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M&A – Private equity : les acteurs « confiants » mais prêts à repositionner leur stratégie
Malgré les nuages, et la nécessité de se repositionner, la confiance est bien présente à l’orée de 2026. Telle est l’une des conclusions du rapport du cabinet d’avocats américain Ropes & Gray intitulé « Growth, Innovation and Resilience : What to Expect from Private Equity in Europe in 2026 » et publié mi-novembre. Dans le détail, un acteur du private equity sur cinq en Europe (20,1 %) prévoit de « repositionner » sa stratégie au cours des 12 prochains mois, une proportion qui monte même à 21,3 % auprès des personnes interrogées spécifiquement en France. Mais quid de ce pivot ? Les groupes les plus importants comptent sur la consolidation ainsi que sur le renforcement de leur expertise, tandis que les acteurs plus modestes misent sur la différenciation et sur la spécialisation. La quasi-totalité (94,1 %) des responsables interrogés – près de 750 personnes dans une douzaine de pays en Europe ainsi qu’au Royaume-Uni – s’attend à un volume de transaction en croissance dans l’année qui vient. Un peu moins d’un sur deux (45,2 %) anticipe même un volume « significativement » plus important sur les 12 prochains mois. Dans l’Hexagone, près de la moitié des acteurs français sondés se dit même (49,3 %) « très confiant » pour l’année à venir. Dans le contexte actuel, plutôt surprenant, non ? Pas tant que ça. D’après l’étude de la Law firm de Boston, les Américains sont friands du private equity « made in Europe » et pour cause : un volume record de 1 100 milliards de dollars de capitaux est disponible (« dry powder »), soit environ 950 milliards d’euros ! La régulation sur le Vieux Continent et au Royaume-Uni, elle, demeure un défi pour un répondant sur cinq (21,4 %). « Les actifs européens attirent beaucoup l’attention des investisseurs américains pour diverses raisons. Les valorisations relatives constituent certainement l’un des principaux éléments à prendre en considération, les actifs dans l’Union européenne offrant généralement des valorisations moins élevées et un retour sur investissement plus important », explique Fabrice Cohen, associé, managing partner du bureau parisien de Ropes & Gray, implantation ouverte en début d’année (ODA du 26 novembre 2024) et dont l’effectif a récemment grossi à la faveur de l’arrivée de deux associés transfuges de Linklaters en fiscalité transactionnelle et structuration de fonds (ODA du 5 novembre 2025). Et l’avocat, également co-responsable de l’activité private equity en Europe, d’ajouter : « Ainsi, à la question “Où trouver de la valeur ?”, l’Europe apporte aujourd’hui une réponse assez convaincante. »
IA – Partenariat entre le gouvernement et Doctrine pour les juristes de l’Etat
L’Etat se rapproche de la plateforme juridique Doctrine pour ses fonctionnaires. Le Gouvernement a conclu mardi 25 novembre, lors du Sommet Adopt AI à Paris, un partenariat avec l’entreprise française spécialisée en intelligence artificielle juridique. Objectif revendiqué : moderniser les outils de travail des administrations publiques dans ce domaine. Ce déploiement, qui s’accompagnera d’une démarche de formation des agents, interviendra avec une phase pilote ciblant des besoins prioritaires des juristes de la fonction publique. Il faut dire que Doctrine devient de plus en plus importante. La société a tout récemment racheté sa concurrente Predictice, spécialisée dans les logiciels et bases de données juridiques alimentés par l’intelligence artificielle et née, comme elle, en 2016, pour un montant qui avoisinerait les 20 millions d’euros. Il s’agissait de sa quatrième acquisition en deux ans (ODA du 24 septembre 2025). Cette alliance stratégique avec l’Exécutif intervient alors que le gouvernement mise de plus en plus sur des solutions tricolores. « Sceller des partenariats public-privé avec des entreprises françaises innovantes, c’est aussi rendre notre commande publique plus efficace et plus souveraine », a expliqué David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, qui a signé le partenariat avec Guillaume Carrère, président de Doctrine, en lien avec Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Reste à rappeler toutefois que Doctrine, qui a été sanctionnée à hauteur de 370 000 euros « pour concurrence déloyale » en mai dernier – liée à un conflit ancien avec des éditeurs de presse juridique autour notamment de la collecte des décisions – n’est plus 100 % made in France. Depuis deux ans, c’est le fonds américain Summit Partners qui en a pris le contrôle, aux côtés de Peugeot Invest… (ODA du 12 avril 2023).