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Contentieux – Actions de groupe : des pistes pour en améliorer l’attractivité
Dix ans après l’introduction du mécanisme d’action de groupe, le bilan est maigre avec moins de 30 actions intentées sur cette période – dont plus de la moitié (53 %) relative à des sujets de consommation – et peu de décisions rendues. Face à ce constat, le Club des Juristes formule 22 recommandations au travers de trois axes, dont le premier est une meilleure clarification et articulation des « mécanismes procéduraux (action de groupe, actions regroupées par une multitude de mandats, action collective…) afin de construire un socle commun pour le traitement des litiges de masse ». Le club, qui réunit avocats, juristes et magistrats et se présente comme un think tank juridique, suggère également de mieux « outiller le juge pour lui permettre d’assurer un pilotage actif, prévisible et efficace des procédures » et, enfin, à « améliorer l’accès à l’information et à l’action, notamment par la publicité, les outils numériques et la mutualisation des coûts, pour garantir un égal accès au droit ». Pour le groupe de travail composé d’une dizaine de membres et présidé par la professeure de droit privé Soraya Amrani Mekki, deux freins à un traitement efficace des litiges de masse sont à relever. Il s’agit d’abord d’une fragmentation « excessive des voies procédurales, mal encadrées et peu articulées, empêchant une réponse cohérente et coordonnée aux contentieux sériels ». Ensuite, le groupe estime qu’il y a une « lisibilité insuffisante des mécanismes existants », laquelle constitue une « source d’incertitude pour les justiciables comme pour les acteurs économiques ». Le rapport du Club des Juristes intervient dans un contexte particulier, celui de la transposition dans l’Hexagone de la directive européenne sur les actions représentatives, au printemps dernier, laquelle visait à surmonter les limites identifiées des actions de groupe « à la française » (ODA du 14 mai 2025). Une période qui offre l’opportunité de « repenser en profondeur le traitement des litiges sériels, dans une logique de cohérence, d’efficacité et de sécurité juridique », estime le club.
Mercato – Le salaire, premier outil de fidélisation des juristes et fiscalistes
La rémunération plutôt que l’ambiance de travail ! Telle est en quelque sorte l’un des enseignements à tirer du dernier livre blanc publié début décembre par le cabinet de recrutement Fed Legal et consacré aux carrières juridiques et fiscales, à propos de la fidélisation des salariés. Ainsi, la rémunération, qui était autrefois jugée secondaire (28 % des sondés en 2017) est devenue un critère essentiel de nos jours, et même le tout premier pour plus de trois sondés sur quatre (77 %). A contrario, l’ambiance de travail, très valorisée en 2022 (69 %), chute à 32 % cette année, un recul notable qui peut s’expliquer notamment par l’évolution des modes de travail et la place croissante accordée à d’autres facteurs. L’équilibre entre les vies professionnelle et personnelle reste important pour 62 % des personnes interrogées. Le chiffre, néanmoins, est en recul par rapport à 2022 (72 %). Signe des temps, l’évolution managériale, autrefois une priorité absolue (88 % en 2017) ne l’est plus : le critère passe au dernier plan. Les juristes veulent surtout acquérir une expertise opérationnelle et gardent un intérêt pour la diversité de projets transverses (30 %). Sans surprise, l’autonomie accordée aux équipes est essentielle pour 79 % des personnes, et un puissant levier d’engagement des collaborateurs, tout comme la diversité des projets confiés (78 %). L’étude interroge par ailleurs les raisons des départs dans une organisation : l’absence d’augmentation salariale reste la première cause évoquée (58 %), suivie des changements organisationnels majeurs (39 %) et de la charge de travail ou du manque de perspectives (39 %). Plus largement, le livre banc souligne que le marché de l’emploi est en demi-teinte. La prudence reste donc de mise du côté des entreprises. Certaines thématiques sont toutefois particulièrement porteuses, telles que l’énergie, la santé, la finance ou encore la tech, tandis que d’autres se renforcent et deviennent même incontournables à l’image de la compliance, des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), de la protection des données ou encore de la cybersécurité.