La lettre d'Option Droit & Affaires

PORTRAIT

Back Market : la direction juridique de Caroline Levard

Publié le 13 juillet 2022 à 11h25

Pierre-Anthony Canonvas    Temps de lecture 5 minutes

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.

Qui la dirige

Caroline Levard, BackMarket

Gérer le juridique d’une entreprise de moins de dix ans d’existence, dont les effectifs sont passés de 300 à près de 680 salariés en deux ans et qui est surtout devenue la licorne française la mieux valorisée en janvier 2022 – plus de 5 milliards d’euros à cette date – après une nouvelle levée de fonds de 450 millions d’euros, tel est le quotidien de Caroline Levard, 37 ans, qui a rejoint en 2020 la jeune pousse Back Market spécialisée dans le reconditionnement de produits high-tech. Pourtant, la Parisienne voulait être magistrate, un univers bien éloigné de la fameuse « start-up nation ». Le bac obtenu à 17 ans, elle s’oriente vers l’université Panthéon-Assas, mais après une maîtrise de droit privé général elle déchante rapidement sur les moyens d’accès et débouchés de ce métier. Caroline Levard enchaîne avec un master recherche en droit des affaires à l’université de Cergy, puis décide de poursuivre ses études en école de commerce à l’EM Lyon, une scolarité au cours de laquelle elle s’expatrie six mois en échange à Shangaï. Son certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) en poche, elle intègre Racine où elle évolue sur des problématiques de contrats, de concurrence et de distribution. « En cabinet, la rigueur et les capacités de travail afin de se mobiliser sur des sujets parfois à très forts enjeux et dans des contextes tendus sont extrêmement formatrices », se remémore-t-elle. Au bout de plusieurs années pourtant, l’avocate aspire à autre chose. Un événement de la vie l’incite aussi à prendre du recul. Caroline Levard part près d’une année autour du monde. A son retour, elle se pose des questions. « Cette expérience en cabinet a été très stimulante, mais ce monde était très formel et pas très moderne », juge-t-elle. Finalement, la jeune femme quitte la robe après un coup de cœur professionnel avec l’équipe de Showroomprive.com qu’elle rejoint en 2018 en tant que responsable juridique. La trentenaire, qui pratique l’équitation de longue date et reste inspirée au quotidien par ses deux sœurs, Florence et Isabelle, respectivement productrice de séries et directrice financière, rejoint ensuite Back Market au printemps 2020 aux mêmes fonctions avant d’en être promue directrice juridique un an plus tard.

Comment elle s’organise

Au sein de la start-up, il a fallu tout construire au niveau légal. « Mon arrivée chez Back Market était assez vertigineuse. C’était la première fois où j’ai pu me sentir assez dépassée au départ, tant les challenges étaient nombreux, il fallait construire le service juridique », explique Caroline Levard. Outre cette dernière, le département compte aujourd’hui six juristes, dont quatre seniors avec chacun un périmètre précis : le corporate, les sujets IP/IT, la marketplace ainsi que les sujets de vie privée. Les personnes recrutées doivent être bonnes techniquement, mais surtout avoir un état d’esprit orienté start-up. « C’est un choc de culture quand vous avez fait 10 ans de cabinet et que vous débarquez dans une start-up comme la nôtre. Il y a de petites habitudes à prendre, un langage moins formel à adopter sinon vous risquez de passer pour un ovni, note-t-elle. Les recrues doivent bien s’assimiler à l’entreprise. Il faut qu’elles sachent sortir de leur pur rôle de conseil, ce ne sont plus des prestataires de services. » La responsable est aussi déléguée à la protection des données (DPO) et coordonne un groupe de travail réunissant une partie de son équipe et une autre spécialisée cyber.

Comment elle se positionne

Au quotidien, Caroline Levard rapporte au directeur financier de Back Market Clément Petit et apprécie le contact avec la hiérarchie du groupe. « J’ai un rapport privilégié avec le Comex. Ce sont des gens très accessibles. Ce ne sont pas mes N + 1, mais on échange énormément. » Elle est aussi en contact permanent avec le directeur des opérations et cofondateur Vianney Vaute, la directrice des ressources humaines Albane Bressolle Chataigner, la directrice affaires publiques Marie Castelli, ainsi que les directeurs des pays.

Qui la conseille

Parmi les nombreux cabinets auxquels elle recourt, Caroline Levard est conseillée par Charles Gavoty et Alexandre Wibaux de Jones Day pour les opérations de taille importante en France, tandis qu’elle sollicite Eric du Peloux de Yards pour les sujets corporate. Concernant les thématiques en propriété intellectuelle et IT, la directrice juridique fait appel à Alexandra Neri d’Herbert Smith Freehills et sur les sujets privacy à Sabine Deloges de Fidal. La société est aussi accompagnée par d’anciens de Racine : Johannes Singelnstein de Priam en droit des sociétés, Emmanuelle Briand du cabinet Briand en droit immobilier et Laura Ouaniche du cabinet Ouaniche en contentieux exécution. A l’international où Back Market a des ambitions importantes, la start-up recourt à des cabinets locaux réputés tels que Seum Law en Corée du Sud, Iwata Godo au Japon, Advant Beiten en Allemagne, mais aussi Wilson Sonsini Goodrich & Rosati aux Etats-Unis.


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