Pour son premier numéro de 2018, Option Droit & Affaires a sollicité différentes personnalités du droit des affaires afin qu’elles nous expriment leurs souhaits et bonnes résolutions pour cette nouvelle année.
Gilles August, associé fondateur d’August Debouzy
The Economist a décerné à la France le titre de «Country of the year 2017». Il est vrai que notre pays a défié toutes les attentes. Il a été agité (pour les pessimistes), grandi (pour les optimistes) par l’intelligence artificielle, la compliance, les nouvelles lois Travail, la nouvelle présidence. Mais également par des événements majeurs au niveau mondial : ouverture iranienne, fermeture anglaise, péripéties Trumpiennes…
Une bonne résolution ?
Churchill affirmait qu’un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. Mes vœux seront optimistes. 2018 sera l’année de toutes les opportunités, celle d’une France carrefour incontournable des idées et des initiatives, celle de l’agilité de ses entreprises accompagnées par la vision éclairée de leurs conseils. Très bonne année à tous les lecteurs d’ODA et à leurs proches !
Stéphane Austry, associé de CMS Francis Lefebvre Avocats
Je souhaite que l’année 2018 soit marquée par une nouvelle étape dans l’amélioration des relations entre l’administration et les contribuables. Depuis près de dix ans, les pouvoirs publics ont avant tout cherché à renforcer les instruments de l’administration fiscale pour lutter contre la fraude fiscale, ce qui est un objectif parfaitement légitime. Il est toutefois nécessaire de préserver un équilibre entre les pouvoirs de l’administration et les droits des contribuables. L’institution d’un «droit à l’erreur» est une première étape dans cette direction, mais qui reste trop timide pour les droits des contribuables.
Une bonne résolution ?
J’espère introduire moins de contentieux, car ce serait un signe de la mise en œuvre par l’administration de solutions équilibrées pour régler les litiges fiscaux.
Nicolas Bombrun, associé de Shearman & Sterling
Que la confiance enfin retrouvée s’affirme en France ! Que nos entreprises soient compétitives, qu’elles puissent bénéficier d’un environnement réglementaire et fiscal concurrentiel et qu’elles soient accompagnées, en France et à l’international, par des avocats talentueux qui leur permettent de réaliser avec succès leurs investissements et acquisitions. Enfin, continuer à conseiller nos clients sur des opérations de M&A et financières cross-border, qui sont de plus en plus complexes, et demeurer le lien privilégié pour faciliter les négociations entre les différents acteurs et les mener à bien.
Une bonne résolution ?
Transmettre le mieux possible aux jeunes générations et les faire monter davantage en puissance, elles sont l’avenir de notre profession ! Aussi, peut-être, passer plus de temps à naviguer en mer !
François Kopf, associé de Darrois Villey Maillot Brochier
Pour 2018, formons d’abord le vœu de la confiance retrouvée entre avocats et magistrats. Au-delà des mots, parce que la formule est un peu usée et l’intention fleur bleue, nous pourrions être attentifs à ces petits riens qui changent beaucoup : en finir avec les portes fermées, les conversations refusées, la parole coupée et les mots qui blessent. En 2018, bonheur et prospérité aux acteurs du M&A avec des indicateurs économiques revenus au vert et des réformes en cours. Quant aux praticiens du restructuring, qu’ils ne désespèrent pas, après ces cinq années passées où les dossiers se sont enchaînés en même temps que l’économie dévissait : un nouveau cycle s’ouvre mais le monde continue de changer avec son cortège de débiteurs souffrants à assister.
Une bonne résolution ?
Continuer à jouer sous le par (ou presque…)
Stéphanie Fougou, présidente de l’AFJE et directrice juridique de Vallourec
Mes vœux pour 2018 sont multiples :
- une profession dotée des mêmes armes que les autres professions du droit pour permettre aux entreprises d’être plus compétitives.
- une profession unie pour offrir à nos jeunes étudiants en droit des opportunités multiples et une filière du droit enrichie.
- des environnements législatifs promoteurs de dynamisme et de compétitivité pour les entreprises françaises, prenant en compte les avis des praticiens du droit en entreprise.
Une bonne résolution ?
Tous Droits Devant !
Nicolas Guérin, président du Cercle Montesquieu et directeur juridique du groupe Orange
Mon souhait est de voir enfin le projet de rapprochement des professions juridiques aboutir pour que les freins à la compétitivité du droit en France soient levés et que nous puissions enfin défendre Paris comme la place internationale de droit qu’elle mérite d’être.
Je rêve de professions juridiques unies travaillant à cet objectif sans esprit corporatiste. Je rêve d’une entraide entre les différents professionnels du droit pour traiter les sujets majeurs, à savoir repenser la fabrique du droit avec un souci d’efficacité et de simplicité ; renforcer l’accessibilité du droit pour tous ; dynamiser la justice, la rendre plus agile, lui donner les moyens qu’elle mérite ; permettre l’internationalisation de nos professions ; faire face aux révolutions que sont la digitalisation et l’automatisation de nos fonctions ; renforcer l’interprofessionnalité ; repenser la formation initiale et continue des juristes et faciliter la mobilité et les passerelles au service de l’employabilité des générations futures de juristes…
Une bonne résolution ?
Cesser de dire que je suis juriste d’entreprise et pas avocat et pourtant… oui, j’ai fait les mêmes études, oui, j’ai des clients, oui, j’ai une déontologie professionnelle, oui, j’ai dans mes équipes des avocats français ou étrangers et oui, je suis bien d’accord tout ceci est étrange, mais fort heureusement il s’agit d’une originalité française comme notre pays sait parfois si bien les créer.
Lola Chammas, associée fondatrice de Chammas & Marcheteau
Nous avons constaté, notamment de la part de nos clients étrangers, un regain d’attractivité du marché français. Nous souhaitons que ce mouvement se confirme et s’accentue.
Nous souhaitons également que soit renforcée la présence des avocats français sur la scène internationale. La multiplication des échanges avec nos confrères étrangers permettra de proposer des solutions globales et intégrées dans un contexte toujours plus mondialisé.
Une bonne résolution ?
Nous voulons par ailleurs, en 2018, continuer d’innover dans la pratique de notre métier, notamment en y intégrant davantage les legal digital technologies (signature électronique, outils de recherche juridique…) afin de rester concentrés sur les seuls aspects à forte valeur ajoutée, ce qui est l’essence de notre métier et ce que nos clients attendent de nous.