Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
De la retenue, une once d’hésitation, mais une pensée claire et une volonté certaine. Voilà ce qui transparaît quand on interroge Christian Le Hir sur son parcours et sa pratique. Le droit s’est imposé à lui comme une belle opportunité. «Et le droit bancaire m’accompagne en fait depuis mon DEA de droit des affaires, passé en 1987 avec le professeur Christian Gavalda.» Sans surprise, il commence son parcours dans une banque, Martin Maurel, en tant que juriste pour la direction financière et la salle des marchés. En 1990, il intègre une plus grande structure : le Crédit Agricole. Pendant quatre ans, il exerce dans la filiale en charge des marchés de capitaux, de l’asset management et des opérations pour compte propre, devenue depuis CACIB. «Venu pour m’impliquer dans les opérations de fusions-acquisitions, je préparais en même temps une thèse sur la titrisation. On m’a donc confié également les premiers dossiers sur cette pratique.» Il s’agissait en réalité d’un triple métier en raison de son implication avec les structurateurs et les traders pour la création de produits. «Tout était un peu imbriqué à l’époque. Je participais à la mise en place de nouveaux produits.» En 1994, il rejoint la Caisse des Dépôts comme responsable juridique des activités de marché, de droit boursier et de dépositaire. «L’équipe était alors composée de cinq personnes : j’ai commencé à y apprendre le management.» L’époque est à la transformation de l’opérateur public. En 1996, la CDC Marchés est créée. Devenue IXIS CIB, il en devient le directeur juridique en 1997. La structure se transforme en se rapprochant des Caisse d’Epargne et participe à la création de Natixis en 2006. Il sera le directeur juridique des activités banque de financement et d’investissement à Londres avant de devenir directeur juridique du groupe, basé à Paris, au printemps 2009.
Comment elle s'organise
Dès 2009, une filière juridique est mise en place. Elle rassemble les juristes des trois pôles de Natixis : services financiers spécialisés, épargne et banque de grande clientèle (BGC). En tout, il a la charge d’animer 300 personnes en France et dans le monde. Le tiers est concentré sur les activités de banque d’investissement qu’il pilote directement. «Je suis très impliqué dans les opérations transactionnelles les plus importantes et sur tous les aspects les plus sensibles.» Les juristes de la BGC sont organisés en trois pôles : marchés de capitaux, émission de titres et financement. Une équipe est en outre dédiée aux activités corporate : trois juristes sont dédiés aux fusions-acquisitions, sept juristes se consacrent au droit des affaires et un peu plus d’une dizaine sont focalisés sur le contentieux et le restructuring. «Pour les services financiers spécialisés et les activités d’épargne, l’organisation est conçue avec les dirigeants opérationnels afin de coller le plus possible aux besoins des équipes.» Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une vision consolidée et de gérer le budget global de la filière. «L’organisation de la direction repose sur deux principes : proximité et subsidiarité. Je suis l’animateur d’une communauté d’experts. La qualité des relations interpersonnelles entre juristes et non juristes et de l’information que nous donnons est essentielle.» Les responsables juridiques de la filière sont réunis tous les trimestres. En outre, l’emploi des outils de communication permet des points tous les quinze jours avec les juristes hors de France. Et pour l’avenir, les objectifs sont fixés : le développement international justement, par une intégration accrue des juristes concernés ; la relation client et le développement de la transversalité.
Comment elle se positionne
Christian Le Hir est rattaché au secrétaire général et est membre du comité exécutif. «La direction juridique est très bien intégrée dans l’entreprise, car les juristes sont au plus près des opérationnels. C’est ce qui nous permet d’élaborer avec eux des solutions innovantes adaptées aux besoins de nos clients.» Et de préciser : «Grâce à ce travail de compréhension des besoins et d’accompagnement, la perception de la direction est donc très bonne auprès de notre direction générale et des différentes directions opérationnelles de Natixis.» Sans oublier que le rôle du juriste est, aussi, de rappeler le cadre de la loi : «Mais il y a une manière de le faire qui fait toute la différence.»
Qui la conseille
Si la banque a recours principalement à des cabinets internationaux sur la base d’un panel, des cabinets français et locaux sont aussi utilisés. On citera Clifford Chance pour les marchés de capitaux et les titrisations ; Linklaters pour les émissions ; Allen & Overy ; Freshfields Bruckhaus Deringer intervient en titrisation et contentieux ; Aramis, en concurrence.