La jeune pousse franco-allemande créée en 2021 qui vise à démocratiser l’exploration spatiale, The Exploration Company, a procédé à une série A au montant record.
Démocratiser la conquête spatiale : tel est l’objectif de la start-up The Exploration Company lancée à l’été 2021 et qui vient de lever près de 40,5 millions d’euros en série A. Mené par le fonds d’origine français Red River West – soutenu par le holding d’investissement de la famille Pinault – et le Suédois EQT Ventures, ce tour de table réunit les investisseurs historiques ainsi que des nouveaux, parmi lesquels Promus Ventures, Cherry Ventures, Vsquared, Omnes Capital, July Fund, Partech, Habert Dassault Finance, Schlumberger, WMA, Possible Ventures, Rymdkapital, mais aussi Sista Fund. La société cofondée et dirigée par la Française Hélène Huby, passée par Airbus Defence & Space, a pour objectif de démocratiser l’exploration spatiale en la rendant abordable et durable. Elle a créé et exploite NYX, une capsule spatiale réutilisable dont l’ambition est de transporter des marchandises afin de réapprovisionner les stations spartiales et à terme, des humains. Dans l’immédiat, ce nouveau tour de table doit permettre à la société qui compte une cinquantaine de salariés de finaliser la production et le vol de sa prochaine capsule spatiale prévu pour 2024. La start-up avait déjà réuni près de 5,3 millions d’euros lors d’une levée d’amorçage. Les nouveaux investisseurs ont reçu le soutien de Hogan Lovells avec Hélène Parent, associée, en corporate/private equity, avec le bureau de Munich. EQT Ventures a été conseillé par Taylor Wessing en Allemagne ainsi que par les équipes outre-Rhin de DLA Piper. Plusieurs investisseurs ont également reçu le soutien de l’Allemand Springer Kuss. Enfin, Red River West et EQT Ventures ont également fait appel à D’Ornano + Co pour leur due diligence.
La conseil des nouveaux investisseurs : Hélène Parent, associée chez Hogan Lovells
Quelles sont les particularités de ce tour de table ?
Ce deal a deux spécificités principales : il y a eu une très forte appétence du marché pour cette opération qui est la plus grosse levée en série A dans le secteur du New Space. La cofondatrice et CEO de l’entreprise Hélène Huby n’a eu presque qu’à choisir elle-même les investisseurs. La tech n’est plus uniquement orientée sur le SaaS ou le BtoB, mais elle est aussi industrielle et spatiale. Cela m’amène à la deuxième spécificité : ce secteur est relativement nouveau et offre de beaux défis. L’ambition de The Exploration Company est aussi souveraine avec l’idée qu’il est nécessaire pour l’Europe de bénéficier d’une technologie permettant le transport de frets et de passagers vers les stations spatiales.
Comment avez-vous structuré l’opération ?
Il s’agissait d’un deal franco-allemand dans lequel les investisseurs ont investi directement dans la maison mère qui est située à Munich. L’argent levé sera ensuite utilisé par le groupe et notamment par la filiale française située à Mérignac. La société ayant déjà réalisé une levée l’année dernière, nous avons choisi de ne pas faire une refonte du pacte d’actionnaires existant mais de le modifier afin d’inclure les droits des nouveaux entrants.
Quels en ont été les principaux défis ?
La difficulté dans ce genre de deals est la multitude des parties prenantes et le nécessaire équilibre de la documentation. Il faut aussi réussir à faire en sorte que les droits des actionnaires historiques soient préservés tout en permettant l’entrée de nouveaux investisseurs. Une levée de fonds étant toujours un moment intense qui perturbe le quotidien d’une équipe dirigeante, il faut aussi aller vite pour permettre à la société de rester concentrée sur son business. Ce fut le cas dans ce dossier avec un délai de quelques semaines. Enfin, le secteur du spatial est soumis à de gros enjeux réglementaires, ce qui nous a amené à une vigilance accrue pour nos clients sur les autorisations présentes et futures de l’entreprise.
Dans un contexte difficile pour la tech et le private equity, que retenez-vous ?
Le marché est certes plus compliqué qu’avant, les investisseurs sont plus regardants, la tech a tangué également. Toutefois, la deep tech et la tech industrielle sont toujours aussi actives et la France, rappelons-le, est leader en Europe dans le domaine du spatial. The Exploration Company est également la première entreprise au monde à développer une telle technologie avec des fonds privés. C’est une jeune société mais qui est crédible pour les investisseurs. En effet, elle a développé plusieurs versions de son produit afin de démontrer ses compétences. Enfin, l’entreprise a respecté ses objectifs qu’il s’agisse du planning, de la gestion du cash et de la maîtrise des coûts, ce qui sont des points de vigilance accrus pour les investisseurs dans le contexte actuel.