs. La période de sinistrose marquée par la fronde des Pigeons semble aujourd’hui passée, nous observons donc un retour à l’optimisme des entrepreneurs. En outre, quelques introductions en Bourse ont eu lieu, donnant aux investisseurs le sentiment d’avoir différentes possibilités de liquidité. L’écosystème est dynamique et de nombreux projets ambitieux se réalisent.


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