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Emploi – Le marché du recrutement juridique et fiscal demeure résilient en 2024
Malgré un contexte économique et géopolitique incertain, le marché du recrutement juridique et fiscal est resté « résilient » en 2024 : si la part des CDI a baissé de cinq points – passant de 80 % en 2023 à 75 % un an après – les créations de postes ont été plus nombreuses (+ quatre points) pour représenter 41 % des recrutements. C’est ce qui ressort du dernier baromètre du cabinet spécialisé Fed Legal qui estime que cette dernière hausse « s’est réalisée au détriment des remplacements alors que les embauches pour accroissement d’activité se sont maintenues au même niveau qu’en 2023, à hauteur de 10 %. Malgré tout, le remplacement, avec 49 % des recrutements réalisés, demeure le premier motif d’embauche des juristes et fiscalistes. » L’année 2023 avait été de son côté synonyme d’une réduction du nombre de créations de postes en CDI pour les juristes et les fiscalistes avec un accroissement à l’époque de l’intérim faisant revenir ce mode d’embauche à des niveaux connus en 2020 et 2021 (ODA du 14 février 2024). Et quid du marché en 2025 ? Le cabinet anticipe « une demande soutenue sur des postes stratégiques, notamment en M&A, en fiscalité, en projets internationaux (dans les infrastructures et l’énergie) ainsi que dans les fonctions liées à la compliance et à la conformité en banque et en assurance ». L’étude détaille ainsi que les placements sur les postes liés à la compliance et à la conformité ont fortement augmenté (+ 17 %), tout comme en fiscalité internationale (+ 13 %). La demande pour des fonctions plus généralistes, comme les juristes d’entreprise débutants, est restée stable, voire en légère baisse. D’après l’étude, les demandes des clients désireux d’embaucher ont par ailleurs évolué. Ainsi certains d’entre eux formulent des attentes nouvelles comme « davantage de polyvalence de candidats » mais aussi des « modèles de facturation innovants ou flexibles, notamment dans le cadre de contrats à durée déterminée ». Du côté des candidats, le baromètre souligne que certains candidats ont commencé à modérer leurs attentes salariales, notamment les plus jeunes dans un contexte de pénurie de talents qualifiés. Reste que pour les profils rares (seniors disposant d’expériences managériales), « les exigences restent élevées, particulièrement ceux qui évoluent dans des environnements internationaux ».
Régulation – L’attractivité de la place de Paris, une priorité pour l’AMF en 2025
L’année qui s’ouvre s’inscrit dans la continuité concernant les priorités de fond de l’Autorité des marchés financiers (AMF) : l’attractivité de la place de Paris et l’Union de l’épargne et de l’investissement demeurent les deux fils rouges. L’institution parisienne souhaite continuer d’« accompagner le développement des fonds investis dans le non-coté, avec l’objectif d’assurer une plus grande lisibilité et attractivité de ces gammes de fonds. » Elle précise qu’elle lancera également une réflexion sur le statut et le fonctionnement des organismes de titrisation, en complément des travaux européens. Le gendarme financier compte par ailleurs ne pas surtransposer les textes européens dans un contexte post-élection outre-Atlantique. « En ce début d’année 2025, le risque de découplage économique et financier entre l’Europe et les Etats-Unis est source d’inquiétude, a déclaré la présidente de l’AMF, Marie-Anne Barbat-Layani, à l’occasion de la présentation de ses vœux à la presse. Ce doit être un électrochoc pour maintenir la mobilisation pour la place de Paris, et pour un sursaut de l’Europe en faveur du développement de ses marchés de capitaux. L’AMF soutiendra le projet d’Union de l’épargne et de l’investissement, avec pour priorités une supervision européenne directe plus large et une contribution à l’effort européen de simplification », ajoute celle qui a pris ses fonctions à l’automne 2022. Parmi les autres priorités, le régulateur explique vouloir accompagner avec « pragmatisme et compréhension les acteurs dans la mise en œuvre de la directive sur le reporting de durabilité des entreprises » (CSRD), tout comme la mise en œuvre du standard européen sur les obligations vertes. L’institution souhaite aussi continuer de « promouvoir une clarification et une simplification du règlement sur la publication des informations de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR) ». A propos de l’intelligence artificielle, elle indique qu’elle établira d’ici la fin de l’année une stratégie en la matière.