Le leader japonais de la grande distribution Aeon Ltd a pris une participation minoritaire de 19,9 % au capital du groupe de distribution de produits biologiques français Bio c’ Bon.
La majorité du capital de l’enseigne reste aux mains de son dirigeant, Thierry Chouraqui, et de ses autres actionnaires minoritaires. A noter que les deux entités sont déjà partenaires depuis 2016, au travers d’une coentreprise détenue à parts égales qui vise à développer l’enseigne et le concept de Bio c’ Bon au Japon. Le premier magasin a ouvert à Tokyo en décembre 2016, et l’enseigne qui compte aujourd’hui huit magasins au pays du soleil levant ambitionne d’atteindre les 50 points de vente d’ici trois ans. Cette prise de participation minoritaire permettra donc à la fois de renforcer le partenariat existant entre les deux entités, et de déployer plus activement l’enseigne Bio c’ Bon sur le territoire national et à l’étranger afin que le groupe conserve sa position d’acteur majeur dans la distribution spécialisée de produits biologiques. Fondé en 2008 par Thierry Brissaud, Bio c’ Bon se positionne comme le troisième plus grand groupe français de la distribution d’aliments biologiques derrière Biocoop et Naturalia, et compte aujourd’hui quelque 160 magasins répartis en France, en Italie, en Belgique, en Espagne en Suisse et au Japon. Outre la vente de produits biologiques, le groupe propose également à ses clients des services gratuits tels que des rendez-vous naturopathie, des services de recyclage ou encore de l’échange de presse. Bio c’ Bon a réalisé cette année un chiffre d’affaires d’environ 170 millions d’euros. Aeon Ltd a été accompagné par Darrois Villey Maillot Brochier avec Forrest Alogna, associé et Olivia Goudal en corporate et Matthieu Brochier, associé en contentieux et arbitrage, ainsi que par Capstan en droit social avec Pascal Lagoutte, associé, et Fadi Sfeir, par Hoyng Rokh Monegier en propriété intellectuelle avec Marie Georges-Picot, associée, et Charlotte Cuny, par Fidal en droit immobilier et contrats de distribution avec Bruno Nogueiro, associé, ainsi que par Spitz Poulle Kannan en droit des services financiers avec Nicolas Spitz, associé. De Pardieu Brocas Maffei a assisté Bio c’ Bon avec Patrick Jaïs, associé, Sandra Aloui et Nelly Achille, en corporate.
Le conseil de Bio c’ Bon : Patrick Jaïs, associé chez De Pardieu Brocas Maffei
Dans quel contexte s’est déroulée l’entrée du géant de l’agroalimentaire japonais Aeon au capital de Bio c’ Bon ?
Bio c’ Bon et Aeon sont partenaires depuis 2016 via leur joint-venture à 50/50 créée au Japon. Depuis, outre leur vision industrielle commune, une véritable relation de confiance s’est nouée entre eux. Cette bonne entente et ce climat rassurant, Bio c’ Bon ne l’a retrouvé chez aucun des autres industriels qui avaient tenté de l’approcher par le passé. Et comme il n’y avait pas d’urgence absolue à renforcer ses fonds propres, la société n’a pas non plus souhaité mettre en place de process organisé ou de mandat avec des intermédiaires financiers. C’est un partenariat industriel de long terme qui a été ici privilégié.
Aeon a pour l’instant pris 19,9 % du capital de Bio c’ Bon. Une prise de contrôle totale est-elle envisagée ?
Non, Aeon n’a aucune velléité hégémonique sur le capital de Bio c’ Bon. L’idée n’est pas de prendre le contrôle du groupe, mais de consolider un lien existant afin de permettre à Bio c’ Bon de continuer à se développer main dans la main avec son partenaire. Pour l’instant, Aeon n’est entré qu’à hauteur de 19,9 % du capital, car à partir de 20 %, étant un groupe coté, cela aurait engendré pour lui des obligations réglementaires plus importantes.
Quelles ont été les principales particularités et complexités de cette opération ?
Il s’agit d’une entrée capitalistique classique, mais avec un accord de partenariat industriel qui est venu se greffer aux autres accords préexistants, dont ceux liés à la coentreprise de Bio c’ Bon et d’Aeon. Par ailleurs, c’est la première fois qu’Aeon investit en France, et en Europe de manière plus globale. Cela a donc entraîné quelques difficultés culturelles au départ ainsi que des due diligences très approfondies, car les dirigeants japonais étaient assez prudents quant aux différentes notions juridiques françaises. Mais après quelques allers-retours entre les différentes parties, et une fois qu’Aeon a compris le modèle et la logistique de Bio c’ Bon, tout a ensuite été très fluide. Encore une fois, les deux groupes entretiennent une vraie relation de confiance qui leur permet d’être en harmonie et de partager une vision commune.