Actionnaire majoritaire d’Altares depuis l’été 2008, Ardian cède sa participation (60 %) à Naxicap Partners à l’occasion d’un LBO secondaire qui valorise le fournisseur de bases de données entre 150 et 200 millions d’euros.
L’un des fondateurs, Gérard Jeulin, qui détenait encore 30 % du capital profite également de la transaction pour se retirer, tandis que le management se renforce. L’acquisition est financée en partie par la dette mise en place en 2015 lors d’une opération de refinancement. Né en 2006 du rapprochement entre Base d’Informations Légales (BIL) et Dun & Bradstreet France, Altares s’est imposé sur le marché de la création et mise à jour de bases de données pour les entreprises, dans les domaines financiers, juridiques et marketing. Grâce à un partenariat exclusif avec Dun & Bradstreet, qui se positionne comme le premier réseau international d’informations B to B, l’entreprise dispose de bases de données sur plus de 240 millions d’entreprises réparties dans 220 pays. Au-delà de l’enrichissement de ses bases, Altares met en avant sa capacité à structurer les données, passant d’un modèle de «big data» à un modèle de «smart data».
Depuis l’entrée d’Ardian, puis de l’arrivée en 2013 d’une nouvelle équipe de management et de Laurence Augoyard, l’actuelle présidente du groupe, l’entreprise a étendu son offre de produits. Elle a par exemple lancé Wynbe, une solution pour optimiser le recouvrement, ou Adminiz qui facilite la publication des annonces légales. La société a par ailleurs noué un partenariat avec le marocain Inforisk afin de devenir le représentant de D&B sur l’ensemble du Maghreb. Employant près de 300 salariés, Altares réalise plus de 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 54 millions d’euros en 2007. Le groupe devrait profiter de son nouvel actionnariat pour poursuivre son innovation produits et procéder à quelques acquisitions. Latham & Watkins a conseillé Ardian avec Olivier Du Mottay, associé, Coline Dermersedian et Marie-Emeline Cherion. Edge a accompagné Naxicap Partners avec Matthieu Lochardet et Claire Baufine-Ducrocq, associés, et Manuelle Delpierre. Fidal a réalisé les due diligence d’acquisition avec Florence Olivier et Xavier Houard, directeurs associés. Claris Avocats conseille les managers avec Marie Isabelle Levesque, Benoit Pauly et Manfred Noé, associés.
Le vendeur Ardian : François Jerphagnon, chief investment officer
Comment a évolué Altares depuis votre entrée en 2008 ?
Lors de l’éclatement de la crise financière de 2008, Altares a démontré une certaine résilience. L’essentiel de son activité est porté par les abonnements aux bases de données, ce qui offre une régularité des revenus. Toutefois, l’entreprise n’a pas su profiter du rebond économique de 2011-2012. Si elle restait en bonne santé, ses ventes ne connaissaient pas la progression escomptée.
Une nouvelle équipe de management a donc été mise en place…
Le groupe avait besoin d’un nouveau souffle. Une nouvelle équipe a pris les rênes en 2013, avec à sa tête Laurence Augoyard, une ancienne consultante en stratégie commerciale devenue présidente d’Altares en 2014. Un plan de développement a été défini selon deux axes principaux : d’une part l’innovation et la digitalisation des produits, et d’autre part la réorganisation des forces commerciales. Le travail accompli a été récompensé puisque l’Ebitda a doublé entre 2013 et 2016. Au-delà de l’aspect financier, nous sommes heureux d’avoir accompagné l’entreprise sur la durée et d’avoir renforcé sa position sur le marché.
Ardian est resté huit ans au capital d’Altares, un temps de détention assez long pour un fonds d’investissement. Pourquoi ne pas avoir entamé un process de sortie plus tôt ?
Nous avions réfléchi à une sortie début 2015, mais avons finalement décidé de décaler la cession afin de profiter des opportunités de développement. Le management avait besoin de temps pour dérouler pleinement la feuille de route définie à son arrivée. Nous avons en revanche procédé à une opération de refinancement afin de répondre à nos exigences financières.
Comment s’est organisée la cession ?
Nous avons suivi un process de cession classique, orchestré par Edmond de Rothschild. Le management souhaitant rester indépendant, le dossier a été présenté uniquement à des investisseurs financiers. Il était important pour nous de respecter leur préférence. Naxicap a ensuite su se positionner tant en termes de prix que d’entente avec l’équipe.