La lettre d'Option Droit & Affaires

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Les actualités de la semaine

Publié le 19 novembre 2024 à 16h29

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.

M&A – Les investisseurs étrangers freinés par la dissolution de l’Assemblée

Emmanuel Macron a-t-il uniquement procédé à la dissolution de l’Assemblée nationale en juin ou a-t-il aussi réduit tout désir des investisseurs internationaux de réaliser des opérations en France ? La question se pose, car force est de constater que ces derniers ont été largement refroidis par l’annonce présidentielle du début de l’été et l’instabilité gouvernementale qui en a découlé. C’est ce qui ressort d’une édition spéciale du baromètre de l’attractivité du cabinet de conseil EY publiée le 18 novembre et qui indique que près d’un investisseur étranger sur deux (49 %) déclare avoir « réduit ou reporté (leurs) projets d’investissement en France à la suite de la dissolution ». Si aucune entreprise ne déclare avoir annulé ses projets dans l’Hexagone, 42 % des dirigeants estiment que l’attractivité du Royaume-Uni s’est améliorée par rapport à celle de la France malgré l’augmentation récente de la pression fiscale. Dans le détail, ce sont les « incertitudes législatives et réglementaires (59 % de taux d’inquiétude) et la difficulté à bâtir des business plans fiables » qui arrivent en tête des raisons de réduction des investissements dans l’Hexagone. Suivent ensuite « le ralentissement des réformes (simplification administrative, retraites, réindustrialisation, etc.) pour 47 % d’entre eux et une remise en question des décisions publiques dans des secteurs clés (40 %) » ainsi que « des préoccupations sur la situation budgétaire et économique du pays et le coût du travail (entre 20 et 30 %) ». Reste que ces décisions d’investissements ne sont pas mortes, mais seulement décalées dans le temps : 84 % des dirigeants interrogés indiquent ainsi avoir reporté leurs décisions d’investissements à 2025, au moins. Plus de 60 % des répondants prévoient de développer d’ici 2027 des activités de R & D ou de services en France. D’après l’étude, qui a interrogé 200 dirigeants d’entreprises à capitaux étrangers, cinq conditions sont nécessaires au maintien de leurs projets en France. Figurent tout d’abord la « compétitivité », suivie par la « réduction de la dépense publique » et la « réindustrialisation ». Les personnes interrogées estiment ensuite importante la notion de « décarbonation », c’est-à-dire de contribuer à simplifier et amplifier les dispositifs de cofinancement dédiés à cette mission et enfin les « compétences et l’innovation » dans la transformation numérique et la formation. « Malgré l’impact de la situation économique et politique, les dirigeants internationaux comptent toujours sur la France, explique Marc Lhermitte, associé EY et responsable au plan mondial du conseil des activités liées à la compétitivité et à l’attractivité. Face à l’Allemagne et au Royaume-Uni, ils y ont réinvesti grâce aux efforts de compétitivité et de stabilité engagés depuis dix ans. Pour continuer à créer de l’emploi et exporter à partir de la France, ils attendent une optimisation de la dépense publique, une poursuite du soutien à l’industrie, à la décarbonation et à la R & D ». Rappelons qu’au printemps dernier, la France arrivait en tête des pays les plus attractifs – pour la cinquième année consécutive – avec 1 194 projets d’investissements étrangers (contre 985 au Royaume-Uni et 733 en Allemagne) d’après le baromètre annuel d’EY.

Private equity – Optimisme prudent pour les fonds d’investissement

Un secteur en transition. Tel est le résumé de l’état à l’échelle mondiale du private equity selon la firme Dechert à l’occasion de la publication de son septième rapport annuel Global Private Equity Outlook 2025 réalisé en partenariat avec Mergermarket. Si l’activité est encore loin des niveaux de l’année 2021 et de début 2022 indique la note, des signes de stabilisation et d’amélioration se dégagent avec des fonds qui montrent une capacité à innover. Dans le détail, 93 % des décideurs interrogés envisagent des opérations de retrait de cote dans les 12 prochains mois, bien que le nombre de ceux ayant une « très forte probabilité » de réaliser ce type de transactions soit passé de 80 % à 44 % par rapport à l’année dernière. Presque un tiers (29 %) exprime « des doutes en zone EMEA quant à leur capacité à réussir une introduction en Bourse, et une société sur cinq s’inquiète de ne pas être en mesure de lever des fonds de continuation ». Ces réponses interviennent dans un contexte de surveillance accrue des régulateurs ce qui fait monter la pression auprès des dirigeants. Ainsi, 66 % des sociétés de private equity à l’échelle mondiale « s’attendent à ce que la surveillance accrue des autorités de concurrence et des régulateurs, ainsi que les contrôles des investissements étrangers (FDI), aient un impact négatif sur leurs plans de transactions au cours des 12 prochains mois ». « Les conditions de marché de 2024 ont encore été relativement difficiles, mais nous voyons émerger un sentiment d’optimisme, explique Sabina Comis, global managing partner de Dechert. Le système a été engorgé, les sorties n’ont pas eu lieu aussi souvent parce que les prix restaient trop élevés pour que les acheteurs puissent les intégrer dans leurs modèles. » Et l’associée fiscaliste d’ajouter : « Maintenant que les taux d’intérêt diminuent, les modèles commencent à mieux fonctionner et le cycle recommence à tourner. »


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Legal ops, un marché en éclosion

Delphine Iweins    Temps de lecture 6 minutes

La parution du premier livre sur le legal operations officer démontre que la fonction gagne du terrain dans les directions juridiques. Des incompréhensions sur son rôle – visant à simplifier la gestion quotidienne de ces dernières – restent toutefois persistantes.

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