La société franco-américaine spécialisée dans la protection des salariés contre le risque cyber réalise un nouveau tour de table de 29 millions d’euros. Elle a notamment convaincu le fonds new-yorkais Left Lane Capital d’investir.
Moins de cinq ans après sa création Riot boucle une série B. La plateforme franco-américaine de suivi du risque cyber des salariés réalise un second tour de table d’un montant de 30 millions de dollars (environ 29 millions d’euros) mené par le fonds d’investissement new-yorkais Left Lane Capital, qui avait notamment investi en France dans la start-up d’intelligence artificielle Animaj spécialisée dans l’audiovisuel (ODA du 11 octobre 2023). Ce nouveau tour de table de Riot bénéficie également du soutien des investisseurs existants : l’incubateur Y Combinator – qui avait accueilli l’ingénieur Benjamin Netter à San Francisco en 2020 pour qu’il fonde la société – mais aussi des acteurs en venture capital américains Base10 et FundersClub. Cette opération permettra à Riot d’accélérer notamment son expansion internationale en Europe et de doubler ses effectifs. L’entreprise revendique aujourd’hui 10 millions de dollars de revenus annuels en 2024 (environ 9,64 millions d’euros), et 1 500 entreprises clientes, parmi lesquelles Ledger, L’Oréal ou encore Le Monde. Riot avait levé 2 millions de dollars (environ 1,9 million d'euros) en seed peu après son lancement auprès de First Capital, Kima Ventures, FundersClub et Founders Future. Elle avait ensuite réalisé une série A de 12 millions de dollars (environ 11,5 millions d’euros) début 2023 au cours de laquelle étaient entrés le fonds Base10 et plusieurs business angels dont Guy Podjarny, fondateur de la société de cybersécurité Snyk mais aussi Charles Gorintin, cofondateur du néo-assureur Alan, lequel a récemment levé des fonds (ODA du 25 septembre 2024). Riot est épaulé par McDermott Will & Emery avec Fabrice Piollet et Romain Desmonts, associés, en private equity ; avec une équipe à New York. Left Lane est accompagné par Goodwin aux Etats-Unis. First Capital est assisté par Orrick avec Benjamin Cichostepski, associé, en private equity.
Le conseil de Riot : Fabrice Piollet, associé chez McDermott Will & Emery
Quelles sont les spécificités de cette levée de fonds de Riot ?
C’est une opération cross border entre la France et les Etats-Unis car Riot a été historiquement lancée outre-Atlantique pendant la crise du Covid. L’entreprise a toutefois une forte activité dans l’Hexagone – qui constitue son principal marché – et une volonté d’expansion forte en Europe avant d’envisager dans un second temps, de se renforcer aux Etats-Unis.
Pourquoi n’y a-t-il sur ce tour que des investisseurs américains ?
Le fondateur de l’entreprise Benjamin Netter, qui a un fort tropisme américain, n’est pas fermé à l’idée d’avoir des investisseurs européens et en a rencontré plusieurs. Il a d’ailleurs parmi ses premiers investisseurs des fonds et business angels européens. Sur cette levée toutefois, il a été très sollicité par des acteurs d’outre-Atlantique qui étaient en capacité de se positionner rapidement et qui ont su faire la différence par leur agilité, notamment en matière de gouvernance.
Comment avez-vous structuré l’opération ?
L’opération se fait via l’entité américaine de l’entreprise, Riot Security Inc., avec l’émission d’instruments classiques pour une série B. Nous avons pérennisé les outils d’intéressement du management déjà mis en place depuis plusieurs années. L’enjeu pour Riot est de pouvoir attirer les talents dans l’entreprise, en utilisant des dispositifs attractifs pour les salariés européens – et en particulier français – tout en ne sortant pas trop du cadre connu par les investisseurs américains. Nous avons ainsi répliqué aux Etats-Unis un instrument similaire aux bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE). Dans le contexte de l’arrivée de ces nouveaux investisseurs, il était nécessaire de mettre en place un cadre contractuel permettant au fondateur et au management de conserver la latitude requise – du point de vue du contrôle de la société pour assurer le développement de l’entreprise.
Alors que les tours de table sont à la baisse, la cybersécurité est-elle plus résiliente ?
Le secteur de la cybersécurité est en plein boom avec des capitaux fléchés dans ce domaine et la potentialité de beaux multiples. Ce sujet, tout comme celui de la défense, est très en vogue et je ne doute pas que d’autres opérations auront lieu dans les prochains mois.