Sagard a signé un accord avec LBO France pour le rachat d’Alvest, aux côtés de son management.
Alvest est un spécialiste des équipements aéroportuaires et de la distribution de pièces de rechange pour ces équipements. Avec 1 500 salariés, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 350 millions d’euros en 2014. Sagard accompagnera le groupe dans son développement dans les pays émergents, une pénétration accrue des marchés d’équipements militaires et le maintien des investissements R&D à un niveau élevé. LBO France avait repris la société en mars 2013 et en sort donc deux ans après. Sagard était conseillé par une équipe franco-américaine de Weil Gotshal & Manges avec, à Paris, David Aknin, associé, Gautier Elies, counsel, Guillaume Bonnard et Paul Leroy en corporate et due diligence juridique, James Clarke, associé, et Luc Bontoux en financement, Romain Ferla, associé, Flora Pitti-Ferrandi et Anne-Sophie Dalet en concurrence, et Frédéric Salat-Baroux, associé, sur les aspects réglementaires. Sagard avait également pour conseil CMS Bureau Francis Lefebvre, avec Dimitri Leboff, associé, et Sophie Mahy pour la due diligence et la structuration fiscales, Vincent Delage, associé, Xavier Cambier et Laure Soyer pour la due diligence sociale. LBO France était assisté par Mayer Brown, avec Xavier Jaspar, Nathalie Jalabert-Doury, associés, et Joséphine Fourquet. Hoche Société d’Avocats accompagnait le management, avec Jean-Luc Blein, associé, Quentin Fournier, counsel, Charlotte Fortin, Audrey Magny et Amandine Doury. De Pardieu Brocas Maffei conseillait les banques, avec Christophe Gaillard, associé, Jessica Derocque, Stéphanie Segal et Margaux Guennec.
Interview de Jérôme Guez, associé de LBO France
Comment s’est déroulé le processus de vente ?
Cette cession s’est déroulée dans un cadre consensuel avec le management. Depuis notre entrée au capital en mars 2013, Alvest avait très bien performé et nous avons atteint en deux ans et demi ce que nous avions prévu de faire en quatre ou cinq ans. Nous n’avions toutefois pas lancé de processus d’enchères, puisque nous n’étions pas pressés de vendre. Sagard a approché le management de la société et rapidement gagné sa confiance car il a perçu les atouts d’Alvest. Le prix proposé nous paraissait acceptable, étant donné que nous avons pu créer beaucoup de valeur en partenariat avec le management d’Alvest. Il nous paraissait donc opportun de saisir cette opportunité de vendre pour offrir de la liquidité à nos investisseurs. Cette transaction présentait l’avantage d’éviter un processus d’enchères qui est toujours une période de tension pour une entreprise.
De nombreuses opérations ont fait jouer la portabilité de la dette ces derniers mois. Est-ce le cas de cette transaction compte tenu de la rapidité de la revente par LBO France ?
Cette transaction ne s’est pas appuyée sur une dette portable. Nous avions remboursé une importante partie de la dette contractée lors de l’acquisition d’Alvest. De manière très classique, cette dette sera remboursée. Quant à Sagard, ils ont mis en place un financement bancaire classique, apporté par les principaux établissements de crédits de la place, signe de la qualité de l’actif.
Après Labeyrie, revendu au bout de deux ans, cette opération marque encore une sortie rapide de LBO France. Comment expliquez-vous cette rotation de votre portefeuille ?
Nos participations ont bien performé et nous avons atteint nos business plan plus rapidement que prévu. Lorsque l’objectif est atteint, il est normal de retourner de l’argent à nos investisseurs, en accord avec le management. Nous aurions de toute façon revendu la société sans doute six ou neuf mois après, nous avons donc saisi l’opportunité qui se présentait. Cette participation, que nous avions gagnée lors d’un processus d’enchères face à un fonds américain en 2012, illustre notre capacité à utiliser notre expertise dans le domaine aéronautique pour identifier les atouts et le potentiel d’Alvest, à gagner la confiance de son management, la conserver jusqu’à la sortie ainsi qu’à créer de la valeur notamment avec l’appui de notre équipe opérationnelle.
Comment se porte le marché du private equity en France actuellement ?
Le marché repart, car la confiance est revenue en France. Il est important de noter que les prix des actifs n’ont pas baissé, ce qui est positif puisqu’il n’y a rien de pire que la déflation. Le marché français du private equity est plutôt sain. Il a surmonté la terrible crise économique que nous venons de traverser. LBO France a bien sûr connu des difficultés sur quelques participations, toujours liées au retournement économique et non pas à des erreurs d’investissements. Mais cette période est derrière nous. Le reste de notre portefeuille a plutôt bien performé nous permettant ainsi de réaliser plusieurs belles sorties en 2014 et 2015. Nous regardons actuellement près d’une dizaine de dossiers à l’achat. Le marché recèle de suffisamment d’actifs de qualité en France pour alimenter les acteurs du private equity