La lettre d'Option Droit & Affaires

EN BREF

Les actualités de la semaine

Publié le 17 septembre 2025 à 16h34

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.

Investissements – Les conflits géopolitiques continuent d’inquiéter les family offices

Dans le monde chahuté du moment, les conflits géopolitiques constituent une source d’inquiétude majeure pour les investisseurs familiaux, d’après la troisième édition du rapport « Family Office Investment Insights » de la banque Goldman Sachs. Dans le détail, près de 61 % des répondants la classent même parmi leurs trois principales préoccupations au moment d’investir et les choses ne devraient pas s’améliorer : deux tiers des personnes interrogées (66 %) anticipent une intensification des risques géopolitiques dans l’année à venir. Les autres facteurs de risque les plus fréquemment cités par les 245 décideurs de ces organisations privées sont l’instabilité politique (39 %), la récession économique (38 %) et les droits de douane mondiaux (35 %). Dans ce contexte, comment les gestionnaires de patrimoine comptent réaliser leurs investissements ? D’après l’étude, ces derniers prévoient de « maintenir des allocations stratégiques globalement stables, tout en opérant des ajustements sélectifs qui conjuguent patience et opportunité ». Plus d’un tiers des répondants (39 %) veulent augmenter leurs allocations au capital-investissement ; une proportion quasi identique s’attend à augmenter leur exposition aux actions cotées (38 %), tandis que 34 % prévoient de réduire leurs liquidités de trésorerie et de réallouer du capital vers des actifs risqués. Plus d’un quart d’entre eux (26 %) a en outre l’intention d’augmenter leur exposition au crédit privé. « Les family offices affichent leur confiance dans la croissance de long terme tout en conservant une approche disciplinée », analyse Sara Naison-Tarajano, responsable mondiale d’Apex et Private Wealth Management Capital Markets. Du point de vue géographique, les portefeuilles restent ancrés aux Etats-Unis, tandis qu’en dehors de leur marché domestique « les family offices privilégient les marchés de proximité », souligne ainsi l’étude. Ainsi 89 % des répondants de la région Europe, Moyen-Orient, et Afrique (EMEA), investissent dans la zone euro et 80 % des répondants en Asie-Pacifique et en Chine. Et quid des thèmes régulièrement analysés par les gestionnaires de patrimoine ? Sans surprise, l’intelligence artificielle a la cote : plus de la moitié (58 %) s’attend à surpondérer le secteur technologique dans les 12 prochains mois, 86 % investissent déjà dans cette technologie et 51 % l’utilisent dans leurs processus d’investissement. « Parallèlement à la technologie, (les family offices) se montrent de plus en plus actifs dans des domaines tels que les actifs numériques, le marché secondaire et le sport, traduisant une volonté d’embrasser l’innovation et de diversifier leurs sources de création de valeur », détaille Ken Hirsch, co-chairman de Global Technology, Media & Telecom Group.

Marchés – L’AMF appelle à un rôle accru pour le régulateur européen

Faire évoluer le rôle et la gouvernance de l’autorité de régulation et de surveillance des marchés financiers de l’Union européenne (ESMA), afin de « favoriser une véritable union pour l’épargne et l’investissement ». Tel est le souhait de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à Paris qui formule des recommandations en ce sens. Le gendarme tricolore du secteur constate en effet que « malgré les progrès accomplis, les mécanismes de supervision demeurent largement nationaux, engendrant des divergences dans leur application, des fragilités dans la supervision, des coûts supplémentaires pour les acteurs économiques, ainsi qu’une protection inégale des investisseurs et des épargnants ». Dans ce contexte, l’autorité européenne a un rôle crucial dans l’homogénéisation des structures nationales au sein du Vieux Continent. A l’instar de ce qui se fait dans le secteur bancaire, « l’Autorité européenne des marchés financiers doit jouer un rôle accru dans cette nouvelle architecture, en assurant une homogénéité des pratiques de supervision et en exerçant une supervision directe sur les grandes entités transfrontières : infrastructures de marché paneuropéennes, prestataires de services de crypto-actifs opérant au niveau mondial, grands groupes de gestion d’actifs », écrit l’AMF. Du côté de la gouvernance, le nouveau périmètre devrait ainsi reposer sur deux pieds en quelque sorte. Le premier serait un « conseil des autorités de surveillance », chargé « de la cohérence réglementaire » et qui comprendrait les 27 présidents des autorités nationales compétentes. Le second serait un comité exécutif restreint, responsable des décisions opérationnelles de supervision, et composé de personnalités qualifiées d’indépendantes. « Cette évolution permettrait de renforcer la cohérence des pratiques de supervision, de mieux maîtriser les risques systémiques et de garantir une protection plus efficace des investisseurs et des épargnants », explique l’institution parisienne. Pour la présidente de l’AMF, Marie-Anne Barbat-Layani, « seule une supervision unifiée, cohérente et robuste, permettra à l’Union européenne de consolider la stabilité financière, de simplifier efficacement le cadre réglementaire tout en assurant une meilleure protection des investisseurs ».


La lettre d'Option Droit & Affaires

Radio France : la direction juridique de Jean-Michel Orion

Chloé Enkaoua    Temps de lecture 5 minutes

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.

Lire l'article

Chargement…