Implanté près d’Angoulême, en Charente, le groupe Briconord, spécialisé dans les produits de finition et de l’aménagement de l’habitat, réorganise son capital afin d’accélérer sa croissance.
Briconord ouvre son capital à Initiative & Finance et Siparex Midcap dans le cadre d’une opération majoritaire avec l’appui du dirigeant, Christian Guillou, et de son équipe de cadres. Cette opération permet également la sortie d’Amundi PEF et de Société Générale Capital Partenaires, cette dernière réinvestissant dans le nouveau tour de table. L’entreprise possède un catalogue de 3 500 produits sous la marque Nordlinger, commercialisés essentiellement auprès des grandes surfaces de bricolage, dans 16 pays, avec une forte présence en France et aux Pays-Bas où sont implantées ses deux entités opérationnelles : Briconord et Mac Lean. Depuis sa reprise en 2015 par Christian Guillou, dans le cadre d’une opération de management buy-in (MBI), le groupe a connu un fort développement porté notamment par une acquisition structurante en Hollande, Mac Lean, réalisée en avril 2019. Le groupe réalise ainsi près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020. Briconord profite par ailleurs de la croissance du marché du bricolage, dopé par le confinement. Avec l’appui de ses nouveaux actionnaires, Siparex Midcap, Initiative & Finance et SGCP, l’équipe de management souhaite mettre en œuvre un plan de développement ambitieux articulé autour de deux axes : développer ses canaux de distribution traditionnels et e-commerce et accélérer sa stratégie de croissance externe en Europe. Lamartine Conseil a accompagné le dirigeant Christian Guillou et le management avec Vincent Libaud, associé, sur les aspects juridiques et fiscaux de leur réinvestissement, dont la mise en place d’un management package. Le cabinet a également assisté Amundi, SGCP et Briconord avec Fabien Mauvais, associé, Philippe Barouch et Chiara Dimberton en corporate et en financement. Hoche Avocats a accompagné Siparex Midcap et Initiative & Finance avec Grine Lahreche et Edith Boucaya, associés, Alison Anaya,Audrey Szultz et Héloïse Gravel en corporate ; Jérôme Mas, associé, et Céline Miguet en fiscal. Simmons & Simmons a conseillé le Crédit Lyonnais et la Banque CIC Ouest avec Colin Millar, associé, Aurélien Jugand, of counsel, et Galina Petrova sur le financement de l’acquisition d’Athéna Investissement, l’entité qui détient les actions de Briconord.
Conseil de Briconord et des cédants : Fabien Mauvais, associé chez Lamartine
Sur le plan juridique, comment cette opération s’est structurée ?
C’est avant tout une opération qui visait à donner des moyens complémentaires au groupe Briconord pour poursuivre sa stratégie de croissance. Il y avait par ailleurs une volonté de refinancement de l’endettement senior existant dans l’objectif de se doter d’une capacité financière plus importante pour pouvoir poursuivre ce développement. Lamartine Conseil est intervenu à la fois en tant que conseil du groupe Briconord et des cédants, ainsi que sur la mise en place des nouvelles lignes de financement. Il y a eu des diligences spécifiques réalisées en termes de conseil au management de Christian Guillou et de ses équipes. L’équipe Lamartine Conseil accompagne le groupe Briconord depuis sa reprise par Christian Guillou aux côtés d’Amundi et de SGCP en 2015.
Est-ce qu’il y a eu des points délicats à traiter au cours de cette opération ?
En dépit du contexte lié à la crise sanitaire, c’est une opération qui s’est bien déroulée. Tout d’abord, les débats ont été bien cadrés par la banque Edmond de Rothschild CF dont les équipes ont à la fois conseillé les cédants et piloté la mise en place de la nouvelle structure financière. Autant la nature de l’activité, de par sa solidité et sa récurrence, que l’équipe dirigeante ont à mon sens beaucoup séduit les nouveaux partenaires. Enfin, il y a eu des candidats de qualité qui ont su, je pense, appréhender l’opération de manière assez simple. Le cahier des charges de départ était d’essayer de rendre les choses les plus fluides possible pour toutes les parties prenantes, et cela a plutôt bien fonctionné.
Comment décririez-vous le marché du private equity en ce début d’année 2021 ?
C’est un marché très hétérogène. Dans certains secteurs, tels que la santé, l’agroalimentaire, le software, l’éducation, les acteurs du private equity sont très présents. Il y a donc une compétition accrue pour ces actifs résilients, ce qui rend les opérations d’une manière générale plus challengées et compliquées. Dans ce contexte, certaines équipes d’investisseurs, les plus agiles et compétentes, sont celles qui arrivent le mieux à tirer leur épingle du jeu ; il y a clairement une prime à l’expérience. D’autre part, nous observons une rationalisation des opérations : les investisseurs ont tendance, pour sécuriser leur transaction dans un contexte très concurrentiel, à revenir vers leurs conseils historiques et ainsi profiter de leurs expertises et de leur connaissance des pratiques de marché pour mieux se positionner.