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Prix Ulysse 2025 : Depuis 15 ans, valoriser le rebond

Publié le 21 mars 2025 à 15h00

 Temps de lecture 5 minutes

C’est en 2011 que l’association pour le retournement des entreprises (ARE), encore toute jeune, a créé le Prix Ulysse. Son but ? Mettre en avant des histoires d’entreprises qui ont su sortir de la crise, et dont le parcours peut servir d’exemple.

Depuis maintenant 15 ans, le même cérémonial se répète chaque hiver. Place de la Concorde, un lundi soir, la grande bibliothèque de l’Automobile Club de France se remplit de plusieurs centaines de professionnels du retournement, de chefs d’entreprise, de représentants des pouvoirs publics et de journalistes, pour assister à une remise de prix bien particulière : le Prix Ulysse du meilleur retournement d’entreprise.

Avant que le lauréat ne reçoive son prix des mains du ministre délégué à l’Industrie, d’un représentant du ministère de la Justice ou du « patron des patrons » – selon les années –, les dirigeants des entreprises sélectionnées dans la short list se succèdent sur scène. Pour une fois, sont mis à l’honneur celles et ceux que l’on voit peu, car occupés à sauver activités et emplois, mais aussi car il est encore tabou de parler des difficultés des entreprises. Même si l’ARE a fortement contribué à changer l’image de son secteur et à le professionnaliser, même si l’on ne parle plus aujourd’hui de « droit de la faillite » mais de « droit des entreprises en difficulté », en 2025 comme il y a 15 ans, les crises ou les accidents de parcours restent souvent des histoires que l’on cache.

Avec le Prix Ulysse, ces sorties de crise sont mises en pleine lumière, et celles et ceux qui les ont conduites sont célébrés comme des héros. Chaque année, les dirigeants qui portent la candidature de leur entreprise sont désormais fiers de partager leur expérience et de servir d’exemple à leurs pairs, même si chaque histoire est unique.

Le Prix Ulysse récompense à la fois une aventure humaine et une bonne utilisation des outils du retournement. Outre le soutien technique et stratégique des professionnels du retournement (investisseurs, conseils financiers, managers de transition, administrateurs judiciaires, etc.), qui font souvent la différence en épaulant le management en place, les entreprises françaises ont à leur disposition une « boîte à outils » technique et judiciaire efficace et régulièrement mise à jour, notamment grâce au travail de fond des experts de l’ARE auprès des pouvoirs publics et du législateur. Le témoignage des représentants des entreprises candidates permet aussi de faire prendre conscience de l’investissement humain – individuel et collectif – sans lequel les crises ne pourraient être surmontées.

Redresser une entreprise en difficulté exige en effet lucidité et courage dans la prise de décision et dans les choix managériaux ou stratégiques, mais demande aussi les efforts et l’engagement des équipes à tous les niveaux de l’entreprise, ainsi que le soutien d’acteurs clés : partenaires sociaux, fournisseurs, clients, créanciers, élus locaux… Lorsqu’une entreprise est en difficulté, c’est tout un écosystème qui est touché et sollicité pour l’accompagner dans son redressement.

Sont donc pris en compte pour l’attribution du prix, non seulement les résultats financiers et économiques de l’entreprise, mais également la préservation de l’emploi, l’ancrage local, la qualité des relations avec les partenaires et l’inscription du redressement dans la durée.

Avec ses modalités de sélection des candidats et d’attribution du Prix Ulysse, l’ARE a donc pour ambition de changer le regard de la société et du monde des affaires sur les difficultés des entreprises. Ses 320 membres militent pour que la perception de l’échec soit profondément modifiée dans notre culture, et que prévale le droit au rebond, encore trop timide malgré son inscription dans la directive européenne sur le redressement et la résolution des défaillances d’entreprises de juin 2019.

Les trois finalistes

Le comité Ulysse de l’ARE, animé par Clotilde Delemazure, a shortlisté – au terme d’un processus de sélection de plusieurs mois – trois entreprises œuvrant dans des secteurs très variés (véhicules blindés, tourisme de proximité et fabrication de câbles), et aux parcours tout aussi différents : un panorama des difficultés que peuvent rencontrer les entreprises ainsi que des solutions à leur disposition, à la forte valeur pédagogique.

Centigon France

Faramalala Rakotonjanahary, présidente

Acteur historique du secteur des véhicules blindés, Centigon France s’est vu confronté à des difficultés à partir du milieu des années 2010, alors même que son marché était en croissance. Un repositionnement et des investissements stratégiques lui ont permis de retrouver une bonne santé.

Pierre & Vacances ‑ Center Parcs

Franck Gervais, directeur général

La pandémie de Covid-19 a failli mettre à terre le groupe PVCP (Pierre & Vacances-Center Parcs), déjà en proie à des difficultés. Mais une recapitalisation et un changement de modèle économique ont sauvé le leader européen du tourisme de proximité.

Setic Pourtier

Thierry Collard, président

Quand on est une entreprise en bonne santé, comment imaginer se retrouver subitement en cessation de paiements ? Telle est la mauvaise surprise qui attendait Setic Pourtier après son rachat par l’Italien Sampsistemi, qui a entraîné ses filiales dans ses difficultés financières. La reprise en main de l’entreprise par son ancien actionnaire a permis de redresser la situation.

Xavier Bailly, président de l’ARE

« Depuis 15 ans, l’ARE, à travers le Prix Ulysse et chacun de ses 320 membres, s’est donné pour mission d’ancrer la culture de la prévention des difficultés et du rebond dans les tissus économiques et la culture des affaires. Le Prix Ulysse, ce sont des épopées d’entreprises qui ont vraiment eu lieu. Le restructuring est un moment de vérité crue dans la vie d’une entreprise, une immersion dans le réel, avec l’urgence de regarder les problèmes en face pour les surmonter. Cette dichotomie entre l’illusion et le réel, qui résonne particulièrement avec l’actualité, nous rend fiers, cette année encore, de mettre en lumière des entreprises et des dirigeants qui ont su s’extraire de situations compromises et rebondir. »

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