Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
Originaire de Lyon, Jean-Yves Besset a commencé ses études à l’université Jean Moulin Lyon 3. «Je savais dès le lycée que je voulais faire du droit, se souvient-il. Connaître les règles qui régissent la société m’attirait énormément.» C’est ensuite à l’université Paris 2 Panthéon-Assas qu’il décroche une Maîtrise de droit privé et un DESS en droit immobilier et construction. Dans ce cadre, il entame un stage en immobilier au sein du cabinet Lefèvre Pelletier & Associés avant de se lancer dans un Master spécialisé en droit et management international à HEC, qui lui ouvrira les portes de Gide Loyrette Nouel. En 2011, après un passage chez Lacourte Balas Raquin (désormais Lacourte Raquin Tatar), il rejoint la direction juridique de la prestigieuse marque Louis Vuitton. «J’avais tout juste 32 ans, et je me suis dit qu’une expérience dans une telle entreprise, qui me permettait en outre de couvrir tout le périmètre du droit, ne pouvait qu’être bénéfique.» L’expérience est tellement probante qu’en 2014, lorsqu’on le contacte pour devenir le directeur juridique du leader français de la lingerie Etam, Jean-Yves Besset n’hésite pas une seconde.
Comment elle s’organise
Les chiffres du groupe Etam donnent le tournis : plus de 13 500 collaborateurs à travers le globe, pas moins de 1 000 magasins en Europe, 2 500 en Chine, et le reste réparti entre le Moyen Orient, l’Amérique latine et l’Asie. Ceux de la direction juridique du groupe sont, eux, plus modestes : neuf juristes en tout (cinq en France, un en Russie et trois en Chine), en charge de toute l’activité juridique d’Etam en France et à l’étranger à l’exception du droit social. Toutes des femmes, même si Jean-Yves Besset assure en riant que cela n’a rien à voir avec l’image de marque du groupe. «A mon arrivée, les champs de compétences des unes et des autres n’étaient pas forcément très bien identifiés. J’ai donc procédé à un repositionnement afin de donner plus de légitimité et de visibilité à notre direction», détaille-t-il. Ainsi, chacune des juristes françaises se consacre désormais à une activité propre : les baux commerciaux, acquisitions et cessions d’actifs immobiliers d’Etam, le corporate, qui englobe la gestion de la holding et des 30 filiales du groupe, la gestion des contrats, la gestion de l’ensemble des assurances du groupe, et enfin la propriété intellectuelle et la distribution, qui concernent le portefeuille de plus de 1 000 marques d’Etam et ses quelque 200 franchises à l’international. «J’essaie cependant de faire en sorte que l’on soit toujours deux sur les dossiers», poursuit le directeur juridique. Lequel assure en outre qu’entre lui et ses «drôles de dames», l’ambiance est au beau fixe. «Nous travaillons dans un open space, ce qui crée une certaine proximité. Par ailleurs, je tiens beaucoup à ce que nos échanges soient toujours libres et à ce que l’on se dise les choses. Il me paraît très important de se sentir à l’aise pour pouvoir travailler en bonne intelligence.»
Comment elle se positionne
Rattachée à la direction financière d’Etam et située au même étage que la direction générale, la direction juridique de Jean-Yves Besset entretient un lien direct et régulier avec les filiales et opérationnels à l’étranger pour tout ce qui a notamment trait aux contrats de fournisseurs ou encore aux contentieux marques et contrefaçons. Le directeur juridique, qui est également secrétaire du conseil de surveillance du groupe, estime néanmoins que son équipe pourrait être davantage consultée et impliquée en amont des projets. «On n’est jamais suffisamment intégré, c’est pourquoi nous cherchons constamment à nous améliorer, explique-t-il. Il y a un travail permanent à faire pour se montrer disponibles et prouver que nous sommes une aide véritable. D’où l’importance de multiplier les interventions auprès des opérationnels, en termes de formation mais aussi de rencontres et de déjeuners informels. Une direction juridique, outre ses compétences, doit veiller à connaître parfaitement le métier et les besoins des opérationnels, et à parler le même langage qu’eux.» Avec Sapin II et le RGPD, la direction juridique d’Etam a par ailleurs été récemment très sollicitée. Mais il y a un revers à la médaille… «Ce sont des textes qui visent à imposer de nouvelles règles, et donc de nouvelles contraintes. Forcément, nous avons en quelque sorte hérité d’une casquette un peu “gendarme”. Cela demande un double effort de la part des juristes : former et informer tout en faisant passer un message positif et toujours orienté business.»
Qui la conseille
Ginestié avec François Devedjian et Brigitte Berdugo en corporate et fiscal ; Hoyng Rokh Monegier avec Marie Georges-Picot en droit des marques ; Ashurst avec Hortense de Roux en contentieux commercial ; Julien Desclozeaux chez Ginestié, Bertrand Raclet d’Opera Avocats ou encore Jérôme Martin de Martin & Associés en immobilier/baux commerciaux ; Grall & Associés avec Nathalia Kouchnir-Cargill en distribution. Jean-Yves Besset fait également appel à François Viterbo et Coline Warin pour des dossiers commerciaux réclamant une réactivité très forte.