La lettre d'Option Droit & Affaires

Deal de la semaine

Brut accueille de nouveaux investisseurs

Publié le 7 juillet 2021 à 15h25    Mis à jour le 7 juillet 2021 à 16h25

Chloé Enkaoua

Le média en ligne français Brut a levé 75 millions de dollars (environ 63 millions d’euros) en série C à l’occasion d’un nouveau tour de table.

Cette levée de fonds a été réalisée auprès de Lupa Systems, le holding de James Murdoch, d’Artémis, le holding de la famille Pinault, d’Orange Ventures, la société d’investissement de l’opérateur télécoms, ainsi que du spécialiste français de la gestion d’actifs Tikehau Capital, aux côtés de ses investisseurs historiques parmi lesquels Vericel, le cofondateur de Red River West. A noter que les fondateurs de Brut (Guillaume Lacroix, Renaud Le Van Kim et Laurent Lucas) restent les premiers actionnaires du média que l’opération valorise un peu moins de 250 millions d’euros, contre 110 millions d’euros lors du précédent tour de table en 2019. Cette nouvelle levée de fonds va notamment permettre à Brut d’accélérer son développement international, notamment aux Etats-Unis, en Inde et en Afrique, et d’accélérer le développement de sa nouvelle offre de vidéo par abonnement BrutX. Au total, Brut aura levé 127 millions de dollars depuis son lancement. Créé en 2016 par d’anciens piliers de l’univers Canal +, Brut est un média vidéo présent dans près de 100 pays et traduit dans de nombreuses langues. Avec une audience majoritairement composée d’internautes de moins de 35 ans, il se positionne sur le créneau sociétal, traitant de sujets divers et engagés comme l’environnement ou encore l’égalité hommes/femmes. Sa société éditrice a notamment obtenu la certification B Corp, qui valide ses valeurs en matière d’environnement et de transparence. D’Alverny Avocats a accompagné Brut avec Guillaume Schmitt, associé, et Raphaël Soudé en private equity. Hogan Lovells a conseillé Lupa Systems, Artémis, Red River West et Tikehau avec Hélène Parent, associée, Madalina Asandului et Agathe Faict en corporate. Simon Associés a assisté Orange Ventures avec Stéphanie Roquefort et Arthur Anton, associés, en corporate. Peltier Juvigny Marpeau & Associés a représenté Bpifrance, investisseur historique, avec Julie Herzog, associée, et Alex Lecoeur en corporate.

Le conseil des investisseurs : Hélène Parent, associée chez Hogan Lovells

Dans quel contexte a eu lieu cette nouvelle levée de fonds pour Brut ?

Suite à son précédent tour de table en 2019, Brut cherchait de nouveaux fonds et de nouveaux entrants pour continuer à se développer et conforter sa position de premier média en ligne dans un certain nombre de pays. La société est désormais passée en phase d’hypercroissance, et il lui fallait trouver les bons partenaires à ce stade de son développement. C’est pour cette raison que la levée a été menée par quatre fonds. Chacun d’entre eux a ses particularités et pourra apporter son savoir-faire, tout en étant aligné sur les valeurs de Brut. En effet, parallèlement à sa levée de fonds, le groupe a obtenu la certification B Corp. Une reconnaissance importante dans la mesure où il souhaite être un acteur média responsable incontournable dans cet écosystème.

Comment s’est déroulée l’opération ?

Brut étant un média en ligne, par définition, cela a été très vite ! Comme nous avions beaucoup anticipé au moment de la term sheet et de l’entrée en exclusivité, cela a permis de dérouler l’opération de manière beaucoup plus fluide. La société souhaitait vraiment avoir un actionnariat équilibré et une table de capitalisation diversifiée, avec des acteurs soigneusement choisis. L’avantage de l’écosystème français, c’est qu’il y a de très belles sociétés, mais aussi de très beaux fonds. Cela permet de choisir qui va le mieux accompagner la société à ce stade de son développement.

Vous avez représenté Red River West, qui avait déjà participé au tour de table précédent, mais aussi les nouveaux entrants. Comment avez-vous appréhendé ce deal qui réunissait autant d’investisseurs, anciens et nouveaux ?

Toute la difficulté était de savoir comment trouver les bonnes règles de gouvernance entre tous ces acteurs et comment équilibrer les relations entre les nouveaux entrants et les investisseurs historiques, dont certains ont également participé à l’opération. Le défi a donc été d’équilibrer les attentes de chacun, notamment en termes de protection avec des mécanismes de garantie. Il fallait également s’assurer que ces mécanismes de protection et de gouvernance n’entravent pas la souplesse et l’agilité dont la société a besoin pour se développer. Enfin, il s’agissait d’anticiper les futurs développements de la société à l’international.

L’opération a-t-elle présenté d’autres particularités ?

Etant donné qu’il s’agissait du premier investissement de Lupa Systems en France, il a également fallu s’assurer de l’adéquation de la documentation avec les standards internationaux et le système américain. Nous avons en outre porté une attention toute particulière aux mécanismes d’incentive mais aussi à la valorisation, qui a quasiment doublé entre les tours. Cela n’est pas fréquent dans le monde des médias. 


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