La société de capital-investissement américaine Clayton Dubilier & Rice (CD&R) a été choisie par le groupe pharmaceutique français Sanofi pour acquérir une participation de contrôle de 50 % dans sa filiale grand public, Opella, qui produit notamment le Doliprane. Sous le feu des projecteurs, l’opération stratégique valorise Opella à environ 16 milliards d’euros.
Une dizaine de jours après avoir annoncé des négociations avec Clayton Dubilier & Rice (CD&R) en vue de lui vendre une participation de contrôle de 50 % dans sa filiale Opella, qui commercialise une centaine de médicaments sans ordonnances, dont le Doliprane, Sanofi va plus loin. Le groupe pharmaceutique français vient de confirmer l’entrée en négociations exclusives avec le fonds américain – qui gère près de 57 milliards de dollars (environ 53 milliards d’euros) – et ce, malgré les protestations publiques et plusieurs grèves dans ses usines. Toutefois, l’Etat – qui a dû réagir à cette annonce de l’arrivée d’un acteur nord-américain alors que les questions de souveraineté nationale deviennent prégnantes – a décidé de rentrer symboliquement au capital de la filiale, via Bpifrance, et devrait prendre une part de 1 à 2 %. Un accord tripartite a été conclu dans ce cadre entre Sanofi, CD&R et le gouvernement pour encadrer certains engagements pris par les deux premiers concernant l’avenir d’Opella. Dans une interview accordée mardi 22 octobre au journal Le Monde, le directeur général de Sanofi Paul Hudson reconnaît toutefois des « discussions difficiles » avec le gouvernement. Le fonds français PAI qui avait renchéri son offre à hauteur de 200 millions d’euros jeudi 17 octobre n’a pas réussi à s’imposer. Opella, qui emploie plus de 11 000 personnes et opère dans 100 pays, est la troisième entreprise mondiale sur le marché des produits en vente libre et des vitamines, minéraux et compléments alimentaires. La finalisation de la transaction est prévue au plus tôt pour le deuxième trimestre 2025, sous réserve de la finalisation des accords définitifs et de la conduite des processus sociaux ainsi que des approbations réglementaires. Clayton Dubilier & Rice est conseillée par Kirkland & Ellis avec Vincent Ponsonnaille, Laurent Victor-Michel et Emmanuel Enrici, associés, François Capoul et Amanda Levi Acobas, en corporate ; et Nadine Gelli, Louise Chappey et Sonia Bouaffassa, associées, en droit fiscal ; ainsi que par le cabinet Debevoise & Plimpton. Sanofi est épaulé par Bredin Prat avec Olivier Assant et Kate Romain, associés, en corporate ; Guillaume Léonard et Pierre-Alexandre Desgranges, en droit public ; et Marie-Cécile Rameau, associée, en droit de la concurrence ; ainsi que par Freshfields Bruckhaus Deringer avec Julien Rebibo, associé, Aïleen Legré, counsel, Aia Eid et Côme Le Brun, en corporate ; Vincent Daniel-Mayeur, associé, Louis-Antoine Jacquet, en droit fiscal ; Charlotte Colin-Dubuisson et Jérôme Philippe, associés, Laure de Chalendar et Anaïs Jennepin, en droit de la concurrence et de contrôle des investissements étrangers ; et Christel Cacioppo, associée, Elodie Favre-Thellmann, counsel, Matthias Triolle, en droit social ; avec des bureaux au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Allemagne ; ainsi que par Capstan Avocats sur certains aspects de droit social. Sanofi et sa filiale Opella sont par ailleurs accompagnés par DLA Piper sur les contrats opérationnels pour le désinvestissement industriel d'activités à l’international avec Sonia de Kondserovsky, associée, Marion de Galembert et Marion Abecassis, en sciences de la vie. Le conseil d’administration de Sanofi est conseillé par Darrois Villey Maillot Brochier.