Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.
Concurrence – Google réussit à ne pas être démantelé
Attendue de longue date, la décision concernant le moteur de recherche de Google est finalement tombée. La firme de Mountain View, accusée de monopole par le ministère de la Justice américain, ne sera pas démantelée et n’aura pas à céder Chrome. Telles sont deux des éléments marquants de la décision de 230 pages d’un juge fédéral annoncée mardi 2 septembre. Pour ce dernier, Amit Mehta, obliger Google à céder son moteur de recherche après que ce dernier a investi des milliards de dollars aurait été source d’un grand « désordre ». Chrome suscitait pourtant la convoitise : le groupe d’intelligence artificielle Perplexity.ai n’avait pas hésité au cœur de l’été à proposer de débourser 34,5 milliards de dollars (environ 29,6 milliards d’euros) pour s’offrir l’outil et ses trois milliards d’utilisateurs. Surtout, Google peut maintenir son contrat avec Apple qui permet à ce dernier de distribuer le moteur de recherche de Google sur son navigateur Safari et lui rapporte 20 milliards de dollars par an (environ 17,5 milliards d’euros). En France et en Europe, Google est régulièrement attaqué par les autorités réglementaires. L’Autorité de la concurrence avait infligé en 2021 au géant américain une sanction de 500 millions d’euros pour le non-respect de plusieurs injonctions prononcées à son encontre en avril 2020, concernant la rémunération due aux éditeurs et agences de presse pour la reprise en ligne d’extraits de leurs contenus couverts par les droits voisins (ODA du 21 juillet 2021). Il y a sept ans, la Commission européenne avait aussi infligé une amende record de plus de 4,34 milliards d’euros à Google pour abus de position dominante, estimant que le groupe avait utilisé son système d’exploitation Android pour consolider la position dominante de son moteur de recherche (ODA du 29 août 2018).
Private equity – En dépit de l’instabilité politique, de nombreuses cessions à venir
Les turbulences politiques vont-elles freiner les cessions des participations de fonds ? La réponse est négative d’après Les Echos qui estiment que près de 15 milliards d’euros au moins de ventes sont en préparation. Parmi les cibles citées figure ainsi le groupe tricolore du diagnostic médical Sebia, qui devrait engager une recomposition de son capital pour une valorisation qui pourrait atteindre au global jusqu’à 7 milliards d’euros. Le processus de vente mené par la banque Center View concernerait 20 à 40 % du capital. Stago, qui est un spécialiste du diagnostic, serait également en vente et aurait attiré des acteurs notables du private equity à l’instar de Blackstone, PAI, CVC, nous apprend toujours le quotidien économique, qui cite également le producteur d’ingrédients alimentaires Solina, actuellement détenu par Astorg, lequel aurait mandaté Goldman Sachs. Le spécialiste tricolore en biosécurité et sécurité alimentaire Kersia, 3 000 salariés, est également concerné avec une valorisation entre 2 et 3 milliards d’euros. A la fin de l’année passée, nombre d’investisseurs avaient pourtant été largement refroidis par l’annonce présidentielle de dissolution et l’instabilité gouvernementale qui en a découlé, d’après une édition spéciale du baromètre de l’attractivité du cabinet de conseil EY. Celle-ci indiquait que près d’un investisseur étranger sur deux (49 %) déclarait avoir « réduit ou reporté (leurs) projets d’investissement en France à la suite de la dissolution ». Ce sont les « incertitudes législatives et réglementaires (59 % de taux d’inquiétude) et la difficulté à bâtir des business plans fiables » qui arrivaient en tête des raisons de réduction des investissements dans l’Hexagone (ODA du 20 novembre 2024). Comme le résume toutefois un banquier aujourd’hui, cité par Les Echos et qui parle d’un contexte de « permacrise » : « L’objectif est d’être préparé au maximum, bien en amont, et quand on se lance, ça va très vite. » Reste que pour être vendu, les actifs doivent être de qualité, international, avec un modèle économique capable de résister aux années futures, au risque de donner beaucoup de travail aux avocats… en restructuring.