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DEAL DE LA SEMAINE

L’Américain Live Nation s’offre la salle de Paris La Défense Arena

Publié le 14 janvier 2026 à 16h16

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

Le géant américain Live Nation spécialisé dans l’organisation de concerts rachète Paris La Défense Arena, la plus grande salle indoor d’Europe, à la holding Ovalto de l’homme d’affaires franco-suisse Jacky Lorenzetti. L’opération doit encore recevoir le feu vert de l’Autorité de la concurrence.

Grosse surprise en ce début d’année dans le domaine évènementiel. Live Nation, firme de Los Angeles spécialisée dans les concerts de grande envergure, s’empare de Paris La Défense Arena. Le centre de spectacles couvert le plus important du Vieux Continent, sorti de terre en 2017 à Nanterre, était jusque-là détenu par Ovalto, véhicule d’investissement de l’homme d’affaires franco-suisse Jacky Lorenzetti, également propriétaire du club de rugby Racing 92. La salle, qui peut accueillir jusqu’à 45 000 personnes, a accueilli des concerts majeurs comme ceux des Rolling Stones, de Kendrick Lamar ou Taylor Swift mais aussi des événements comme le Tour de France et, en 2024, la piscine temporaire des Jeux Olympiques de Paris. L’objectif est aujourd’hui d’offrir plus de spectacles, des installations modernisées et des avantages significatifs pour Paris et la région Ile-de-France. Cette acquisition intervient alors que le groupe événementiel Live Nation, qui réalise près de 23 milliards de dollars de chiffre d’affaires (environ 19,7 milliards d’euros), et organise plus de 40 000 dates par an dans 45 pays, intensifie sa politique de développement. Live Nation est conseillée par Latham & Watkins avec Pierre-Louis Cléro, associé, Claudia Reix et Juliette Gilioli, en corporate ; Charles-Antoine Guelluy, associé, en droit immobilier ; Jean-Luc Juhan, associé, Daniel Martel et Jean Bergeron, sur les aspects IP et contrats commerciaux ; Adrien Giraud et John Wileur, associés, Aliénor Estrade, Anne-Claire Théry, Daphné Van der Eycken et Allan Herlen, en antitrust ; Matthias Rubner, associé, Cosma Scutiero, en droit social ; Lionel Dechmann, associé, Natacha Enoh, en finance ; et Myria Saarinen, associée, Hana Ladhari, en protection des données ; ainsi que par KPMG Avocats pour les due diligences avec Jean-Etienne Chatelon, associé, Xavier Loran, en droit fiscal. Ovalto est accompagné par CMS Francis Lefebvre avec Thomas Hains, associé, Antoine Melchior, Louise Paysant et Emma Cuvelier, en corporate/M&A ; Ludovic Duguet et Christophe Aldebert, associés, Nicolas Bourrier, counsel, en droit fiscal ; et Guillaume Melot, counsel, en droit de la concurrence.

Le conseil de Live Nation : Pierre-Louis Cléro, associé chez Latham & Watkins

Quelles sont les spécificités de l’opération ?

Le rachat de Paris La Défense Arena par le groupe américain Live Nation s’inscrit dans le cadre d’une vente de gré à gré. Il se déroule dans un contexte marqué par un attrait croissant pour le secteur de l’entertainment au sens large, et notamment celui des spectacles et du sport, qui recueillent des investissements étrangers, venant notamment des Etats-Unis. Du fait de la maturité du marché outre-Atlantique, les investisseurs vont se tourner assez naturellement vers d’autres zones géographiques et, en premier lieu, vers les pays européens, où le potentiel de développement est perçu comme prometteur. L’instabilité politique que nous connaissons actuellement n’est pas ignorée par les investisseurs étrangers, mais elle n’a pas non plus d’effet repoussoir à ce stade dans les secteurs les plus dynamiques. Les acteurs internationaux perçoivent ce contexte comme une nouvelle donne à laquelle ils s’adaptent. Les industries porteuses et les actifs de grande qualité (« trophy assets ») continuent d’attirer. Paris La Défense Arena est un bien unique en Europe par sa taille, et résiste donc assez naturellement à l’instabilité conjoncturelle.

Quelles sont les différences business entre un investisseur américain et des vendeurs français ?

Dans ce type de transaction, nous observons encore des différences notables dans les pratiques de marché entre les acteurs nord-américains et européens. On peut notamment citer la conditionnalité des accords qui est souvent plus importante outre-Atlantique qu’en France. Aux Etats-Unis, nous constatons également un plus grand nombre de transactions avec des ajustements de prix, par opposition aux mécanismes de « locked box », qui permet de fixer le montant du deal en amont du closing, davantage présents en Europe. Les investisseurs américains ont tendance à être plus exigeants en matière d’engagement entre les phases de signing et de closing mais aussi en ce qui concerne les déclarations et garanties. Les assurances de garantie de passif sont à cet égard un outil qui permet d’externaliser le risque. Elles facilitent également les négociations entre les parties en ne leur laissant qu’à traiter les risques connus et ceux généralement exclus par ce type d’assurance.

Quelle est la structuration du deal ?

L’acquisition de Paris La Défense Arena sera effectuée par une société du groupe Live Nation auprès d’Ovalto, holding de la famille Lorenzetti, qui est l’entité détenant Paris La Défense Arena, ainsi que l’actif immobilier, les salariés et l’ensemble des activités liées à l’exploitation de cette salle de spectacles. La réalisation de la transaction reste soumise à l’autorisation de l’autorité de la concurrence française.


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