Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
L’image de bavards impénitents colle à la peau des avocats. Assez du moins pour que l’on prédise souvent à un enfant doué pour la parole un destin en robe noire. La prophétie fut à ce point marquante et séduisante pour Jérôme Gandon qu’elle s’imposa à lui comme la voie à suivre. Il obtiendra un DEA de droit des contrats en 1992, puis passera l’examen du barreau l’année suivante. Pour trouver le cabinet d’avocats d’affaires où effectuer son stage, il enverra son CV aux cent plus importants de la place. Philippe Portier, chez Jeantet, le repère et Gérard Mazet, alors associé phare des fusions-acquisitions, le recrutera à l’issue du stage. Il y restera près de six ans, pratiquant également les droits bancaires et boursiers, et partira deux ans au bureau de New York. «Le cabinet était membre d’une prestigieuse alliance de cabinets européens. Les dossiers, les échanges, les équipes étaient d’un niveau remarquable, particulièrement enrichissant.» A l’automne 1999, il rejoint Salans. Il y découvrira notamment un peu plus le capital investissement. «L’expérience fut intéressante. Mais j’y ai eu la claire confirmation de ma préférence pour le milieu industriel.» Un détachement chez Alcan, important producteur d’aluminium, va changer son horizon. Fin 2006, la bascule est définitive. Le groupe canadien le recrute en tant que juriste sénior. Il restera trois ans à cette fonction. L’entreprise sera reprise par le groupe minier Rio Tinto. Il en devient directeur juridique EMEA pour la branche aluminium et directeur juridique France. La directrice juridique monde en fera plus tard son Managing Attorney, son bras droit en termes de pilotage de la direction juridique monde à ses côtés. «La culture de l’entreprise était vraiment globale. L’approche de la fonction juridique y était très moderne, pleinement au cœur des activités du groupe et de sa propre évolution.» Fin 2013, un chasseur le contacte pour devenir directeur juridique groupe d’Arkema. Il est nommé le 1er janvier 2014.
Comment elle s’organise
Avec plus d’une cinquantaine de juristes, la direction compte plus de 25 personnes en Europe et autant aux Etats-Unis. Une équipe est en cours de développement en Asie, à Shanghai, avec trois personnes, pour accompagner la croissance des activités sur la zone. Sur chacune des deux principales zones, différentes équipes ont été organisées, chacune ayant à sa tête un responsable. Si certains périmètres évoluent, on peut néanmoins citer : fusions-acquisitions, droit des affaires, contentieux, marques, corporate, immobilier et environnement. Un adjoint du directeur vient en renfort sur certains dossiers complexes en cas de besoin et supervise à ses côtés certaines actions corporate. Enfin, un juriste spécialisé sur les questions de compliance est au cœur de l’équipe. «Je me rends aux Etats-Unis deux fois par an et une fois en Chine, ayant l’objectif d’y être accompagné par un membre de l’équipe du siège pour développer les liens et la vision globale. Parallèlement, le responsable US vient en France une à deux fois par an. Nous avons en outre de nombreuses réunions téléphoniques ou par téléprésence. En France, je réunis une fois par trimestre toute l’équipe et je vois une fois par mois les responsables. Le reste du temps, la communication est très fluide.» L’objectif pour les mois à venir est de réfléchir au besoin d’ajustement de l’organisation pour accompagner l’évolution de l’entreprise. «Nous allons aussi travailler à développer la transversalité, surtout pour les jeunes en élargissant leur rôle, tant pour leur procurer une expérience de qualité que pour leur propre épanouissement.»
Comment elle se positionne
Rattaché au directeur général délégué en charge des finances, le directeur juridique est également très sollicité par le président du groupe et par les autres membres du Comex, tous convaincus de l’intérêt stratégique du droit pour la conduite des affaires. «Le meilleur indicateur de la prise en compte du droit vient des contacts naturels, nombreux et en amont qu’ont avec nous tous les acteurs de l’entreprise.» La démarche de Jérôme Gandon est claire : donner envie aux non-juristes d’associer les juristes aux projets, à tous les niveaux du groupe, pour le bénéfice de ce dernier. «J’ai un grand plaisir à accompagner le groupe et nos activités en aidant à combiner les dimensions stratégiques, politiques, juridiques et business.»
Qui la conseille
Le groupe attend de ses conseils qu’ils soient capables de nouer une relation de confiance avec les équipes au fil des dossiers. On citera Jacques-Philippe Gunther en concurrence et Grégoire Finance en fusions-acquisitions (Willkie Farr & Gallagher) ; Vincent Sol en droit de l’environnement (Lefevre Pelletier & associés) ; en contentieux, Patrick Mares (Fleury Marès Delvolvé Rouche) et Guillaume Forbin (Altana).