La lettre d'Option Droit & Affaires

En bref

Les actualités de la semaine

Publié le 9 septembre 2020 à 15h17    Mis à jour le 9 septembre 2020 à 17h07

Coralie Bach & Emmanuelle Serrano

Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.

Financement - Le capital-risque résiste à la crise

Certes les montants investis dans les jeunes pousses ont baissé au cours du premier semestre, mais de façon assez limitée. Selon le baromètre du capital-risque en France d’EY, qui recense les opérations de financement en fonds propres des entreprises réalisées entre le 1er janvier et le 20 juin 2020, les investisseurs ont misé 2,7 milliards d’euros dans les start-up françaises lors de 360 opérations, avec un ticket moyen de 7,5 millions d’euros. L’activité enregistre ainsi une baisse en valeur de 3 % par rapport au premier semestre de 2019 : «La FrenchTech a encaissé ce premier choc d’une violence extrême. Une partie de la résilience de l’écosystème est liée à la qualité des fondateurs de ces entreprises», note Franck Sebag, associé EY. Avec 717 millions d’euros levés pour 75 opérations, le secteur des services internet confirme son attractivité et concentre l’essentiel des investissements. Vient ensuite celui du logiciel et services informatiques, avec 670 millions d’euros levés et 84 opérations, puis les secteurs des life sciences et fintech avec un montant de 753 millions d’euros cumulés. Ces derniers font d’ailleurs l’objet d’un intérêt croissant de la part des fonds d’investissement avec une hausse respective de 46 % et 45 %.

L’Hexagone retrouve ainsi sa deuxième place sur le podium européen du capital-risque, derrière le Royaume-Uni et devant l’Allemagne qui ont tous deux accusé une baisse des montants investis beaucoup plus forte : moins 9 % au Royaume-Uni et moins 20 % en Allemagne. Ces deux pays ont effet enregistré une baisse, en valeur, des opérations de plus de 100 millions d’euros (Growth capital), respectivement de 54 % et 80 %. A contrario, la France a pour sa part bénéficié d’une progression des gros tours de table avec une hausse de 19 %. Ces opérations demeurent toutefois ultra-minoritaires puisqu’elles n’ont concerné que cinq entreprises sur le premier semestre. A noter enfin que les deals inférieurs à 100 millions d’euros ont baissé de 9 % en valeur, tandis qu’ils ont progressé au Royaume-Uni et en Allemagne, respectivement de 28 % et 30 %.

Conjoncture - La reprise de l’entreprenariat se confirme mais de façon disparate sur le territoire

L’institut d’études économiques Xerfi I+C et le Conseil nationale des greffiers des tribunaux de commerce viennent de publier leur bulletin de santé de l’entreprenariat en France à l’heure de la Covid-19. Le résultat de cette analyse, menée sur la période allant du 1er mai au 31 juillet, est issu des données des greffes de l’Hexagone, à l’exclusion de ceux d’Alsace, de Lorraine et des départements et régions d’outre-mer (DROM). Contrairement aux visions les plus pessimistes de la crise actuelle, le nombre d’entreprises en difficulté reste inférieur aux niveaux de 2019. Un rebond inattendu des créations d’entreprises a même été observé pendant l’été. Avec 82 887 immatriculations au registre du commerce et des sociétés enregistrées sur les mois de juin et de juillet, le nombre de créations d’entreprises a progressé de plus de 10 % par rapport à la même période en 2019. Mais le recul de l’entrepreneuriat observé en mai aboutit à une baisse de 5,5 % du nombre d’entreprises créées sur l’ensemble du trimestre mai-juin-juillet, comparativement aux données de 2019. A l’inverse, le ralentissement des défaillances relevé au printemps se confirme avec 6 037 ouvertures de procédures collectives enregistrées entre le 1er mai et le 31 juillet 2020, soit une baisse de 42,5 % à un an d’intervalle. Les aides mises en place par l’Etat ont continué de produire leurs effets positifs sur la trésorerie des entreprises, limitant fortement le nombre de procédures engagées. Toutefois, la fin du moratoire intervenue le 24 août laisse craindre une hausse significative du nombre d’ouvertures dans les mois à venir.

Parmi les effets positifs du déconfinement, l’esprit d’entreprendre semble avoir connu un regain de dynamisme, mais avec d’importantes disparités à l’échelle du territoire, liées notamment à la spécialisation de certaines régions dans des secteurs plus ou moins touchés par la crise, ou bien encore aux différences de rythmes de reprise économique. Le Sud et le Grand-Est restent toujours en difficulté. Durement impactées en mars-avril, les régions Ile-de-France et Hauts-de-France se ressaisissent et parviennent à retrouver une dynamique entrepreneuriale équivalente à celle de 2019. A contrario, les régions Corse (- 20,5 % d’immatriculations), Occitanie (- 12,4 %), PACA (- 11,9 %) et Grand-Est (- 11,6 %) ont davantage de mal à rebondir.


La lettre d'Option Droit & Affaires

Toutes les nominations de la semaine

Coralie Bach

Associés des cabinets d'avocats, directeurs juridiques, conseillers financiers, suivez les mouvements des grands acteurs de la communauté.

Lire l'article

Chargement…