La lettre d'Option Droit & Affaires

Le deal de la semaine

Les Galeries Lafayette se rapprochent de La Redoute

Publié le 6 septembre 2017 à 15h31

Coralie Bach

Les Galeries Lafayette, via leur holding Motier, vont investir à hauteur de 51 % au capital de La Redoute, avant de devenir à terme, actionnaire à 100 %.

Détenu par la famille Moulin, le groupe de grands magasins entend ainsi accélérer sa digitalisation en profitant de l’expertise de La Redoute en matière d’e-commerce. Accusant d’importantes difficultés à la fin des années 2000, l’ancien vépéciste opère un virage radical en 2014. Cette année-là, le groupe Kering vend, pour un euro symbolique, la société à ses deux dirigeants actuels, Nathalie Balla et Eric Courteille. Le duo, qui demeure aujourd’hui aux commandes, lance alors un important plan de restructuration.

Après une réduction drastique des effectifs, le groupe abandonne son épais catalogue au profit d’une stratégie e-commerce et recentre son offre de produits sur la mode et la maison. En parallèle, d’importants investissements sont menés pour moderniser la plateforme logistique, avec l’ouverture d’un nouvel entrepôt dans le Nord de la France. Des efforts payants. L’entreprise renoue avec la croissance, avec un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros en 2016, et l’ambition d’atteindre 1 milliard d’euros à horizon 2021. L’équilibre financier, quant à lui, devrait être atteint à la fin de l’année.

Avec cette acquisition, Les Galeries Lafayette misent sur la complémentarité des canaux de distribution avec pour objectif de réaliser 30 % des ventes via le digital. Des synergies sur le plan des achats, de la logistique et de l’exploitation des données clients sont également attendues. Avec 280 magasins et 14 000 collaborateurs, Les Galeries Lafayette enregistrent des ventes de 3,8 milliards d’euros. Latham & Watkins a conseillé le groupe Galeries Lafayette, avec Pierre-Louis Cléro, associé, Semih Bayar Eren, Elise Pozzobon et Lucile Merel en corporate ; Frédéric Pradelles, associé, et Julie Brousseau en antitrust ; Mathias Rubner, associé, Lauriane Amico et François Proveau en droit social ; Xavier Renard, associé, ainsi qu’Alexis Caminel en fiscal. Taj a mené les due diligences fiscales pour Les Galeries Lafayette, avec Olivier Venzal et Vanessa Irigoyen, associés. Darrois Villey Maillot Brochier a assisté La Redoute et ses actionnaires avec Christophe Vinsonneau, associé, Charlotte Ferran et Frédéric Chevalier en M&A ; Vincent Agulhon, associé, et Vincent Vialard en fiscalité ; Didier Théophile, associé, et Constance Bocket en concurrence. Capstan a également épaulé La Redoute et ses actionnaires, avec Bruno Platel, associé, et Alix Bailleul en social.

Le conseil de La Redoute : Christophe Vinsonneau, associé, Darrois Villey Maillot Brochier

Comment se structure l’opération ?

L’acquisition va s’effectuer en deux temps. Les Galeries Lafayette, via leur holding Motier, vont reprendre d’abord 51 % de La Redoute ; le solde restant aux mains de la holding de tête, NewR, détenue majoritairement par les dirigeants. Une option est prévue afin d’organiser une reprise à 100 % dans un second temps. Ce rachat par étapes permet aux dirigeants de rester impliqués dans le développement de La Redoute et de bénéficier des performances futures.

Ces opérations sont toujours plus complexes qu’une vente à 100 %, puisque la cession s’accompagne d’une négociation d’un pacte d’actionnaires. Les discutions sont donc nécessairement plus longues.

Quelles sont les principales complexités de l’opération ?

Indépendamment de l’opération d’acquisition en deux étapes, les difficultés étaient essentiellement liées à la structure particulière de l’actionnariat de La Redoute. Celle-ci est en effet détenue par une holding, NewR, détenue par les dirigeants, les cadres, ainsi qu’un fonds commun de placement d’entreprise de reprise (FCPER) regroupant les salariés de la société. Or, un FCPER est soumis à certaines règles qui ont limité les possibilités de structuration. En outre, NewR est également actionnaire de la société Relais Colis ; un actif qui n’est pas inclus dans la transaction. Ces différentes contraintes ont conduit l’acheteur à investir directement dans La Redoute.

Que retenez-vous de cette transaction ?

C’est une très belle histoire. Une entreprise historique, qui a connu des difficultés, notamment avec l’émergence d’une nouvelle concurrence sur Internet, a su se redresser. Son rapprochement avec Les Galeries Lafayettes illustre par ailleurs la complémentarité des magasins physiques et des sites e-commerce et la nécessité de déployer une stratégie d’omnicanal dans ce secteur d’activité.


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