Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.
Qui la dirige
Mettre le droit au service du business, en faire un outil pour aider les opérationnels à mener à bien leurs projets, voilà ce qui anime Edouard de Kervénoaël dans son quotidien de directeur juridique. Mais avant d’évoluer en entreprise, c’est au sein des cabinets d’avocats que ce diplômé d’un DEA en droit de l’entreprise de Paris Dauphine et d’un DJCE de Cergy Paris Université commence sa vie professionnelle, faisant ainsi écho à la carrière de sa mère. Une première collaboration chez Fidal en 2003, puis au sein de différentes boutiques, lui permettent de forger sa pratique en droit des marques qu’il continue d’étoffer au sein de Deprez Guignot & Associés qu’il intègre fin 2007. Alors détaché au sein de l’e-commerçant Pixmania, il prend goût à son nouvel environnement de travail et en devient responsable juridique en 2009. Six ans plus tard, il quitte la société à la suite de sa cession dans le cadre d’un redressement judiciaire, pour rejoindre quelques mois plus tard l’enseigne d’ameublement Ikea comme directeur juridique France. « Avec l’appui de trois collaborateurs, nous gérions tout le juridique à l’exception du fiscal et du social, des contrats aux contentieux en passant par le rappel des produits défectueux, raconte-t-il. Je me déplaçais par ailleurs régulièrement dans les magasins afin d’épauler les directeurs sur leurs différentes problématiques. » En 2019, à la suite de l’appel d’un chasseur de têtes, il accepte le poste de directeur juridique du Bureau National Interprofessionnel du Cognac, poussé par la curiosité et une envie familiale de déménagement en région. Si l’expérience lui permet de mettre pleinement à profit ses compétences en droit de la propriété intellectuelle, notamment pour défendre l’appellation « Cognac », son aspect politique le séduit moins. C’est ainsi qu’en 2022, fort de son expérience dans l’univers des spiritueux, il retrouve le monde de l’entreprise et la vie parisienne, en devenant directeur juridique de La Martiniquaise Bardinet. Générant 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, le groupe de 3 000 salariés est à la tête de près de 70 marques d’alcool dont le whisky Label 5, la vodka Poliakov et le rhum Négrita.
Comment elle s’organise
« Mon recrutement est lié à une création de poste puisque auparavant les fonctions juridiques existaient uniquement au niveau des filiales », précise Edouard de Kervénoaël. C’est donc entouré de la juriste responsable de la marque Bardinet, également en charge des sujets assurances et IP, et de la juriste de la société cotée Marie Brizard, qu’il suit les différentes matières du droit à l’exception du social et du fiscal ; deux autres professionnels complétant l’équipe au sein de filiales étrangères. Edouard de Kervénoaël suit en particulier les opérations M&A comme l’acquisition en 2023 du gin Generous, les sujets de compliance avec la mise en place d’un code de conduite pour répondre aux obligations de la loi Sapin 2, ou encore les dossiers immobiliers. « J’interviens également en soutien des opérationnels lors des négociations des conditions annuelles avec les enseignes de la grande distribution, témoigne-t-il. C’est un moment phare pour tous les fournisseurs où nous devons être disponibles à 100 % pour faire face à un éventuel litige et relire les documents contractuels. » En parallèle de la gestion des différents dossiers, le directeur juridique a aussi structuré son service avec la création d’une bibliothèque de contrats et la mise en place de plusieurs outils digitaux, à l’image de la signature électronique de DocuSign et les solutions de contract management de Gino Legal.
Comment elle se positionne
Le directeur juridique est directement rattaché au PDG Jean-Pierre Cayard. Membre du comité stratégique, il est également secrétaire du conseil d’administration de Marie Brizard, l’entité étant cotée sur le second marché. Au sein du groupe, Edouard de Kervénoaël essaie de populariser sa fonction, celle-ci restant assez récente : « Mon rôle consiste à la fois à défendre l’entreprise et à rendre le travail des équipes le plus fluide possible, insiste-t-il. J’essaie de m’inscrire dans une démarche proactive, en allant voir les opérationnels régulièrement. » Outre le recueil des besoins et interrogations de chacun, ces rencontres visent à faire passer un message : « Je ne suis pas un empêcheur de tourner en rond. Mon objectif est de transmettre une approche positive du droit », affirme-t-il.
Qui la conseille
Le groupe de spiritueux se fait accompagner par le cabinet Didier avec Philippe Didier, associé, pour les opérations de M&A ; par Ydès avec Frédéric Plottin, associé, pour les sujets corporate et fiscaux ; ainsi que par Mireille Dany, associée, pour les négociations commerciales. La Martiniquaise Bardinet est également conseillée par le cabinet Alérion avec Philippe Mathurin et Fahima Gasmi, associés, en matière d’immobilier et d’urbanisme ; ainsi que par Sibylle Mareau, associée, pour la gestion des contentieux.