L’américain Zimmer Biomet, leader mondial dans le domaine de la musculo-squelettique, a lancé une offre amicale d’achat sur Medtech, valorisant le spécialiste de la chirurgie robotique près de 170 millions d’euros.
Dans le détail, Zimmer a repris, dans le cadre d’une transaction hors marché, 58,77 % du capital, auprès du dirigeant fondateur Bertin Nahum et des actionnaires historiques, dont le fonds Newfund qui suit la société depuis 2010. L’offre a été réalisée au prix de 50 euros par action, soit une prime de plus de 61 % par rapport au cours de bourse du 15 juillet. Parallèlement, Zimmer a repris l’intégralité́ des obligations convertibles et bons de souscription d’actions émis par Medtech en novembre 2015 auprès d’Ally Bridge Group. Une offre publique d’achat simplifiée en numéraire doit prochainement être déposée afin d’acquérir la totalité des titres restants.
Fondé en 2002 à Montpellier, Medtech conçoit et commercialise des dispositifs robotiques permettant d’assister les chirurgiens au cours de l’opération. La société, qui est rapidement devenue l’une des pépites du secteur, a réalisé plusieurs tours de table auprès de Newfund, puis Midi Capital (devenu M Capital Partners) et Bpifrance. Fin 2013, elle s’introduit sur Euronext, collectant ainsi près de 20 millions d’euros dans le cadre d’une augmentation de capital. Medtech est aujourd’hui reconnue pour ses deux produits phares : le ROSA Brain employé pour les opérations de neurochirurgie, et le ROSA Spine dédié à la chirurgie de la colonne vertébrale. Les deux produits bénéficient désormais des homologations européennes et américaines ; le ROSA Spine ayant reçu l’aval de la FDA (l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) en janvier dernier. Employant une quarantaine de personnes, Medtech a réalisé un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros sur l’exercice 2014/2015. De son côté, Zimmer, qui conçoit des solutions orthopédiques pour les patients souffrant de troubles ou blessures des os, a enregistré près de 6 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2015. Zimmer a été conseillé par le cabinet américain Faegre Baker Daniels ainsi que par Gide pour les aspects français avec Didier Martin et Antoine Tézenas du Montcel, associés, Maud Harreau, Régis Henry et Thomas Jaegle en corporate, Foulques de Rostolan, associé, et Caroline Merle en social, Jean-Hyacinthe de Mitry et Océane Millon de La Verteville en IP. Dechert a accompagné Medtech avec, à Paris, Matthieu Grollemund et Charles Cardon, associés, ainsi que Quentin Durand et Raphael Sendowski en corporate, Marianne Schaffner, associée, en IP, Mélanie Thill-Tayara, associée, en concurrence, Bruno Leroy, associé, en fiscal, Philippe Thomas, associé, ainsi que Thibault Meiers en social.
Le conseil de Medtech : Matthieu Grollemund, associé chez Dechert
Comment a été initiée l’opération ?
Medtech n’a lancé aucun process de vente. La société a été approchée par Zimmer et a décidé d’accepter son offre. Zimmer a ainsi racheté près de 59 % du capital auprès du fondateur et des actionnaires historiques, et doit lancer une offre publique d’achat simplifiée en vue d’acquérir 100 % des titres. Au-delà de la valorisation, la principale exigence du fondateur Bertin Nahum était de sécuriser la pérennité de l’activité en France et notamment les emplois à Montpellier. Zimmer s’est donc engagé à conserver le siège et à en faire un centre d’excellence pour le développement des activités robotiques. Bertin Nahum devrait d’ailleurs en assurer la direction.
Quels ont été les aspects les plus complexes sur cette opération ?
Comme toute opération entre deux sociétés cotées sur différents marchés, la combinaison des réglementations américaines et françaises est toujours délicate et impose une certaine rapidité d’exécution afin d’éviter les problèmes d’information privilégiée. Par ailleurs, l’activité innovante de Medtech génère d’importantes problématiques de propriété intellectuelle et industrielle. Enfin, la pratique tend maintenant à mieux encadrer la combinaison des deux entreprises par le biais d’un tender offer agreement, afin d’organiser les modalités futures du rapprochement. En particulier, le fondateur voulait s’assurer du maintien en France de certaines activités et de la création d’un pôle d’excellence à Montpellier et l’acquéreur d’une série de termes de rapprochement.
Le marché américain était dans la ligne de mire de Medtech depuis quelque temps…
Le développement sur le marché américain est effectivement une priorité pour la société. Celle-ci avait d’ailleurs initié des démarches en vue d’une future double cotation sur le Nasdaq. Elle avait ainsi mené une émission obligataire de 15 millions de dollars en novembre dernier auprès d’Ally Bridge Group, un investisseur américain spécialisé sur les medtech, qui devait faciliter son entrée en Bourse. Mais la société a finalement décidé de saisir l’offre de Zimmer. En s’adossant à un groupe bien implanté aux Etats-Unis, et disposant à la fois des forces commerciales et du portefeuille clients, Medtech va pouvoir accélérer son déploiement sur ce marché.