Le groupe de salles de fitness montpelliérain reprend le réseau parisien Cercles de la Forme auprès de ses fondateurs et de Montefiore Investment, qui était entré en 2017. L’opération intervient dans un contexte de forte ébullition pour le secteur dans l’Hexagone après une période difficile liée à la crise du Covid.
Opération de concentration dans le domaine des salles de sport. Le groupe occitan Wellnest Society fait l’acquisition des Cercles de la Forme, réseau de 26 établissements dans la capitale, auprès de ses fondateurs historiques et de Montefiore Investment, fonds qui était devenu actionnaire en 2017 à hauteur de 60 % lorsque la société parisienne comptait encore 15 clubs. Le nouvel acquéreur, qui revendique 40 millions d’euros de chiffre d’affaires, n’est pas un néophyte dans le domaine du sport en salles : son cofondateur, l’entrepreneur et franchisé Abdenbi Amirache, a repris le réseau Keep Cool en 2020 puis Neoness en 2022. Associé à Marcel Katz, président du fonds Martek, il compte désormais avec ce rachat une quarantaine d’établissements et ambitionne d’en ouvrir une dizaine supplémentaire dans l’année à venir. L’opération intervient alors que le marché du fitness est actif et porteur après une période difficile née de la crise du Covid avec un développement effréné des géants du secteur tels que le Hollandais Basic-Fit qui dépasse désormais le millier de clubs dans l’Hexagone. De son côté, Fitness Park, groupe tricolore spécialisé dans l’exploitation et la franchise de clubs de fitness en France, a obtenu récemment un financement unitranche de 280 millions de Carlyle Global Credit, la branche crédit du gestionnaire d’actifs alternatifs Carlyle. Le produit du financement sera utilisé notamment pour refinancer la dette et accélérer la croissance à long terme de Fitness Park à travers des acquisitions en France et à l’international (ODA du 18 juin 2025). Wellnest Society est conseillé par Gide avec Paul Jourdan-Nayrac, associé, Julien Negroni, counsel, Andreea Raileanu, en corporate ; Paul de France, associé, Manon Lorthiois, en droit fiscal ; Nathalie Benoit, associée, Jade Beriot, en financement ; Bénédicte Perrier-Walckenaer, en droit social ; et Marie Pastier-Mollet, associée, Paul Cheysson, en droit immobilier. Montefiore Investment est assisté par Proskauer Rose avec Jeremy Scemama, associé, Aymeric Robine, counsel, Philippine Rakover, en M&A/private equity ; et Gwenaël Kropfinger, associé, Maxime Dussartre, en droit fiscal. Bertrand Bonelli, fondateur, ancien dirigeant et actionnaire minoritaire, est accompagné par Cornet Vincent Ségurel avec Emmanuel Mansillon, associé, Victoire Miniscloux, en corporate M&A.
Le conseil de Wellnest Society : Paul Jourdan-Nayrac, associé chez Gide
Quelles sont les spécificités de cette opération ?
Ce rachat se distingue par une double caractéristique : Wellnest Society réalise l’acquisition des Cercles de la Forme via une opération à effet de levier (LBO), mais l’actionnaire Montefiore Investissement et des fondateurs de la cible sortent intégralement sans réinvestir. En d’autres termes, nous avions deux types d’opérations concomittantes, l’une de private equity et l’autre de M&A classique. Bien que la vente ait été initiée dans le cadre d’un processus concurrentiel, Wellnest Society est rapidement entré en négociations exclusives.
Comment l’opération est-elle structurée et financée ?
Le rachat, qui s’est conclu en quatre mois, est réalisé via un véhicule d’investissement constitué à cet effet, dont les principaux actionnaires sont les familles Amirache et Rivez et le fonds Martek, les premiers apportant une expertise sectorielle et le second ayant un profil financier. La dette a été assurée par un pool bancaire composé de CIC Est et Banque Populaire Méditerranée. Il inclut par ailleurs un financement additionnel destiné à soutenir de futures opérations de croissance externe dans le secteur.
Quels ont été les défis ?
Le périmètre de rachat concernait 26 clubs détenus par 17 filiales, le tout formant un ensemble qu’il était nécessaire de redynamiser. Il a donc fallu réaliser un audit approfondi des actifs afin de dresser un état des lieux précis de la santé du groupe ainsi que des risques d’une telle opération. Plus largement, gérer une opération M&A ainsi qu’un LBO concomitamment constitue un défi important. Les négociations ont par ailleurs été intenses, ce qui peut refléter le contexte actuel du marché.
S’oriente-t-on vers un rapprochement du secteur ?
Si le secteur du fitness est dynamique en France, il est à noter que les Anglo-Saxons ont plusieurs années d’avance sur nous en la matière dans les concepts et dans la consolidation également. Il faut rappeler aussi que la crise du Covid a profondément impacté les salles de sport, ce qui a eu pour conséquence d’en fragiliser grandement certaines mais aussi de refroidir l’appétit de plusieurs investisseurs financiers. En conséquence, il est peu probable que les acteurs mid-cap se lancent dans des investissements massifs dans l’Hexagone à court terme. Ceux-ci pourraient davantage être dans une logique d’investir dans des cibles clés à l’étranger avant de procéder à une politique de build-up dans l’Hexagone et donc de consolidation.