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DEAL DE LA SEMAINE

Informatique quantique : Alice & Bob lève 100 millions d’euros

Publié le 4 février 2025 à 16h41

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 4 minutes

La jeune société tricolore Alice & Bob spécialisée dans l’ordinateur quantique boucle une série B de 100 millions d’euros, menée notamment par Future French Champions, une coentreprise de Bpifrance et du fonds souverain qatari. Le groupe en technologie de l’information japonais TIS rejoint également l’aventure.

La jeune pépite française Alice & Bob frappe un grand coup pour ses cinq ans. La société spécialisée dans le calcul quantique vient d’annoncer une levée de fonds de 100 millions d’euros en série B. Cette opération est menée par Future French Champions, une coentreprise d’investissement entre Bpifrance et le fonds souverain Qatar Investment Authority – qui avait investi dans Alstef Group, actif dans l’intralogistique et le tri bagages (ODA du 26 juin 2024) ou encore dans Devialet, opérant dans les écouteurs, enceintes et barres de son haut de gamme (ODA du 21 septembre 2022) – aux côtés d’AXA Venture Partners (AVP), l’entité de capital-risque de l’assureur AXA et Bpifrance. Le groupe japonais TIS, spécialisé dans les technologies de l’information et qui compte plus de 23 000 salariés, entre également en tant que minoritaire. Les investisseurs historiques Elaia Partners, Breega, Supernova Invest, remettent au pot tandis que des acteurs publics participent aussi au tour, dont le Conseil européen de l’innovation (EIC) et la Région Ile-de-France. Le Fonds Deep Tech 2030, géré par Bpifrance pour le compte de l’Etat dans le cadre de France 2030 et le Fonds Innovation Défense, souscrit par l’Agence Innovation Défense, prennent également part au financement. Alice & Bob, créée en 2020, et qui avait levé 27 millions d’euros en série A en 2022, a pour objectif de lancer d’ici 2030 le premier ordinateur quantique universel et tolérant aux erreurs. L’entreprise est conseillée par Orrick avec Olivier Vuillod, associé, Léa Fiorenza et Sarah Amari, en private equity. Bpifrance est épaulé par UGGC Avocats avec Charles-Emmanuel Prieur, associé, Pauline Somon et Raphaël Colin, en private equity. AXA est assisté par Mermoz Avocats avec Tristan Segonds, associé, Eléanore Griffiths, en private equity. Bpifrance Digital Venture, Supernova Invest, Elaia et Breega sont accompagnés par Jones Day avec Geoffroy Pineau-Valencienne, associé, Patricia Jimeno, en corporate. Le Conseil européen de l’innovation (EIC) est soutenu par Bignon Lebray avec Alexandre Ghesquière, associé, Sébastien Roy, en private equity. L’investisseur japonais TIS est assisté par Jeantet avec Guillaume Fornier, associé, Georges-Dominic Sardi et Emma Rouhaud, en corporate/M&A ; ainsi que par le cabinet nippon Nishimura & Asahi.

Le conseil d’Alice & Bob : Olivier Vuillod, associé chez Orrick

Quelles sont les spécificités de cette opération ?

Cette levée de fonds de 100 millions d’euros intervient alors que le secteur du private equity est à la peine en 2024-2025. La deep tech, en particulier, est plus difficile à financer. La plupart des entreprises du secteur ne faisant pas – ou peu – de revenus pendant de nombreuses années, ces projets nécessitent en effet d’avoir des investisseurs de long terme. Le nombre d’acteurs potentiels se retrouve restreint. Dans le cadre de la série B d’Alice & Bob, l’investissement s’est fait à 100 % en equity et en direct. Certaines parties prenantes, comme le fonds Future French Champions, davantage habituées à investir en late stage et capital-développement, ont réalisé des due diligences très poussées, ce qui a contribué à allonger les délais entre le signing de la term sheet et le closing final. La levée de fonds s’est ensuite déroulée via deux closings assez rapprochés, le temps que certains acteurs finalisent leurs processus de validation interne.

Quels ont été les enjeux des négociations ?

Ils ont porté sur le « waterfall », c’est-à-dire sur la répartition des profits éventuels, l’équilibre entre les fondateurs et les investisseurs, mais aussi les questions de représentation et de gouvernance afin de savoir qui sera au board et avec quels pouvoirs. Dans ce type d’opérations, il est aussi important d’évoquer les clauses de liquidité, car nous sommes dans des durées longues d’investissement. Il est donc nécessaire de bien anticiper et de structurer les éventuels scénarios de sorties.

Par rapport à d’autres tours de table, notamment dans l’IA, le montant levé est-il en deçà des attentes ? Comment voyez-vous l’avenir de ces financements ?

Après une série A de 27 millions d’euros, la nouvelle levée de fonds d’Alice & Bob atteint les 100 millions – soit presque quatre fois plus. Ce montant était l’objectif initial et il a été atteint. Au niveau mondial, la France se positionne en tête de peloton des investissements dans un certain nombre de secteurs, parmi lesquels se trouvent l’intelligence artificielle et le quantum computing. Les levées de fonds sur ces segments ne devraient pas s’arrêter, mais pourraient concerner un spectre d’acteurs plus limité.


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