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DEAL DE LA SEMAINE

Câblages : Latour Capital rachète Lynxeo à Nexans

Publié le 26 mars 2025 à 17h39

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

La société de gestion tricolore Latour Capital compte s’emparer de Lynxeo spécialisée dans les solutions de câblage auprès du groupe industriel Nexans pour 525 millions d’euros. L’opération doit encore recevoir des feux verts réglementaires dans une demi-douzaine de pays.

Changement de mains pour Lynxeo. L’entreprise, spécialisée dans la fourniture de solutions de câblage dans l’industrie, et baptisée jusqu’en novembre dernier Nexans Industry Solutions & Projects, s’apprête à être reprise par la société de gestion Latour Capital, qui a remporté les enchères du cédant Nexans. La finalisation de l’acquisition est envisagée pour le second semestre, sous réserve de l’obtention de feux verts réglementaires dans une demi-douzaine de pays. La transaction, d’un montant de 525 millions d’euros, doit permettre à Nexans d’opérer une stratégie de repositionnement en pure player de l’électrification. Latour Capital est épaulé par Paul Hastings avec Arthur de Baudry d’Asson, associé, Nicolas Lovas, of counsel, Moussa Mbodji, Mathilde Carré et Marie Forte, en corporate ; Camille Paulhac, associé, Milica Antic, en antitrust ; et Charles Filleux-Pommerol, associé, Laëtitia Mingarelli, en droit fiscal ; par Weil Gotshal & Manges avec Jean-Christophe David, associé, Constance Frayssineau, Cassien Beudet et Marc-Aurèle Berret, en financement ; ainsi que par BerryLaw pour les due diligences avec Romain Franzetti et Angélique Vibert, associés, Emmanuelle Carreira, en juridique ; et Pierre Bouley, associé, Annaelle Lousquy, counsel, Albin Stefanski, en droit fiscal. Nexans est conseillé par Bredin Prat avec Olivier Assant et Florence Haas, associés, Margaux de Bourayne et Thomas Delacour, en corporate ; Anne Robert, associée, Kevin Guillou, Rima Jirari et Pauline Meyrueis, en droit fiscal ; Guillaume Léonard, counsel, Ilia Tushishvili, en droit public ; Marie-Cécile Rameau, associée, Anna Spasojevic, en concurrence ; Karine Sultan, associée, Jessim Djama, en financement ; et Juliette Crouzet, counsel, Sarah Gicquel, Félix Marolleau et Timothée Guichoux, en droit du numérique et propriété intellectuelle. Les prêteurs sont assistés par A&O Shearman avec Thomas Roy, associé, Jonas Brucker, Yasmine Sefraoui, Antoine Duez et Mohamed Taha Touzani, en financement.

Le conseil de Latour Capital : Arthur de Baudry d’Asson, associé chez Paul Hastings

Quelles sont les spécificités du deal ?

Une des particularités du rachat par Latour Capital de Lynxeo auprès de Nexans réside dans la gestion simultanée de nombreux chantiers, tant en France qu’à l’international, dans un délai remarquablement court : moins d’une semaine. Concrètement, l’acquéreur va racheter simultanément des sociétés en râteau de la cible dans une quinzaine de juridictions. Cette opération, qui s’inscrit dans le cadre d’un processus compétitif, a été rendue possible par une relation de confiance forte établie entre Nexans et Latour Capital très tôt dans le processus ainsi qu’une bonne entente avec les avocats de Nexans avec qui nous avions déjà fait plusieurs opérations de carve-out. La finalisation du deal en quelques jours a été par ailleurs possible parce que Nexans avait travaillé depuis deux ans sur le détourage de Nexans Industry Solutions & Projects devenue Lynxeo en novembre dernier. Outre Latour Capital, des investisseurs institutionnels de Latour (LPs) prennent part également à l’opération, tout comme le management de Lynxeo qui investit aux côtés de Latour Capital.

Comment l’opération est-elle structurée et financée ?

Le montage est structuré classiquement autour d’une holding de tête de droit français créée pour les besoins du projet et contrôlée par Latour Capital, le management de Lynxeo ayant investi au capital de cette entité. Un prêt senior à long terme de type « Term Loan B » a été mis en place auprès des prêteurs. En plus de la mise en place d’un financement d’acquisition classique, il a été nécessaire d’organiser un financement pour couvrir la dette fournisseur. La question de la police d’assurance de garantie et d’indemnité (WI) a été aussi un enjeu majeur. Nous avons dû obtenir une couverture satisfaisante compte tenu des exigences des assureurs en matière d’audit dans certaines juridictions, ce qui a conduit à la réalisation d’audits supplémentaires plus approfondis.​​​​

Quelles sont les prochaines étapes réglementaires ?

L’opération sera soumise aux autorités de concurrence et de contrôle des investissements étrangers dans une demi-douzaine de pays sur plusieurs continents. Nous n’anticipons toutefois pas de risques particuliers et sommes confiants. Nous espérons finaliser la réalisation du deal au second semestre.

Après une période compliquée, est-ce le retour du large cap dans le private equity ?

Nous assistons au retour d’opérations importantes en France, même si cela semble être moins le cas aux Etats-Unis ou en Angleterre. Le pipeline de transactions françaises supérieures à un milliard d’euros est plus fourni que l’année dernière, et les conditions de financement bancaires sont favorables.


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