Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
Le parcours en entreprise d’Oyhana Bernard est marqué par l’international et les projets d’infrastructures complexes. « J’ai toujours travaillé dans des sociétés dont le business model consistait à fournir des services essentiels (eau, traitement des déchets, propreté, énergie, transports publics) à des acteurs publics et/ou des clients privés », résume la directrice juridique groupe de Keolis depuis mars 2023. En effet, après un an d’études à l’université de Salamanque en Espagne et un master 2 en droit européen à Tours, c’est en tant que juriste chez Suez Environnement qu’elle commence sa carrière en 2004, aux côtés de Jean-Paul Minette, alors directeur juridique de l’entreprise. « C’était un manager inspirant, exigeant et très créatif », se souvient celle qui obtiendra en parallèle un master en droit des affaires internationales et management de l’Essec Business School, en alternance. En 2010, elle part s’installer avec sa famille à Istanbul. Cette fois, elle travaille côté énergie pour Suez. Elle y suit des projets en Afrique du Nord et au Moyen-Orient dans le secteur électrique. Une aventure humaine et industrielle aux multiples défis, qui la marque. De retour en France en 2012 au siège de GDF Suez, né en juillet 2008 de la fusion des deux sociétés éponymes, Oyhana Bernard se concentre sur le M&A et les grands projets. Six ans plus tard, elle est nommée head of legal M&A, risks and corporate d’Engie, « à la tête d’une équipe juridique multinationalité d’une quinzaine de personnes », précise-t-elle. Pendant ses deux dernières années chez Engie, et avant de se voir confier la direction juridique groupe de Keolis, elle gère un centre de services partagés dédié. Dotée d’une cinquantaine de juristes, la structure est comme un « cabinet d’avocats interne » mutualisant des questions juridiques variées (droit financier et des contrats, environnement, immobilier, etc.).
Comment elle s’organise
Filiale à 70 % de SNCF et à 30 % de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Keolis est un des principaux acteurs de la mobilité partagée (bus, car, métro, train, tramway, etc.). Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2023 pour 68 100 collaborateurs dans 13 pays. En mars 2023, Oyhana Bernard a l’opportunité de le rejoindre. « Il correspondait à mes attentes avec des projets d’infrastructures complexes et du service à l’usager, tant en France qu’à l’international ». Elle y pilote environ 80 juristes, dont 35 au siège. Elle est entourée de directeurs en charge de thématiques particulières (M&A/corporate, assurances et conformité) ou de zones géographiques spécifiques (France, international). « Quand je suis arrivée, j’ai trouvé une équipe d’experts reconnus par les opérationnels, détaille la directrice juridique. Dans une même journée, nous pouvons gérer des sujets très stratégiques (appels d’offres, contentieux) comme de simples accidents de passagers, ou sensibiliser sur des questions de compliance. » Les aspects légaux de la gouvernance des deux holdings du groupe, ou des filiales, sont aussi du ressort de son service. L’international est géré en étroite collaboration avec le local.
Comment elle se positionne
Oyhana Bernard rapporte à Christelle Villadary, directrice finance et juridique groupe de Keolis. « Avec mon équipe, nous nous occupons de tout ce qui est juridique, assurances et compliance », explique Oyhana Bernard. A son arrivée, cette dernière a repositionné le service conformité qui lui est rattaché directement, tout en renforçant les effectifs affectés. « Mon leitmotiv est de faciliter le quotidien des opérationnels, avec des consignes tenant sur une page par exemple. » Autre chantier structurant : l’établissement d’une feuille de route triennale basée sur l’excellence opérationnelle, la collaboration et l’épanouissement des équipes. Ce plan s’accompagne de transformations pour tenir compte des évolutions technologiques (automatisation de contrats, IA générative) ou organisationnelles (télétravail, nouveaux modèles de management). Un changement majeur a été opéré au sein de la direction juridique avec le recrutement d’une chief legal operations officer (CLOO). « C’est une création de poste. Je l’ai confié à une personne membre de mon équipe, Karima Boudjellal. » La mission de la CLOO est d’accompagner la stratégie de l’activité juridique, assurantielle et compliance « tout en prenant ses propres initiatives », précise la directrice juridique.
Qui la conseille
Laurent Gravier, directeur juridique France de Keolis, s’appuie, en droit public, sur plusieurs cabinets dont Frêche & Associés avec Alain Frêche, Roland de Moustier et Julien Lampe, associés, Joffe & Associés avec Mathieu Gaudemet, associé, et Adaltys Avocats avec Gilles Le Chatelier, associé. CMS Francis Lefebvre Avocats avec Xavier Vahramian, associé, et Lexing Avocats avec Alain Bensoussan, associé, et Marie-Adélaïde de Montlivault-Jacquot interviennent aux côtés des équipes juridiques et opérationnelles en droit privé des affaires. Emmanuel Boisselet, directeur juridique international, ainsi que ses homologues en régions sont accompagnés par Herbert Smith Freehills avec Frédéric Bouvet, associé à la tête du département corporate/M&A à Paris, ainsi que par Ashurst avec Naomi Horton, associée, à Londres, et Alex Guy, associée, à Brisbane. L’équipe d’Anna Valdes Pascal, directrice juridique M&A et gouvernance, est épaulée par Linklaters avec Florent Mazeron, associé, Hoche Avocats avec Hadrien de Lauriston, associé, et CMS Francis Lefebvre Avocats avec Jean-Eric Cros, associé, en corporate.