Exit la fonction publique et Bercy pour Pierre-Olivier Chotard qui pilotait depuis deux ans et demi le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). L’énarque, qui rejoint désormais la banque d’affaires Rothschild & Co, est remplacé par Guillaume Primot en tant que secrétaire général de l’organisme à la manœuvre ces derniers mois sur les dossiers Atos ou Casino.
Alors que la hausse des défaillances d’entreprises s’est poursuivie sur le premier trimestre avec 17 897 sociétés entrées en procédure judiciaire, soit + 2,3 % par rapport aux trois premiers mois de l’année 2024, selon le Centre national des administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires (CNAJMJ), le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) enregistre l’arrivée d’un nouveau secrétaire général. Il s’agit de Guillaume Primot, chef de bureau coordination et stratégie européenne depuis deux ans à la Direction générale du Trésor, en charge de la préparation des Conseils affaires économiques et financières (Ecofin) qui rassemblent les ministres de l’Economie et des Finances des Etats membres de l’Union européenne (UE). Le diplômé de l’Ecole nationale supérieure de techniques avancées (Ensta Paris) et titulaire d’un master 2 mathématiques appliquées/économie/finance de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne a commencé sa carrière en 2011 comme contrôleur des assurances puis contrôleur bancaire à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avant de rejoindre la Représentation permanente de la France auprès de l’UE de 2018 à 2022 puis la Banque de France pendant quelques mois. La nomination de Guillaume Primot fait suite au départ vers le secteur privé du précédent patron du Ciri, Pierre-Olivier Chotard. Le haut fonctionnaire officiera désormais chez Rothschild & Co. La banque d’affaires lui a confié le poste d’associé gérant et managing director. Un tournant vers le secteur privé pour l’énarque qui a toujours évolué dans les hautes sphères de l’administration : à la Direction générale du Trésor en tant que chef adjoint de l’unité Stratégie européenne (2013-2015), avant de devenir gestionnaire de portefeuille à l’Agence des Participations de l’Etat (2015-2017), puis à Washington comme conseiller du directeur exécutif pour la France au Fonds monétaire international (FMI) (2017-2018) et administrateur suppléant pour la France à la Banque mondiale (2018-2020). Depuis juillet 2020, Pierre-Olivier Chotard était de retour à la Direction générale du Trésor comme chef d’unité Services bancaires et moyens de paiement puis secrétaire général du Ciri, sous-directeur adjoint en charge du financement des entreprises ces deux dernières années. Il a notamment été en première ligne sur des dossiers de place, tels que le sauvetage du groupe Atos et la restructuration financière de Casino (ODA du 21 mars 2025). L’arrivée de Pierre-Olivier Chotard chez Rothschild & Co, où il évoluera sur le segment des fusions et acquisitions, n’a pas laissé indifférent une partie de la classe politique. Le député d’Eure-et-Loir Olivier Marleix (Droite républicaine) avait ainsi interrogé en mars le ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique devant l’Assemblée nationale sur le sujet. Il s’était étonné que ce recrutement n’ait pas été soumis au contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) car « le ministère considère que ce départ n’entre pas dans le champ des obligations prévues par la loi, alors même que les missions exercées impliquaient des interactions directes avec les acteurs du secteur concerné ».