Orange Business Services s’apprête à reprendre l’éditeur de logiciels pour les établissements de santé Enovacom. L’opération permet la sortie des investisseurs ACG Management et Extens, entrés respectivement en 2010 et 2014.
Pour un montant non dévoilé, le groupe renforce son positionnement dans le domaine de la e-santé en mettant la main sur une société de 140 personnes qui a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 9 millions d’euros en 2016. Orange ne cache en effet pas ses ambitions dans ce secteur et souhaite devenir un acteur incontournable de la transformation digitale des professionnels de santé : «Nous renforçons notre stratégie de croissance sur le marché de la santé, et ce notamment dans le cadre de la réforme des groupements hospitaliers de territoire qui fait de la communication interhôpitaux et de l’interopérabilité des équipements un enjeu majeur», a déclaré Thierry Bonhomme, directeur général adjoint d’Orange en charge d’Orange Business Services. L’interopérabilité, qui permet d’échanger des informations entre les différents logiciels et appareils médicaux, est en effet au cœur de l’activité de l’entreprise marseillaise. Enovacom a conçu des solutions facilitant le partage et la sécurisation des données au sein de l’hôpital ainsi qu’avec ses partenaires. Un véritable enjeu pour les établissements de santé qui utilisent entre 40 et 400 logiciels différents.
Fondée en 2002, la société commercialise ses solutions dans plus de 1 500 établissements de santé en France et à l’étranger. A l’issue des négociations et sous réserve des conditions suspensives usuelles, Enovacom deviendra une filiale d’Orange Business Services et s’intégrera opérationnellement avec Orange Healthcare, dirigée par Elie Lobel. Les cofondateurs d’Enovacom, Laurent Frigara et Renaud Luparia, seront nommés directeurs généraux délégués, tandis que Cyril Garde, troisième cofondateur et actuel directeur technique, restera également impliqué dans la gestion opérationnelle.
Dechert a conseillé Orange avec une équipe pilotée par François Hellot, associé, et Guillaume Briant, ainsi qu’Aude Steinberg et Vianney Toulouse en corporate ; Philippe Thomas, associé, Thibault Meiers et Victoria Hamel en social ; Sabrina Chekroun et Sophie Montagne sur les aspects data protection ; Sophie Pelé, associée, et Jessica Garestier sur les aspects réglementaires ; Marianne Schaffner, associée, Pierre-Olivier Ally et Colin Devinant en IP ; Sophie Lafay et Emmanuelle Benvenuti sur les aspects droit des sociétés. PwC Société d’Avocats est également intervenu en fiscal avec Michel Combe, associé, et Diane Laske. ACG Management et Extens sont épaulés par Nova Partners avec Olivier Nett, Julien Imhoff et Magali Floris-Drujon d’Astros, associés. Les fondateurs sont accompagnés par Taj avec Edouard Vichard, associé, François Marenghi, Isabelle Bompoint et Vincent Pollard.
Le conseil d’Orange : François Hellot, associé, Dechert
Comment s’est initiée cette opération ?
Orange Healthcare, la branche e-santé d’Orange, connaissait le management d’Enovacom et suivait l’évolution de l’entreprise depuis longtemps. Les négociations se sont donc déroulées de gré à gré entre les différentes parties. Pour Orange, il s’agit d’une transaction stratégique qui marque sa volonté de développement dans le domaine de l’e-santé.
Quelles sont les particularités de l’opération ?
Enovacom s’était déjà bien développé depuis sa création en 2002, et avait ainsi connu deux OBO. L’offre de reprise devait donc satisfaire deux typologies d’actionnaires. D’une part, les fonds ACG Management et Extens, qui recherchaient une sortie, et d’autre part, les dirigeants, qui souhaitaient obtenir une certaine liquidité tout en restant impliqués dans la gestion de la société. Il a donc fallu trouver des solutions permettant à la fois à Orange de mener une acquisition à 100 % tout en fidélisant l’équipe de management. Les trois fondateurs conserveront ainsi leurs fonctions à l’issue de l’opération.
La gestion des données de santé est une activité assez sensible. Dans quelle mesure les aspects réglementaires ont-ils impacté la gestion de la transaction ?
Il était effectivement primordial pour l’acquéreur de bien appréhender les questions réglementaires, tant celles liées au secteur de la santé que celles liées à la gestion des données personnelles. Enovacom a par ailleurs une clientèle très éclatée, composée en grande partie d’établissements publics, et donc soumis aux règles d’attribution des marchés publics. Des analyses approfondies ont ainsi été menées en amont afin de s’assurer de la conformité de ces différents sujets et d’identifier les éventuels points d’attention.