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DEAL DE LA SEMAINE

Assurances : Diot-Siaci s’empare du groupe de conseil RH Oasys

Publié le 19 novembre 2024 à 16h27

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

Le courtier en assurances Diot-Siaci se rapproche d’Oasys & Cie, groupe spécialisé dans le conseil RH, pour donner naissance à une nouvelle entité constituée de 800 collaborateurs et dirigée par l’ancienne ministre du Travail Myriam El Khomri. L’Autorité de la concurrence se prononcera sur l’opération en décembre.

Diot-Siaci poursuit sa politique d’acquisition et s’oriente cette fois-ci vers les ressources humaines. Le groupe de conseil et de courtage d’assurances et de réassurances, qui compte de nombreuses entreprises du CAC 40 parmi ses clients (Alstom, Bolloré, Dassault, Vivendi, etc.), reprend Oasys & Cie, acteur français indépendant du conseil en ressources humaines. Ce dernier a été créé en 2006 par Eric Beaudouin, actionnaire aujourd’hui à hauteur de 17 % du capital, le reste étant détenu par 81 associés-collaborateurs et le fonds Naxicap (48 %). La nouvelle entité constituée sera dirigée par Myriam El Khomri, aujourd’hui directrice du pôle Conseil et de la stratégie RSE du groupe Diot-Siaci et ancienne ministre du Travail sous la présidence de François Hollande. Le chiffre d’affaires combiné s’élèvera à environ 120 millions d’euros, dont environ 80 millions d’euros provenant d’Oasys & Cie. L’opération doit encore recevoir le feu vert de l’Autorité de la concurrence en décembre. Cette acquisition intervient alors que Diot-Siaci, qui compte près de 6 000 collaborateurs, serait en pleine recomposition de son actionnariat : Ontario Teachers Pension Plan (OTPP), l’un de ses très gros minoritaires (29 %), serait sur le départ. Le fonds franco-chinois Cathay Capital (près de 4,9 % du capital) serait également vendeur, selon le journal Les Echos. Diot-Siaci, issu du mariage de Siaci Saint Honoré et de Diot intervenu il y a trois ans (ODA du 7 juillet 2021), connaît un chiffre d’affaires global de 900 millions d’euros en 2023 et vise à atteindre 1,5 milliard d’euros brut en 2027. Le groupe Diot-Siaci est accompagné par Scotto Partners avec Coralie Oger, associée, Bastien Deroch, en corporate M&A ; et par Freshfields avec Jérôme Phillipe, associé, Petya Katsarska, counsel, Anaïs Jennepin et Audrey Philippe, en droit de la concurrence. Oasys & Cie est conseillé par Yards Avocats avec Jean-Philippe Jacob, associé, Maud Gendron, counsel, Alexandre Malek, en corporate ; et Dorothée Traverse, associée, Marin du Repaire, en droit fiscal. La société cible et ses managers sont aussi épaulés par Jeausserand Audouard avec Judith Raoul-Bardy, associée, Joséphine Rolland, en corporate ; et Carole Furst, associée, en droit fiscal.

Le conseil de Diot-Siaci : Coralie Oger, associée chez Scotto Partners

Quelles sont les spécificités de cette acquisition ?

Le rachat d’Oasys & Cie par Diot-Siaci intervient dans le cadre d’un processus compétitif et non d’une vente de gré à gré. C’est la rencontre entre un grand groupe multispécialisé et un acteur indépendant très porté sur l’entrepreneuriat qui va pouvoir développer son activité à l’intérieur de celui-ci.

Comment l’opération est-elle structurée juridiquement et financée ? Diot-Siaci a créé en début d’année plusieurs véhicules d’investissement. Ces derniers font-ils partie du projet ?

La transaction se fait directement par leur entité Siaci Saint Honoré qui rachète 100 % de l’activité d’Oasys & Cie. La création d’entités en début d’année, réalisée par le service juridique du groupe, concerne d’autres opérations potentielles et répond notamment à des enjeux de simplification. Concernant le financement, la reprise d’Oasys & Cie devrait se faire sur fonds propres. Le groupe dispose toutefois de lignes de crédit bancaire depuis quelque temps à hauteur de 200 millions d’euros et pourra en faire usage au besoin.

Quels ont été les enjeux des négociations ?

Il a été nécessaire de faire preuve de pédagogie. Il a fallu convaincre les cadres de l’entreprise cédée, dotée encore une fois d’un fort esprit entrepreneurial, de rejoindre un grand groupe, ce qui n’était pas nécessairement naturel car ce dernier est généralement perçu comme moins flexible d’un point de vue opérationnel. Oasys est véritablement un « business people » et à ce titre il était essentiel que toutes ces personnes – qui sont aussi actionnaires – fassent partie de l’aventure, ce qui est le cas. Des mécanismes d’incentive pourront être proposés à ces cadres. Les négociations ont également porté sur la gouvernance de la future entité. C’est dans ce contexte qu’Eric Beaudouin et Jean-Christophe Deruaz, dirigeants d’Oasys, deviennent vice-présidents de la nouvelle structure dirigée par Myriam El Khomri. 

L’opération doit-elle être soumise à une autorité de contrôle ?

Nous attendons la décision de l’Autorité de la concurrence au cours de la première quinzaine de décembre. Nous n’anticipons pas de difficultés à ce stade, car le marché du conseil est étendu.

S’oriente-t-on vers une consolidation dans le secteur de l’assurance ?

Une consolidation est selon moi inévitable, car il y a des synergies évidentes et l’accompagnement RH est particulièrement diversifié en France comme à l’international. L’Américain Marsh McLennan a pu ainsi acquérir la société Mercer (en 1992, ndlr) pour en faire l’une de ses filiales. La tendance devrait se poursuivre.


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