Dans la lignée d’un renforcement à l’échelle européenne, Herbert Smith Freehills Kramer (HSF Kramer) étoffe son département Concurrence en France, dirigé par Sergio Sorinas, en faisant venir une seconde associée. Il s’agit de Laurence Bary, qui officiait jusque-là chez Dechert.
Alors que le droit de la concurrence est régulièrement sous le feu de l’actualité avec des dossiers à forts enjeux et des amendes record, Herbert Smith Freehills Kramer (HSF Kramer) poursuit sa stratégie de développement à Paris. Le responsable de la pratique Concurrence, Régulation et Commerce dans l’Hexagone, Sergio Sorinas, pourra désormais compter sur Laurence Bary, qu’il avait côtoyée chez Cleary Gottlieb entre 2010 et 2018. La quadragénaire arrive de Dechert, où elle officiait en tant qu’associée depuis sept ans. « L’antitrust est en plein essor. Beaucoup de cabinets cherchent à se renforcer et HSF Kramer voulait muscler son pôle parisien, sur un marché particulièrement dynamique où l’Autorité de la concurrence française est très active », explique la nouvelle recrue, désormais 38e associée du bureau parisien. Cette dernière souligne que la firme « dispose en Europe d’une forte pratique antitrust, très complémentaire de la (sienne), centrée sur le digital, les secteurs innovants, la défense & space et les sciences de la vie ».
Spécialiste du droit de la concurrence européen et français, Laurence Bary intervient notamment sur des contentieux en matière de pratiques anticoncurrentielles et de contrôle des concentrations, devant la Commission européenne, l’Autorité de la concurrence française ainsi que devant les juridictions nationales et européennes. Elle compte parmi ses clients ArianeGroup, Airbus ou encore Google. « Ma valeur ajoutée est une solide expérience dans le digital, ayant accompagné plusieurs grandes entreprises du digital dans des enquêtes majeures, devant la Commission européenne comme en France, précise la Normalienne en lettres et sciences humaines, diplômée de Sciences Po Paris et d’un master 2 en droit européen des affaires de l’université Paris-Sud, qui revendique un parcours atypique. « Les autorités sont notamment attentives à ce que les pratiques ne freinent pas l’innovation, dans un contexte où l’on souligne le retard de l’Europe face aux Etats-Unis. » Sa pratique bénéficie de nombreuses synergies avec les bureaux de Londres et de Bruxelles d’HSF Kramer. « En matière de risques concurrentiels, le digital reste au centre des préoccupations en France comme en Europe. Pour les acteurs du secteur, plusieurs enjeux majeurs se dessinent : la divergence possible entre le droit américain et européen sous l’administration Trump, mais aussi les défis liés au développement de l’intelligence artificielle, très consommatrice en ressources, avec des acteurs de plus en plus puissants dans le cloud et les semi-conducteurs », ajoute Laurence Bary. Dans ce contexte globalisé, la France occupe une position stratégique. « Il est souvent reproché aux autorités de concurrence de manquer de réactivité face à des marchés en constante évolution. L’Autorité française se distingue toutefois par son recours aux mesures conservatoires, qui lui permettent souvent d’agir plus vite que la Commission ou ses homologues européennes. C’est ce qu’elle a cherché à faire par exemple avec Google et les droits voisins, où elle a utilisé cet outil pour être la première à intervenir », rappelle l’avocate.