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Reworld Media rachète Unify, le pôle digital de TF1

Publié le 6 juillet 2022 à 16h00

Céline Valensi    Temps de lecture 5 minutes

Reworld Media, détenu par Pascal Chevalier, renforce ses positions sur le segment de la presse digitale en se portant acquéreur d’Unify, qui réunit les principales marques numériques du Groupe TF1 – hors OTT et replay TV.

Ce pôle est constitué du groupe Aufeminin (Aufeminin, Marmiton, MyLittleParis, etc.) et de Neweb (Les Numériques, ZDNet, Paroles de Maman, etc.), ainsi que de Doctissimo, Studio 71, Vertical Station et TF1 Digital Factory. Dans le cadre de son projet de fusion avec M6 initié en 2021, TF1 a entamé une profonde transformation interne, en axant son développement autour de ses trois principaux pôles d’activités, à savoir les antennes, les studios et le divertissement, et le digital. C’est à ce titre que le groupe a recherché un acquéreur pour sa filiale Unify et retenu Reworld Media après un appel d’offres. Ce dernier, présent dans 12 pays avec 970 employés, revendique un chiffre d’affaires de 462 millions d’euros en 2021. L’opération est en cours d’obtention des autorisations de l’autorité de la concurrence et des instances représentatives du personnel. Si celles-ci sont obtenues, la transaction devrait être closée en fin d’année. Gide a représenté Reworld Media avec Jean-Gabriel Flandrois, associé, Ghizlen Sari-Ali, counsel, Cyprien Delorme et Lorraine de Groote, en M&A/corporate ; Magali Buchert, associée, Charles Ghuysen, en droit fiscal ; Jean-Hyacinthe de Mitry, associé, Celia Revy, sur les aspects IP ; Julien Guinot-Deléry, associé, Nina Khalfi, sur les aspects IT ; et Jean-François Levraud, associé, Louis-Henri Lentz, en droit immobilier. Darrois Villey Maillot Brochier a conseillé TF1 avec Pierre Casanova, associé, Pierre Zejma et Youssef Driouich, en corporate ; Vincent Agulhon, associé, Pierre Dabin, pour les aspects fiscaux ; et Didier Théophile, associé, Constance Bocket, counsel, en concurrence. Vogel & Vogel était également aux côtés du groupe TF1 avec Joseph Vogel, associé, et Laurence Boudailliez, en concurrence.

Le conseil de Reworld Media : Jean-Gabriel Flandrois, associé chez Gide

Quels sont les objectifs poursuivis par Reworld Media avec ce rachat ?

Reworld Media est un jeune groupe, créé il y a seulement dix ans autour de deux fondateurs, Pascal Chevalier et Gautier Normand, qui ont eu une vision prospective des transformations de la presse magazine et du monde digital et, in fine, de la stratégie à mettre en œuvre pour y faire face. Cette opération intervient après plusieurs build-up, comme les rachats de Marie-France en 2013, mais surtout des titres du groupe Mondadori en France (Auto Plus, Closer, Télé Star, etc. ). La reprise de la filiale hexagonale du groupe italien a fait passer Reworld Media à une autre échelle, et lui a permis de devenir un acteur de premier plan dans le secteur de la presse magazine thématique en France. Aujourd’hui, le groupe souhaite renforcer ses positions sur le secteur de la presse digitale, et c’est tout l’enjeu de l’accord conclu avec TF1. A la différence des précédentes acquisitions, il s’agit de marques 100 % numériques qui sont cédées avec des activités additionnelles en matière de production audiovisuelle, ou de régie publicitaire. Grâce à Unify, Reworld Media peut se positionner comme un acteur majeur dans les univers thématiques food, féminin, santé et high tech.

Pourquoi TF1 a-t-il retenu Reword Media lors de son appel d’offres ?

Le challenge pour notre client a été de convaincre le Groupe TF1 que son offre était plus pertinente que les autres marques d’intérêt. Au-delà des aspects purement financiers, Reworld Media a su démontrer à chaque étape de la négociation qu’il était « en mesure de faire ». Si le deal a été exigeant pour nos équipes, l’élément-clé pour l’acquéreur a été de rassurer le vendeur sur sa capacité d’exécution sur l’ensemble des sujets à traiter, et surtout de le convaincre de la forte cohésion des équipes opérationnelles autour de ses dirigeants. TF1 a sans doute apprécié la capacité de nos clients à intégrer les équipes actuelles d’Unify (300 personnes), alors que l’entité a connu une forte réorganisation ces dernières années.

Quelles ont été les particularités juridiques de cette opération ?

Sur un plan juridique, nous avons mobilisé une équipe IP et IT, ce qui nous a notamment permis de passer en revue le portefeuille d’Unify. La négociation s’est déroulée dans un calendrier très contraint, et les éléments clés de l’accord ont pu être bouclés en quelques jours. Le Groupe TF1 a cédé l’ensemble de ses activités digitales, en procédant à une cession des actions de la tête du sous-groupe via un acte de cession classique. Nous avons ensuite rédigé la documentation technique, procédé aux accords de l’ensemble des parties, puis avons déposé une pré-notification auprès de l’Autorité de la concurrence. En ce moment, le dossier est présenté aux instances représentatives du personnel du groupe TF1, et nous attendons leur feu vert, avant la signature de l’accord définitif. En parallèle, les conditions suspensives classiques ont été stipulées dans l’acte de cession, notamment l’approbation par l’Autorité de la concurrence.


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