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DEAL DE LA SEMAINE

Hydrogène vert : H2V et Hy2gen s’allient à Fos-sur-Mer

Publié le 28 mai 2025 à 14h17

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

Le producteur d’hydrogène français H2V lance une coentreprise avec son homologue allemand HY2gen afin de faire sortir de terre l’usine H4 Marseille Fos. D’un coût d’un milliard et demi d’euros et dédié à la production de carburant d’aviation durable, le projet qui intervient dans un contexte géopolitique incertain sera opérationnel à partir de 2030.

Le couple franco-allemand, le secret d’une future réussite de l’hydrogène dans l’aviation ? En tout cas, le producteur tricolore d’hydrogène vert H2V, filiale de Samfi-Invest, vient de créer un consortium avec Hy2gen, acteur d’outre-Rhin de la production de carburants durables, pour le projet H4 Marseille Fos. Celui-ci est soutenu notamment par le Grand Port Maritime de Marseille, Technip Energies et Hy24, laquelle est elle-même une coentreprise entre Ardian et FiveT Hydrogen, spécialisée dans la gestion de fonds dédiés à l’hydrogène. Objectif de cette initiative d’un montant d’un milliard et demi d’euros : la production de carburant de synthèse à partir d’hydrogène bas carbone pour le secteur de l’aviation. L’usine, annoncée parmi les investissements présentés lors du sommet Choose France organisé par l’Elysée le 19 mai, devrait créer 165 emplois directs et être opérationnelle pour 2030. H2V est assisté par Hogan Lovells avec Christine Le Bihan-Graf, associée, Maxime Gardellin et Hadrien Lemoine, en réglementaire et droit de l’énergie ; Matthieu Grollemund, associé, Gautier Valdiguié et Romane Da Cunha, en corporate ; Xenia Legendre, associée, Alexis Caminel, counsel, Martin Machu et Marine Plançon, en droit fiscal ; Baptiste Camus, en droit social ; Mikael Salmela, associé, Floriane Cadio de Kermainguy et Charlotte Haddad, en droit commercial ; Michaël Lévy, associé, Alice Houdart et Julie Paladian, en droit immobilier ; et Stanislas Roux-Vaillard, associé, Anna Revidi, en propriété intellectuelle ; ainsi que par Racine Avocats avec Maud Bakouche, associée, Elsa Dufaut et Léopoldine Mauvais, en corporate ; Sylvain Bergès, associé, en projets ; Quentin Cournot, associé, en droit fiscal ; et Barna Evva, associé, en financement. Hy2gen est accompagné par Gide avec Alexis Pailleret, associé, Chloé Bouhours, counsel, Sophia Messedi, en M&A/private equity ; et Marie Bouvet Guiramand et Bénédicte Mazel, associées, Emma George, sur les aspects projets et droit de l’énergie.

Le conseil de H2V : Christine Le Bihan-Graf, associée chez Hogan Lovells

Quelles sont les spécificités de cette opération ?

Cette alliance d’initiative privée entre le Français H2V et l’Allemand Hy2gen s’inscrit dans le contexte du règlement européen « ReFuelEU Aviation » de 2023 qui va contraindre les compagnies aériennes d’ici 2040 à ce qu’au moins 10 % de leur carburant soit renouvelable et bas carbone. Nous sommes, par ailleurs, dans une période au cours de laquelle les jeunes générations sont de plus en plus sensibles au « verdissement » du secteur aérien. Pour ces différentes raisons, il est crucial que la France possède sur son territoire un tel projet. Produire à partir d’hydrogène ce carburant bas carbone pour le secteur de l’aviation (Sustainable Aviation Fuel ou SAF) est en effet un enjeu de souveraineté industrielle et H4 Marseille Fos vise à y répondre.

Comment le deal est-il structuré ?

Une coentreprise de droit français est créée entre les deux partenaires H2V et Hy2gen, lesquels ont vu leurs actionnaires respectifs faire un effort financier afin de soutenir le projet. Cette alliance avec un acteur allemand en particulier s’explique par le « track record » de ce dernier dans l’industrie de l’hydrogène. Autour d’eux, de nombreux partenaires publics et privés soutiennent l’initiative : chacun d’entre eux pourrait devenir client ou prestataire de l’entreprise, en consommant du SAF ou en le distribuant notamment. Alors que plusieurs initiatives dans la filière hydrogène ont été retardées voire abandonnées en France, cette large alliance d’acteurs industriels et publics – locaux, régionaux et nationaux – autour de deux groupes constitue une forte plus-value. Ces partenaires doivent maintenant confirmer leur investissement d’ici à la fin du premier semestre 2027, l’objectif étant que l’usine soit opérationnelle en 2030.

Quels en ont été les défis ?

Outre le fait que ce secteur de l’hydrogène est scruté par les pouvoirs publics avec des attentes fortes pour la décarbonation, les due diligences ont été particulièrement variées et complexes. Le partenaire allemand a dû, par exemple, s’assurer que les nombreuses autorisations administratives requises étaient identifiées et obtenues. Cette technologie de production du SAF nécessitant l’installation d’électrolyseurs puissants sur les terrains qui accueilleront l’usine, il a été aussi nécessaire de s’assurer de la bonne conformité des installations aux autorisations ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). Par ailleurs, la sécurisation de l’approvisionnement en électricité constituait un sujet important, avec des besoins croissants dans les années à venir dans un secteur, celui de Fos-sur-Mer, en fort développement et où coexistent de nombreux projets qui imposeront dans le futur la création par le gestionnaire de réseau de transport (RTE) d’une ligne à haute tension. Pour que H4 Marseille Fos réussisse sur le long terme, un défi futur portera sur l’arrivée d’autres investisseurs, notamment institutionnels.


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