La lettre d'Option Droit & Affaires

Portrait

EDF : la direction juridique d’Olivier Fauqueux

Publié le 6 janvier 2016 à 12h28

Gabriel Mikulfka

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

La sympathie n’est pas feinte. Le ton est direct et les mots ne sont ni comptés, ni creux. Mais Olivier Fauqueux apparaît aussi comme un homme discret, attaché à une certaine tenue, également soucieux d’être impliqué dans ce qu’il accomplit. On trouve alors une certaine logique à son parcours. Son attrait pour le droit ? «Par-delà le côté régalien, un peu martial, je percevais une science humaine permettant à ceux qui la pratiquent de s’impliquer dans la société.» Il est diplômé d’une maîtrise de droit des affaires et d’un DESS de droit de la communication de Paris I. Son service militaire ? «Officier juriste chez les troupes de marine parachutistes, je me suis occupé aussi bien des problèmes juridiques des militaires à titre personnel que des sujets collectifs pour le régiment.» Son parcours professionnel ? S’il commence en 1988 comme juriste d’une société d’événementiel, il découvre rapidement le besoin de maîtriser la dimension financière. Il passe alors le diplôme de l’IAE de Paris. En 1992, il part à Montpellier comme responsable juridique et fiscal de Royal Canin. En 1994, il intègre la direction juridique de France Télécom et, entre autres, pilote les aspects juridiques de l’ouverture du capital. Quatre ans après, il prend la direction juridique de ce qui allait devenir Wanadoo. En 2005, à la suite d’une présentation chez EDF sur le sujet de l’introduction en Bourse, le groupe d’énergie le recrute comme directeur juridique corporate. En juin 2014, il est nommé directeur juridique du groupe.

Comment elle s’organise

Ils sont 450 juristes dans le monde, dont environ 180 pour EDF S.A. et 170 dans les filiales françaises. L’ensemble est organisé en directions, de manière matricielle, par métier et par spécialité : commerce et optimisation ; énergie ; territoires avec cinq pôles régionaux ; corporate (droit public et environnement, concurrence, social et pénal, PI et communication, achats, immobilier) ; finance, boursier, fusions-acquisitions et droit des sociétés ; international, une mission de valorisation de l’information et des savoirs et une direction du développement. Tous les quinze jours, un comité de direction juridique avec l’ensemble des directeurs et, en alternance, une réunion avec chaque directeur. Celui de la filière groupe (DJ des dix principales filiales) est trimestriel. Le séminaire annuel avec tous les juristes du groupe permet de développer la culture, l’esprit du groupe et la connaissance de chacun et des enjeux de l’entreprise. «J’accorde beaucoup d’importance aux circuits courts et j’encourage mes équipes à considérer que la hiérarchie ne doit pas empêcher les contacts directs, y compris des n-2 ou n-3 avec le secrétaire général ou les directeurs opérationnels quand le sujet s’y prête.» Ses objectifs ? La mobilité. «C’est une source de motivation que d’avoir des perspectives d’évolution. En un an, nous avons eu plus de 80 mobilités réelles.» La digitalisation. «Via le développement d’applications et d’outils et par l’obligation d’alimenter ces systèmes en informations pertinentes (suivi des dossiers, budget et contrats majeurs).» Enfin, le renforcement de la filière juridique groupe : homogénéiser les positions du groupe dans le monde en ingénierie contractuelle et solutions juridiques, accroître la sécurisation des opérations et développer l’anticipation et la planification des besoins juridiques.

Comment elle se positionne

«Le métier est très régulé et exposé, médiatiquement et politiquement. La direction est donc naturellement très bien positionnée : par son rattachement au secrétaire général, membre du comité exécutif ; par la présence des juristes dans tous les comités de direction du groupe et dans les conseils d’administration de toutes les filiales principales. Dans l’opérationnel, les juristes sont positionnés très en amont pour un bon interfaçage avec les ingénieurs et commerciaux.» La dimension internationale contribue fortement à une bonne intégration des juristes dans les prises de décision. Pour les affaires publiques, rencontres et synergies sont organisées : par exemple avec le comité de pilotage des relations institutionnelles, qui réunit les compétences, notamment des directions des affaires publiques, juridiques et financières.

Qui la conseille

Pour les opérations significatives, une mise en compétition systématique est organisée. Sans exclusivité, on peut citer notamment : en fusions-acquisitions, Olivier de Vilmorin (Sullivan & Cromwell), Hervé Pisani (Freshfields) ; Emmanuel Guillaume en droit public et en régulation (Baker & McKenzie) ; Hugues Calvet en concurrence (Bredin Prat) ; Emmanuel Gaillard en arbitrage (Shearman & Sterling) ; Sharon Lewis en financement (Hogan Lovells) ; Bertrand Potot en propriété intellectuelle et communication (DS Avocats) ; Baudouin de Moucheron en social et Frédéric Nouel en immobilier (Gide).


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